‹ Œuvres de FlorianChapitre 196 sur 285 · GIB.AUT · texte numérisé non relu

GIB.AUT

Dites-moi d'abord si vous aimez beaucoup mademoiselle Agathe.

Franchement , je ne l'aime pas plus qu'elle ne m'aime; mais il v a un peu de temps que cela dure. Agathe et moi nous sommes du même âge; et nous n'étions pas plus hauts que cela, que nous nous appellions mari et femme. Tout ce que j'avais était à Agathe, tout ce qui lui appartenait était à moi; nous allions à

Théâtre. 2. 8

»3 LE BOJSf FILS.

l'école ensemble, et je savais toujours la leçon d'Agathe, comme Agathe savait toujours la mienne : c'était égal au magister , et cela nous faisait plaisir. Enfin, monsieur Girauti, jamais on ne vit d'amitié si tendre ; et cette amitié a toujours été en augmentant depuis notre enfance jusqu'à ce matin.

GIRAUT

Plus elle est vieille, et plus tôt elle doit finir; je crois même que le moment en est arrivé.

f m m if.

Vous croyez cela ?

SIR ATTT.

Oui , et voici mes raisons. J'ai ici un petit billet de feu M. votre père , qui devait mille écus au mien. Par des circonstances trop longues à vous détailler , j'ai besoin de ces mille écus, -pour lesquels madame Marcelle est aussi engagée : à l'heure qu'il est, elle cherche dans la bourse de tous ses amis de quoi acquitter cette dette; mais j'ai de fortes raisons de pen«ser qu'elle ne' trouvera pas ce qu'il lui faut ; et dans ce cas , «e soir même , je fais saisir votre maison, vos meubles, et madame votre mère ira coucher en prison.

riBMlH.

Que dites-vou* ? . • /

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