‹ OEuvres de Fermat (volume 5)Chapitre 19 sur 265 · ETIENNE PASCAL ET ROBERVAL A FERMAT · texte numérisé non relu

ETIENNE PASCAL ET ROBERVAL A FERMAT

( /'fl, p. l'j'i-iSo. )

Monsieur (*),

1. Le principe que vous demandez pour la Géostatique est que, si deux poids égaux sont joints par une ligne droite ferme et [de soi] sans

( * ) n s'agit év idem mont du Traite di^ Méchanlqite. Des poids xous tenus par dex puixxaneex xur lex planx ùicll/iez à l'Horizon. Dex puixxancex qui xotix tiennent un poidv suf~ pendu à deux chordex. Par G. Pcrx, de lioherval, Profexxeur liojral èx Mathématiques au Collège de MaiUrc Gervaix et en chaire de Ramux au Collège de France, inséré, avec une pagination spéciale (de i à 36), dans la Seconde Partie de l'Harmonie universelle du P. Mcrsennc (iGSj).

(*) Celte pensée, tirée d'un texte du prophète Daniel (\ii, 4), se trouve dans le Novuni organum (I, aphor. 93) sous la forme : Multi pertranxibunt et multiplex erit scientia, et dans le Traité De dignitate et augmcntix xcientiarum (I, cap. x, 3), sous la suivante : Plurimi pertranxibunt et augebitur xcicntia. Mais Fermât a textuellement reproduit la légende d'une vignette au frontispice de la première édition du "Novum Organum (i6?.o), vignette qui représente un vaisseau franchissant à pleines voiles les Colonnes d'IIerculo.

(') Réponse à la Lettre VU. Fermât y a répliqué par la Lettre IX, puis à nouveau par la Lettre XL

(^) Le texte de cette Lettre a été restitué d'après le manuscrit de la Bibliothèque nationale, latin 7226 f" 40 suiv. Les mots entre crochets [ ] sont des additions empruntées à rédition des Varia. Quant aux autres leçons de cette édition, qui représentent une rédac-

poids et, qu'étant ainsi disposés, ils puissent descendre librement, ils ne reposeront jamais jusques k ce que le milieu de la ligne (qui est le centre de pesanteur des anciens) s'unisse au centre commun des choses pesantes.

2. Ce principe, que nous avons considéré il y a longtemps, ainsi qu'il vous a été mandé, paroit d'abord fort plausible; mais, quand il est question de principe, vous savez quelles conditions lui sont requises pour être reçu : desquelles conditions, cette principale manque au principe dont il s'agit ici, savoir que nous ignorons quelle est la cause radicale qui fait que les corps pesants descendent et d'où vient l'origine de cette pesanteur. Ainsi nous n'avons rien de connu assurément de ce qui arriveroit au centre où les choses pesantes aspirent, ni aux autres lieux hors la surface de la terre, de laquelle, pour ce que nous y habitons, nous avons quelques expériences sur lesquelles nous fondons nos principes.

3. Car il se peut faire que la pesanteur est une qualité qui réside dans le corps même qui tombe; peut-être qu'elle est dans un autre, qui attire celui qui descend, comme dans la terre. Il se peut faire aussi et est fort vraisemblable que c'est une attraction mutuelle ou un désir naturel que les corps ont de s'unir ensemble, comme il est clair au fer et à l'aimant, lesquels sont tels que, si l'aimant est arrêté, le fer, n'étant point empêché, l'ira trouver, [et] si le fer est arrêté, l'aimant ira vers lui et, si tous deux sont libres, ils s'approcheront réciproquement [l'un de l'autre], en sorte toutefois que le plus fort des deux fera le moins de chemin.

Or, de ces trois causes possibles de la pesanteur [ou des centres des corps], les conséquences seront fort différentes, ce que nous ferons connoitre en les examinant ici l'une après l'autre.

tion nouvelle de Roberval faite en vue de l'impression de la Correspondance de Fermai, elles sont reproduites ci-après dans les. Variantes, Bossu l a compris cette Pièce dans son édition des OEuvres de Biaise Pascal^ 1779; il a suivi en général le texte des Varia, à part les changements d'orthographe et quelques modifications de détail.

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