ACTE I, SCÈNE Ht
VEBM.EILLE.
Ma chère soeur, eri vérité, À tout ce beau récit je ne puis rien comprendre;
Explique-moi donc, par bonté, Quel est ce grand bonheur que tu semblés attendre.
BIASCHE.
Je te l'ai dit; celui qui me parlait ainsi
Est le prince qui règne ici.
Songe donc qu'il inadure , <-t que je peux prétendre À partager son trône en acceptant sa main.
VERMEILLE
Toi, ma sœur?
BLANCHE
Serait-til le premier souverain Épris d'une simple bergère?
Épouser ce qu'on aime , est-ce un efîbrt si grand ? L'amour ne connaît point de rang :
Le plus beau titre, c'est de plaire.
VERMEILLE
Mais Colin.*..
BLASCHB.
Je saurai le combler de bienfaits. Malgré tous ses défauts, malgré sa jalousie, Je l'aime , et je ferai le bonheur de sa vie En le rendant riche à jamais.
VERMEILLE
Tu t'abuses, ma sœur; rien ne nous dédommage De la perte d'un cœur qu'on a cru posséder.
Pardon, si j'ose te gronder;
Mais tu devrais faire un voyage
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Chez cette fée aimable et s^ge
Qui prit soin de nous élever Bien mieux qu'il ne convient à de simples Bergères. Tu sais depuis long-temps gue nous lui sommes chères, Allons la voir.
BLANCHE
Crois-tu qu'elle daigne approuver Que je quitte les champs pour aller à la ville ?-.... Tu ne me réponds pas. . . . Mais toi-même, à la fin, Donne-moi ton avis.
VERMEILLE
H serait inutile ; Je pense la-dessus comme ferait Colin.
Le voici ; je crains sa colère , Laisse-moi l'éviter.
VERMEILLE
Non , ma sœur, au contraire , Il faut parler. Je vous laisse tous deux : Blanche, quand on devient volage, Il faut avoir du moins le pénible courage D'en avertir l'objet que l'on rend malheureux.