‹ Œuvres de Fermat (volume 3)Chapitre 215 sur 259 · XCIX. - 21 AOUT · texte numérisé non relu

XCIX. - 21 AOUT

puisqu'au-dossous, quand il n'y a aucun plan inlorposé, la balle n'a aucune direction vers la droite, cette direction ou détermination vers la droite étant toujours relative au plan qu'on lui interpose. Et par exemple, si le plan CBE lui eût été opposé d'un autre sens comme en cette figure, oîi seroit tout votre raisonnement vers la droite? Mais cela doit arriver dans votre supposition même et dans toute autre, par la

Fig 92.

raison que j'ai dite, qui est conforme aux lois de la nature et aux principes ci-devant établis.

11. Pour éclaircir encore ceci davantage, supposons pour troisième cas, comme a fait M. Descartes à la fin de la page 19 de la Diopfnqiie('), (jue la balle, ayant été premièrement poussée d'A vers B, rencontre an point B le plan CBE qui augmente la force de son mouvement ou sa vitesse d'un tiers, en sorte qu'elle puisse fiiire par après autant de chemin en deux moments qu'elle en (aisoit en trois auparavant. Et il

Fig. r|3.

suit manifestement qu'elle doit rejaillir en F, puisque la délerniination

(') Mais faisons encore ici une aulre supposilion et pensons que la balle ayant été premièrement poussée d'A vers B est poussée de rechef étant au point B par la raquette CBE, qui augmente la force de son mouvement, par exemple, d'un tiers, en sorte qu'elle puisse faire par après autant de chemin en deux moments qu'elle en faisait en trois auparavant. (La Dinplriqiir, p. ig-9.0).

vers la ilroitc no pont i-lro aiiginontéo par le plan CBE à la()iioll(> il n'est aueuiiemenf opposé : et non pas on K, comme elle devroif faire, si votre raisonnement étoit vérilahle, mais qui ne le pentêtre, piiis(|u'il est eontraire aux lois de la natnre et même contre l'expérience, qui nous montre que la réflexion d'une balle et celle des autres semblables eori»s, qui ne sont pas parfaitement durs ou qui tombent sur d'antres qui affoiblissent leur mouvement, ne se fait jamais à angles égaux. Ainsi les balles les plus molles ne rebondissent j)as si haut ni ne font pas des angles [de réflexion | si grands que celles qui sont plus dures. Kt remarquez que, puisqu'il est naturellement aisé de concevoir (|ue, pour faire que la réflexion se fasse à angles égaux, le mouvement ne doit en aucune façon être augmenté ni diminué par la rencontre du plan, il semble que la raison nous doive aussi naturellement porter à croire que, lorsque ce plan l'augmente ou la diminue, l'angle de réflexion doit être à proportion ou plus grand ou plus petit que celui d'incidence, et non pas qu'il doive toujours être égal, comme il suit de votre raisonnement qui pour cela vous doit être suspect, quoiqu'il soit très ingénieux.

12. ]\!ais, me direz-vous, que deviendra donc la balle dans la supposition que j'ai faite à la fin de ma première lettre ('), à l'occasion de la figure de la page 19? car c'est ici le point de la dilïîculté, et enfin il

la faut tirer de ce point fatal où elle paroît malheureusement engagée. C'est aussi ce que je prétends faire maintenant, à l'honneur de

O) Lettre XCV, 4.

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