‹ Œuvres de FlorianChapitre 259 sur 285 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Je ne veux rien que posséder son cœur. .Me livrer tout entier à ma brûlante ivresse , Ne respirer qu'amour, ne parler que ses feux, Ne voir que toi , te voir sans cesse , Et toujours puiser dans tes yeux Et mon bonheur et ma tendresse , C'est le plus cher, c'est le seul de mes vœux; Et tu voudrais me l'interdire. . . .

Donne-moi plutôt le trépas.

(Il se met à ses genoux.)

ZÉLIE

Mon ami , tu vois bien que tu n'es plus là-bas.

ALAMIB.

Laisse-moi t' adorer, partage mon délire. Eh ! n'ai-je pas reçu ta foi?

Tu m'appartiens , je suis à toi.

J'ai tant de plaisir à te dire, Tu m'appartiens, je suis à toi !

Deux amans, ma chère Zélie, Qui ne sauraient rien que cela, Auraient assez de ces mots-là Pour se parler toute la vie.

ZÉLIE

Àlamir. ...

ALAMIB.

Hé bien?

ZÉLIE

Quittons-nous.

ALAMIB.

Quoi ï tu voudrais ôter à mon âme éperdue

Théâtre. 2. *8

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2o6 LE BAISER.

Le seul plaisir permis , le bonheur de ta vue ! Eb ! que crains-tu? je suis tremblant à tes genoux. zélie, dans le dernier trouble, se penche sur Alamîr; leurs visages sont près de se toucher. Je crains ce langage si doux Qui se fait toujours trop entendre ; Ton air soumis , ta voix si tendre , Tout avec toi m'inspire la frayeur.

Je n'ose respirer l'air que ta bouche enflamme ; Il porterait jusqu'à mon âme Tout le feu qui brûle ton cœur.

ALAMia, transporté.

Ah! ma Zélie....' (Il l'embrasse : le tonnerre grondé, la nuit couvre le théâtre, et Phanor paraît.)

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