‹ Œuvres de Fermat (volume 3)Chapitre 240 sur 259 · SAMEDI 13 MAI · texte numérisé non relu

SAMEDI 13 MAI

MoNsiF.rr.,

1. (l'est par l'ordre de l'Assemblée qui se tient toutes les semaines chez M. de Montmort, que je vous écris aujourd'hui ])our vous faire une amende honorable d'un méchant mot latin que j'ai mis dans la lettre que je me donnai l'honneur de vous écrire il y a huit jours, dont je lui fis la lecture mardi dernier. Ce tut la seule chose qu'elle y trouva il redire, et je l'avois bien senti moi-même en l'écrivant : aussi avois-je lâché de l'adoucir par le correctif qui le précède. (Cependant, nonobstant cela, j'en ixm^us une réprimande publi([ue, et aussitôt je me proposai de vous en l'aire mes excuses au jjremier ordinaire, ce (]iie je fais

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aujourd'hui d'autant plus volontiers qu'outre que par cette soumission je vous ferai connoitre l'ingénuité de mon procédé, cela me donnera aussi occasion de vous dire quelque chose que je fus obligé de répliquer à quelques objections qui me furent faites par quelques-uns de l'Assemblée, afin de rendre la |)ensée de M. Descartes, touchant la réfraction, plus claire [lar un exemple familier et qui est tout-ii-fait propre au sujet.

Si je n'avois |)oinl été si impatient que de vous envoyer une chose ((ui éloit prête il y avoit plus de quinze jours et que l'engagement ((ue j'avois m'avoit obligé de faire voir dès-lors à 31. de la Chambre, j'aurois évité le reproche de la (^onijiagnie et ne serois pas tombé dans cette faute. Mais j'eus peur qu'il me fallût encore différer plus longtemps d'en parler ii l'Assemblée, qui avoit déjà remis par deux fois la lecture que je lui en voulois faire, pourcc (|n'elle vouloit aussi avoir en même temps les sentimens de M. Petit, qui lui avoit fait connoitre, dès la |)remière l'ois que votre lettre j)arut devant elle, (pi'il avoit plusi(nirs choses à dire et contre ce que vous écrivez à 31. de la (Ihambre et contre ce que 31. Descartes a écrit.

Pour moi, ((ni ne m'étois pas trouvé à l'Assemblée quand voire lettre y fut lue la première fois, et (|ui me dispensois alors souvent de m'y trouver, ;i cause de quebjues affaires plus importantes que la délenlion de 3F. de la Haye, mon gendre, me donnoitpour poursuivre il la cour sa liberté, je ne l'eus pas plus tôt vue ({ue je crus être obligé d'y faire réponse, comme étant une suite des petits démêlés (|iie nous avions déjii eus autrefois ensemble sur la même matiiM'c, et [)arce aussi que vous me faites l'honneur de me nommer par ti'ois fois dans votre lettre et de sembler m'y convier.

.l'avois donc préparé ma réponse le plus tôt (|ue j'avois pu, et pensois la faire voir ii la Compagnie, mais elle ne le jugea pas ii profios, pour ne point prévenir 31. Petit dans la re[)artie qu'il avoit promis de vous faire. 31ais, craignant que cela n'allât trop en longueur, je nurésolus de moi-même samedi dernier de vous l'envoyer avant (|uc de l'avoir fait voir ;i la Compagnie, de qui j'ai reçu les avis trop tard p(Mir

l'F.niHT. - II. 6o

h.n ŒUVRES DE FERMAT. - CORRESPONDANCE.

m'iMiipècluT ck' (onihcr dans ccUo l'auto, mais non ])as pour vous on taire nios excuses et vous on demander le j)ardon.

Et pour le mériter en quoique façon, soudVoz (|uo je m'explique un pou [dus au long (|uo je no lis la dornière t'ois, pour vous faire eomproiidro eo que je j)ense do la pensée qu'a eue M. Descartes touchant la léfraction.

2. Il est certain qu'il considérer tout seul le rayon AB, en tant qu'il est dans l'air, il no va ni à gaucho ni ii droite, ni en haut ni en bas, mais toute sa tendance est d'aller vers D et n'a qu'une seule direction. .Mais sitôt qu'on lui oppose un autre milieu, par exemple (]BE, dans lo(Hii'l il soit oltligé de passer, on peut dire et il est vrai qu'à l'égard de ce milieu il a diverses tendances. Car si on le lui oppose directemont, sa chute est perpendiculaire et n'a qu'une direction à son égard; mais si on le lui (qt|>oso do biais, comme il est dans la page 17 de la l)ioptri(juo ( //ff. 102), alors ce rayon à son égard a une double direction :

Fia:. >03.

l'une qui le fait tendre vers lui, qui est de haut on bas; et l'autre qui le |)orte de gauche à droite, à laquelle ce milieu n'est point du tout opposé. Kt si on le lui opposoit d'une autre façon, la même direction, qui maintenant est de gauche à droite, pourroit être celle qui le porteroit vers lui, et l'autre, celh^ ii laquelle ce milieu ne seroit point op|)osé. Et selon que ce milieu est plus ou moins incliné à ce rayon, les doux tendances ou directions qu'il a à son égard sont diverses et peuvent avnij- rnno à l'égard do l'autre diverses propoi'tions.

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