‹ Œuvres de FlorianChapitre 269 sur 285 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

Si les chemins de ma demeure N'étaient embarrassés des chevaux et des gens Du prince qui vient à la chasse.

blanche, vivement.

Il y revient encore ?

COLIN

Il y vient chaque jour.

Chaque forêt pourtant devrait avoir son tour ; Mais c'est toujours la nôtre. On ne voit plus de place

Où le gazon puisse fleurir ; Ils ont tout abîmé : le tumulte effroyable Et des chiens et des cors qu'on entend retentir,

Force les troupeaux de s'enfuir;

C'est un tapage épouvantable.

Vraiment le prince est fort aimable , Mais ri fait bien du bruit quand il a du plaisir.

BLANCHE

De quel côté la chasse viendra-t-elle ?

COLIN

Ne voulez-vous pas y courir?

Vous n'en manquez pas une; et vous savez, cruelle. Combien vous me faites souffrir!

Vous oubliez...

BLANCHE

Vous oubliez vous-même Qu'hier encore à mes genoux Vous m'avez fait serment de n'être plus jaloux.

COLIN

Oh ! je ne le suis plus; mais ma prudence extrême Voudrait que vous fussiez toujours seule avec moi.

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224 BLANCHE ET VEKMEILLE.

Si l'on vous voit, il faudra qu'on vous aime; Et vous trahirez votre foi , J'en suis sûr...

Mais , Colin , vous mêlez un outrage A des discours qui séduiraient mon cœur. Je vous le dis avec douceur :

Cet esprit inquiet , soupçonneux et sauvage ,

Ne peut ïaire que mon malheur ; Il faut y renoncer.

COLIN

J'entends trop ce langage.

Tout déplaît dans celui que l'on cesse d'aimer ; Mes défauts n'étaient rien quand je sus vous charmer. Souvenez-vous combien vous étiez différente j Mes plaisirs, mes chagrins , vous vouliez tout savoir :

J'étais sûr, en allant vous voir, De trouver près de vous l'amitié consolante. Vous aimiez tant à péflétrer Dans ma plus secrète pensée I , Et si j'étais jaloux, loin d'en être blessée ,

Le plaisir de me rassurer L'emportait sur la peur de vous voir offensée.

Mais aujourd'hui vous voulez me trahir : Vous cherchez un prétexte , et votre âme légère Ne veut exciter ma colère Que pour avoir le droit de m'en punir. Epargnez- vous une peine cruelle ; Lorsque l'on peut être infidèle, On doit le dire sans rougir.

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. Acte i, scène iv. 2*5

Hé bien, Colin , pourquoi tant de faiblesse?

Oubliez un objet trop peu digne de vous; En me délivrant d'un jaloux , En cherchant une autre maîtresse ,

Votre sort et le mien n'en seront que plus doux.

COLIN

le suivrai vos conseils, et dès demain peut-être...

BLANCHE

Dès aujourd'hui, vous en êtes le maître. Duo.

COLIN

Adieu j perfide, pour jamais.

BLANCHE

Adieu , Colin j bon voyage.

COLIN

Adieu , perfide ; adieu , volage :

Oui , je vous quitte sacs regrets,

blanche.

Mais partez donc.

COLIN

Oui , je m'en vais.

BLANCHE

Mais partez donc.

COLIN

C'est pour jamais ; llecevez mes adieux, cruelle.

(Il s'en va , et revient.)

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