‹ Œuvres de FlorianChapitre 116 sur 285 · LE MARQUIS, LA MARQUISE, COLIN, COLETTE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS, LA MARQUISE, COLIN, COLETTE

la marqtj:ïse« Mon fils , tout est per&u : je viens de chez un ingrat qui me doit tout ; il n'a pas même voulu me recevoir. Que devenir ? Il ne me reste plus rien sur la terre.

COLIN

Ah! madame, pourquoi oubliez-vous qu'il vous reste Colin ? Ma sœur et moi nous avons éprouvé aujourd'hui une douleur plus vive que celle qui vous accable; vous ne perdez que votre fortune; et nous avons craint «l'avoir perdu nos amis. D'est à vous, madame, à nous prouver notre injustice ; c'est à vous k consoler nos cœurs en acceptant tout ce que nous possédons.

LE MARQUIS

J'en étais sur, Colin. Oui , ma mère, voilà votre ami, votre bienfaiteur; c'est à lui que mon cœur vous confie : quant à moi , il m'est impossible de partager le bonheur que vous promet son amitié.

LA MARQUISE

Qu'entends - je , mon fils ! Tu veux me quitter?

TWâtra. IV l8

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ao6 JEAMOT ET COLIN.

le marquis, montrant Colette.

Elle ne m'aime plus ; elle ^roit que je l'ai trompée.

LÀ MARQUISE

Vous, Colette! et c'est pour vous seule qu'il osait me désobéir; c'est pour vous. . .

COLETTE

N'achevez pas , c'est lui que je veux croire. Oui, je suis sûre de ton cœur : et je ne te rends pas le mien ; jamais je n'ai pu te l'ôter., Ta Colette est aujourd'hui bien plus heureuse que toi, puisque c'est elle enfin qui fera ton bonheur.

(Le marquis tombe à ses pieds, et se tourne vers Colin.)

LE MARQUIS

Et toi , es-tu mon frère ?

colin l'embrasse.

Il y a long-temps. (A la marquise.) Madame, nous étions destinés à ne faire qu'une famille;1 souffrez que votre fils épouse ma sœur, et que tout mon bien lui serve de dot.

LA MARQUISE

Ah ! Colin ! quelle vengeance l et combien vous êtes au-dessus de moi !

colin»

Vous vous trompez, puisque c'est vous qui êtes malheureuse.

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