‹ Œuvres de FlorianChapitre 227 sur 285 · RI AB CELLE · texte numérisé non relu

RI AB CELLE

Oui ; je le sais i je le sais , mademoiselle ; et je ne conçois pars comment , après l'avoir trahi , après avoir manqué à toutes les promesses, à tous lès sermens que vous lui avez faits , vous venez jusque chez lui faire parade de votre inconstance , et chercher de mauvaises raisons pour répéter que vous ne l'aimez plus.

Hosted by

AGATHE

Que je ne l'aime plus î ô ciel î Et c'est lui qui me l'a dit : c'est lui qui m'a déclaré qu'il renonçait à ma main , qu'il ne voulait plus de mon cœur ; c'est lui qui , sans raison , sans sujet , sans brouillerie , est venu me rendre ma foi , et a eu le courage et la cruauté de me dire que son amour pour moi était passé. Mais je ne l'ai pas cru lui-même ; et c'est la première fois que j'ai douté de ce que Firmin m'a dit. ( Firmin veut parler. ) Oui , Firmin , vous avez menti, j'en suis sûre; et il faut qu'un puissant motif vous ait forcé à ce mensonge; il faut que , par une cause inconnue que je ne puis pénétrer , Firmin , le fidèle Firmin , qui m'a toujours aimée, qui m'adore plus que jamais , se soit vu obligé de dire qu'il renonçait a son Agathe. Ce qui me le prouverait, quand mon cœur ne me le dirait pas , c'est que , connaissant mon mépris pour l'amour de M. Giraut, il m'a conseillé de l'épouser.

MARCELLE, Vivement*

Giraut vous aime, et mon fils vous conseille de l'épouser î Ah, ma fille ! ce seul mot m'éclaire ; et je vais t 'expliquer tout ceci. Je dois mille écus à M. Giraut : il fallait les paver aujourd'hui ou être arrêtée. Mon fils a sacrifié sa maîtresse à sa mère; je suis sûre que, pour

Hosted by

Page 1