‹ Œuvres de FlorianChapitre 143 sur 285 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

ARLÉQfûiN CADET, NERINÈ, RO- SETTE; ARLEQUIN, qui apporte de la lumière..

AALEQUI5.

Qdoi ! c'est mon frète de Bergame!

NÉlUSE.

Comment! ils sont deux! Tant mieux.

arlequin cadet court embrasser son frère»

Ab ! mon cher frère,, c'est toi ! ( Ils s'embrassent. )

ARliEQTJÎW;

Mon cher ami, je suis fort aise de te revoir, quoique vous ne vous, conduisiez pas en trop bon frère.

ROSETTE

Quelle ressemblance ! mais mon cœur n en est pas la dupe.

( Elle prend la main de fainê* )

ARLEQUIN

11 l'a été cependant; car vous lui ave* donné votre portrait»

Hosted by

240 hES JUMEAUX DE BERGAME.

ARLEQUIN CADET

Mademoiselle Nérine sak bien ce qu'il est devenu. Écoutez , mademoiselle , j'ignore si mon frère a des torts ayec vous; mais il est sûr que je ne suis ici que d'aujourd'hui. Comme j'arrivais, mademoiselle Rosette est venue très poliment me donner son portrait et de l'argent ; l'instant d'après , vous êtes \enue m'arracher l'un et l'autre, et vous avez disparu comme un éclair, en me reprochant que j'étais insensible à votre amour, tandis que j'aurais donné tous les trésors du monde pour avoir le plaisir de vous voir un moment de plus.

ARLEQUIN

D'après ce qu'il vous dit , mademoiselle , il me semble que vous pourriez troquer ce portrait-là contre l'original du mien. ( Il montre son frère, )

SERINE

Vous m'avez appris qu'il faut se connaître avant de s'aimer.

ARLEQUIN CADET

Voyez mon étourderie! avec vous, j'ai commencé par la fin. D'ailleurs , vous connaissez mon frère; c'est tout comme si vous me connaissiez : vous voyez que je lui ressemble trait pour trait. La seule différence qu'il y ait entre nous deux, c'est que je suis le cadet; et

Hosted by

SCÊFE XIX 241

si vous aviez la bonté de m'aimer, je me croirais l'aîné de la famille.

ARLEQUIB. -

Allons , mademoiselle Nérine ; iî dépend de vous seule que nous soyons tous les quatre heureux.

ARLEQUIN CADET

Hé Lien?

nérine.

Hé bien ,. je vois qu'il faut d'abord lui rendre son portrait , et puis nous verrons s'il faudra vous donner le mien.

ARLEÇUIN.

Mes amis, nous voilà touscontens ; aimonsnous bien , mais si vous m'en croyez , n'habitons pas dans la même maison ; il pourrait arriver des méprises de plus grande conséquence que Gelle d'aujourd'hui.

Page 1