‹ Œuvres de Fermat (volume 3)Chapitre 61 sur 259 · MARDI 20 AVRIL · texte numérisé non relu

MARDI 20 AVRIL

Mon RKVÉr.END Pèhe,

1. Je vous suis extrêmement obligé du soin que vous prenez pour satisfaire ma curiosité, m'ayant bien voulu faire part d'une Lettre que je trouve très-excellente, soit pour la matière qu'elle contient, soit pour les paroles dont on s'est servi; c'est celle qui est signée Petit {^), qui est un nom inconnu pour moi, mais qui m'a donné un très grand désir d'être connu de lui; je serai ravi qu'il vous plaise de m'en donner le moyen, et j'ai cru que ni vous ni lui ne désapprouveriez pas la

(') Mersenno avait parle à Fermât de la quadrature do la cycloïde, obtenue par Roberval.

(2) L'annotateur anonyme de l'exemplaire des Lettres de Descartes de la Bibliothèque de l'Institut jirétend que la date ne s'applique qu'au post-scriptum et que le corps de la lettre remonte au 26 novembre 1637. Victor Cousin, dans son édition des OEwres de Detcaries (t. VI, p. 365), adopte la même opinion qui nous paraît insoutenable, car si C.lerselier a commis des confusions dans les lettres qu'il a publiées d'après les minutes non datées de Descartes, ces confusions ont résulté uniquement du désordre dans lequel se sont trouvées ces minutes à la suite d'un accident où elles ont failli être détruites. Mais la présente lettre était évidemment écrite (en copie par Mersenne) sur un seul feuillet et n'a pu souffrir aucun dérangement.

(') Mersenne avait annoncé à Descartes cet écrit do Petit dans une lettre du 12 février i638 (Lettres de Descartes, III, p. 190). Il le lui envoya le 12 mars (III, p. 889).

liborle qiio j'ai prise d'i^HaccM' sur la lin tiiichiiics paroles qui iiiarquoiont que ses objeeli(»iis coiilre la Dioptrique de M. Descaries éloienl plus fortes et moins sujettes ii répli(|ue que les miennes, ('e n'est pas (]ne j'en doulc puisque j'ai eonc^'u une très i^'rande opinion de son esprit; mais je dcsii'e. si vous l'agréez, d'être un pou mis ii l'écart, et de voir toutes ees belles dis|)ntes plutôt comme témoin (|ue comme partie.

2. A'^ius ajouterez une très grande obligation à toutes celles que je vous ai déjii, si vous me procurez la vue de ce Discours que l'auteur de celte belle Lettre promet touchant laréfraction. Et si j'osois espérer la communication des expériences qu'il a faites, peut-être y mêleroisje de la géométrie, si je les trouvois conformes ii mon sentiment. J'attendrai cette satisfaction avec impatience, et vous renvoierai par le premier courrier son écrit, que je retiens pour en tirer copie.

3. J'attends aussi par votre faveur les réponses (^') que M. Descartes a faites aux difficultés que je vous ai proposées sur sa Dioptrique, et ses remarques (■) sur mon Traité de maximis et minimis et de tangentibus. S'il y a quelque petite aigreur, comme il est malaisé qu'il n'y en ait, vu la contrariété qui est entre nos sentiments, cela ne vous doit point détourner de me les faire voir; car je vous proteste que cela ne fera aucun effet en mon esprit, qui est si éloigné de vanité, que M. Descartes ne sauroit m'cstimer si peu que je ne m'estime encore moins. Ce n'est pas que la complaisance me puisse obliger de me dédire d'une vérité que j'aurai connue, mais je vous fais par là connoître mon humeur. Obligez-moi, s'il vous plaît, de ne différer plus à m'cnvoyer ses écrits, auxquels par avance je vous promets de ne faire point de réplique.

4. J'ai fort vu ces jours passés M. Despagnet, avec qui je vis de

(') Lettres de Deuartes, éd. Clersclicr : Descaries à Mydorgc, 111, 42; lin de lu Icltrc 111, 57 (pi 3i2) à Mydorge.

(') Foir ci-avant Lettre XXV. Mcrsenno aurait pu communiquer aussi dès lors à Fermal les autres lettres écrites à ce sujet par Descartos (Letlres de Descaries, éd. Clersclicr : à Mersenne, III, 4>; à Mydorge, III, ^i\ à Mydorge, 111, 'J7).

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