‹ Œuvres de FlorianChapitre 206 sur 285 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

FIRMIN, seuL

lh me quitte avec l'air de la colère. Hélas! il en serait honteux, s'il savait tout ce que je souffre , s'il savait combien il a augmenté mes maux par ce moment d'espérance qu'il m'a donné et ravi sur^le-cbanxp* Quel bonheur c'eût été pour moi de pouvoir délivrer ma mère avec la dot de ma maîtresse I de sauver ce que j'ai de plus ch;er par ce que j'aime plus que ma vie! Ah! j'aurais été trop heureux! La fortune ne, l'a pas voulu. Tout se réunit contre ma mère; elle n'a plus que moi, que moi seul.,. Hé bien, seul je dois lui suffire; seul je dois lui tenir lieu de tout. Pourvu que la vue d'Agathe ne vienne pas m'affaiblir!.... Loin d'elle j'aurai du courage; mais, si je la revois, je n'en aurai plus,.... Voici Giraut; mon cœur m'abandonne déjà.

SCÈ3NE V.

* GIRAUT, F1RMI3V.

Me voici, monsieur Firmin. Je crois vous avoir donné le temps de faire toutes vos réflexions ; je viens chercher votre réponse.

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Fllt MIN.

Monsieur Giraut , je vous supplie de m'écouter un moment, sans vous fâcher, sans vous ennuyer de ce que je vais vous dire. Je suis bien à plaindre , voyez-vous , et les malheureux parlent longuement.

GIKAUT.

Ne vous gênez pas, j'ai de la patience, et je suis venu pour vous écouter.

f i r m i rr .

Vous êtes mon rival, vous désirez de m'enlever Agathe ; cela est juste , et je ne vous en fais pas un crime : mais vous ne désirez pas de me voir mourir de douleur; cela ne vous rendrait pas plus heureux , n'est-il pas vrai ?

GIRÀUT.

Il n'est pas question de votre mort, il est question de me payer ce qui m'est dû, ou de renoncer à Agathe. Voilà le point dont il s'agit, et sur lequel il me faut une réponse positive.

FIRMIN

Et c'est cette réponse si terrible que je ne puis faire sans mourir.

GIRAUT

Ne croyez pas cela, monsieur Firmin; si l'on mourait toutes les fois qu'on le dit, il n'y aurait presque plus de vivans dans ce monde.

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