‹ Œuvres de Fermat (volume 3)Chapitre 243 sur 259 · CXIV. - 13 Mil 1G6-2. iT · texte numérisé non relu

CXIV. - 13 Mil 1G6-2. iT

ilii iiKiuvomoiit qui porto le mobile en ijas trouve plus de lacilité ou moins de résistauce à son action, quand il est hors de dessus la planche et dans l'air, qu'elle u'avoit quand il éloit sur la planche; et que celle (|ui le porte vers la muraille deuKHire la même (bien que ce soit encore la même force totale ([ni pousse en ce point-là le m(diil(\ et que la t'orci' des deux parties de son mouvement prises séparément soit la même ), néanmoins, pource que la proportion qui étoit auparavant entre la lacilité ou la résistance que présentoit le milieu à ces deux forces est changée, et que dans ce point de sortie il trouve plus de facilité pour descendre qu'auparavant, sans qu'il en trouve ni plus ni moins pour alh'r vers la muraille, [xuir cela il arrive qu'il ne suit plus la direrlion de la ligne qu'il avoil parcourue sur la planche, mais qu'il en pi'cnd une autre, laquelle est proportionnée au plus de lacilité qui se trouve alors en l'une de ses forces plus qu'en l'autre. Ce qui fait que le mobile, en (juittant la planche, s'approche de la perpendiculaire, c(uniiie fait aussi la lumière en entrant dans l'eau, pour la même raison.

lit c'est il mon sens une des choses des plus aisées ii concevoir qu'il est possible, et c'est aussi à mon avis tout ce qu'a voulu dire ^1. Descartes au sujet de la réfraction. Je ne prétends pas néanmoins [xuir cela vous avoir persuadé : il sudit que je me sois donné à entendi-e, afin ([uc vous ne croyiez pas que je suive aveuglément .M. Descaries ou i|ue je vous contredise de gaieté de cirur. .le vcuis ressemble en ci' [loint (jue je n'aime et ne cherche que la vérité, et cette conformité que j'ai avec vous me fait espérer que vous ne me désavouerez pas, (|uan(l je m'avouerai part(Uit, etc.

P. S. Pour éclaircir davantage cette matière, j'apporterai encore ici un (>xem|)le qui résout à mon avis la plupart des difTicultés que l'on peut faire sur ce qu'a dit M. Descartes touchant la réfraction dans sa Dioptrique.

11 est constant par l'expérience que, de quelque façon que la boule A soit piuissée au point B par les boules C, D, E, F, G, et quelles que

soii'iil les (liUcrciilos (lottMiuiiialioiis doiil on peut supposer (iiic (('lie (le leur nui((> soit coinposéo, elles la pousseront toujours vers 11 {fg. .o3).

Preuiioreiiieiit, pour la Iionle M, il est vliiii' (|ii'elle la doit pousser vers H, puis(iue la itoule A s'op[)ose totalement ii sa détermination; mais ce qui est clair [)our la houle E doit pareillement être entendu des autres, qui, bien qu'elles viennent de biais vers la houle A, ne la

touchent au point H et ne la poussent qu'en tant qu'elles descendent vers H, et non point en tant qu'elles vont vers 1 (ou vers K). C'est pourquoi elles ne sauroient imprimer d'autre mouvement à celte boule, sinon de la faire aller vers H. Or, quoique les déterminations des boules D et F soient opposées, en tant que l'une va à droite et l'autre à £;aucbe, elles ne le sont point en tant qu'elles descendent et ainsi elles doivent produire sur la boule A un «lême effet, qui est de la pousser vers H.

Mais, si nous supposons que la boule A soit dure et immobile, toutes

Page 1