JUILLET
A niplissimo Domino de Fermât in Suprenia Curia Tolosana
Senatori integerrimo,
Doccm nunc (lies sunt (Senator integerrime) cùm primiim legi à Te
mihi ohiatam nobilissimi et doctissimi Anonymi typis editam Epis-
tolam, qu3B à prœslantissimis loto Orbe Geometris postulat solutionern
quarundam propositionum circa cycloidem ejusque centra grav'itatis.
Ego licet, meae tenuitatis mihi probe conscius, norim quàm longo
post inagnos ilios viros intervallo in Geometrarum qualiumcumque
numéro locum teneam; quia.tamen quid de quaesitis illis in mentem
mihi veniret promere à Te tune jussus sum, malui temeritatis quàm
obsequii Tibi non prompti praestituti nomine accusari. En igitur quas
circa problemata ejusmodi meditatus sum viginti omnino proposi-
tiones. Tu quem omnes Europai Mathematici merito suspiciunt, si
quid perperam scriptum sit, aut si quid scriptis desit, emenda vel
supple, modo tamen judiciorum publicorum occupationes quibus
longe utilius distineris, id patiantur. Hàc emendatione vel etiam sup-
plemento fidens noster hic libellus prodibit in vulgus intrépide, qua-
propter Te hujus spei plenus adit, ab eo nempe missus qui pluribus
nominibus jamdiu Tibi est
Addictus ex animo servus
Antomus Lalouera Societatis Jesu.
Tolosano in Collegio XU Kal. Aug. iG58.
( * ) Dédicace de l'opuscule : De C/cloide GalUœi et Torricetlii Propositioncs viginti Autore Antonio Lalouera Societatis Jesu, imprimé à Toulouse en i658 (rarissime, dont un exemplaire est conservé Bibl. nat., Imprimés, Réserve V, 835 A). — Reproduite en tcte du premier livre de l'Ouvrage : Veteriun Geometria promota in septem de C/c/oide librox, publié par Lalouvère en iGGo.
kik ŒUVRES DE FERMAT. — CORRESPONDANCE.
CLERSELIER A FERMAT.
(D, III, 49. Bibl. Nat. fr. 3a8o, nouv. acq., ^• 66-77.)
Monsieur,
1. Je me trouve aujourd'hui plus empêché à répondre que je n'étois la dernière fois : aussi avez-vous changé de condition et, de juge que vous étiez, vous êtes devenu partie. Quand je n'avois qu'à défendre devant vous la cause de M. Descartes contre votre sceptique, je ne me promettois pas un succès moins favorable que celui que j'ai eu : j'avois une bonne cau^e à défendre, des subtilité^ à éclaircir, et un juge clairvoyant pour m'entendre et prononcer. Mais, quand je vous considère descendu de votre siège pour vous porter vous-même partie contre celui que je défends, le respect que je vous dois en quelque état que vous paroissiez, la grande estime que j'ai toujours conçue de vous et qui s'augmente en moi à mesure que vous vous faites davantage connoître, et le peu d'usage que j'ai dans la matière que nous agitons à comparaison de celui que vous vous y êtes acquis, tout cela m'étonne et fait que je ne sais encore quelle issue me promettre de tout ce démêlé.
Je vous dirai pourtant d'abord que, si je voulois agir avec moins de franchise que ne m'oblige l'honnête procédé que vous gardez avec moi, je pourrois user d'une exception qui paroitroit peut-être légiliino et recevable, en vous accordant tout ce que vous dites et prétendant que tout cela ne fait rien contre M. Descartes et ne combat en aucune façon sa doctrine de la réflexion et des réfractions.
Car je veux que la balle de la figure de la page 19 de la Dioptrique, sAon la supposition que vous faites dans votre première lettre (*), se
[^) /Wr Leltro X(^V, p. 4oi.