XCIV. - la MAI
la remarque sur le 3" article, et ainsi tout cet appareil de raisonnemenl s'en va en fumée.
Anr. 9, 10, H, 12. — Je passe pour vrai tout ce que contiennent ces articles; mais je crains qu'ils ne fassent point du tout au sujet.
Art. 13''. Cela ainsi supposé, etc. — M. de Fermât estime que, dans la page 20 de la Dioptrique, la supposition de M. Descartes est que l'accroissement d'un tiers de mouvement qui arrive à la balle soit simplement de haut en bas ou selon la ligne BG, au lieu que c'est le mesurer dans la ligne qu'elle a à décrire ou parcourir actuellement. Et cela est assez aisé à entendre, parce que, si cela étoit, M. Descartes n'auroit pas supposé, comme il a fait, la force du mouvement de la balle être augmentée d'un tiers, mais il auroit supposé la détermination de haut en bas être augmentée d'un tiers, et n'auroit rien supposé du mouvement. H ne faut donc pas dire qu'à son sens, la balle qui se meut en BI s'y meuve d'un mouvement composé de celui qu'elle avoit vers BD et d'un autre vers BG dont on veuille qu'il suppose la quantité être du tiers plus de ce qui étoit en AB, mais bien que le mouvement actuel de la balle soit d'un tiers plus vite qu'auparavant, laissant au raisonnement à définir quel changement doit suivre de là en la détermination de haut en bas.
Anr. 14^ Imaginons ensuite, etc. — Ce que M. de Fermât conclu! dans cet article est vrai dans sa supposition, laquelle, comme je viens de remarquer, étant dilférente de celle de M. Descartes, il ne faut pas s'étonner s'ils établissent tous deux des proportions différentes destjuelles par conséquent l'une ne sauroit détruire l'autre.
Art. 15". D'ailleurs la principale raison, etc. — Il est vrai que M. Descaries entend que le mouvement d'un mobile accroît toujours d'une pareille quantité en pénétrant un même milieu, quoiqu'il tombe sur la surface avec des inclinaisons différentes. Et cela est bien raisonnable, puisque la facilité de se mouvoir dépend de la nature du corps que l'on suppose tel qu'il se peut ouvrir pour faire passage aussi facilement vers un côté que vers un autre, et (jue de l'inclinaison du rayon d'incidence dépend seulement la détermination à la quantité
il(> la(|Ui'II(' les divcrsos cluitos poiin'diil ;ii)[»orl(M' do la variole selon l(^ rapport qu'auront (Milrc cllos la (l(''tormination>of la vitosso. Ce quo .M. de Fermât ajoute ensuite el (|iril dil avoir démontré être Taux n'est vrai (]ne dans la supposition qu'il croyoil être celle do M. Doscartos. mais qui pourtant, comme j'ai montré, en est fort dilîoronte.
ArxT. 16". Ce n'est pas que, etc. — M. de Format avoue qu'il n'est pas certain s'il faut suivre sa proportion plutôt quo celle qu'il tâche de combattre. iMais je no fais pas dilliculté d'avouer qu'il faudroit retenir la sienne, si l'accélération ou le ralentissement du mouvement dépendoit de la seule surface commune aux deux corps dans lesquels le mohile se meut : mais parce que cette surface ne sauroil quo déliuirner le mouvement et quo c'est le second corps qui le facilite ou (|ui rempèche, on doit retenir colle de M. Descartes.
Nous saurons, quand il plaira à M. de Format, les pensées qu'il a touchant la réfraction; mais je puis déjà dire par avance que ce que vous m'en avez fait voir d'ébauché dans sa lettre à M. de la (Chambre m'a paru fort ingénieux et digne de lui ( ' ).
Si vous lui faites voir ceci, je vous prie de lui taire mon nom, ou, si vous trouvez à propos do le lui déclarer, je vous prie aussi qu'il sache quo ce n'est pas d'aujourd'hui quo le bruit do son nom est venu jusquesàmoi; que j'honore beaucoup son mérite, et que je tiendrai à honneur s'il me daigne faire la grâce de me mettre au rang do ses très humbles serviteurs.
( ' ) LoUre I.XXXVI.