‹ OEuvres de Fermat (volume 5)Chapitre 147 sur 265 · MARDI 9 JUIN · texte numérisé non relu

MARDI 9 JUIN

(Bib. nat. fr. 1738», ^ 74 r».)

Monseigneur,

Je sçai que la vertu et le sçauoir sont les seules recommandations qui peuuent obtenir vostre protection, et que c'est sans doute auec trop de confiance que je prens la liberté de vous demender une grâce (^) que i'aduoue n'auoir pas méritée. Mais ie sçai aussi, Monseigneur, que vous aués assés de bonté pour conter parmi les bonnes qualités l'inclination de les acquérir. C'est la seule qui ne m*a iamais abandonné et mon ambition a tousiours esté assés hardie pour me faire considérer les belles lettres comme une conqueste aisée en mesme temps que ie sentois bien et que l'expérience m'a faict cognoistre qu'elle estoit au dessus de mes forces. C'est donc a des mouvements imparfaicts et au désir seul de mériter quelqu'une de vos faneurs que ie vous coniure, Monseigneur, d'accorder celle que M. de la Chambre» a voulu prendre le soin de vous demender de ma part. Si ie ne suis pas

(*) Publiée par M. Charles Henry (Recherchex, p. 63) d'après l'original dont nous reproduisons Torlhographe.

( *) Le 29 août i6:i8 Fermât fut député à Castres « pour tenir et desservir séance de la chambre de l'édit avec les présidents et conseillers de la religion prétendue réformée » ( Histoire générale du Languedoc, tome XIV, Toulouse 1876, col. 206); c'est peut-être cette nomination qui faisait l'objet de la présente requête.

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