‹ Œuvres de FlorianChapitre 268 sur 285 · ACTE I, SCÈNE Ht · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE Ht

VEBM.EILLE.

Ma chère soeur, eri vérité, À tout ce beau récit je ne puis rien comprendre;

Explique-moi donc, par bonté, Quel est ce grand bonheur que tu semblés attendre.

BIASCHE.

Je te l'ai dit; celui qui me parlait ainsi

Est le prince qui règne ici.

Songe donc qu'il inadure , <-t que je peux prétendre À partager son trône en acceptant sa main.

VERMEILLE

Toi, ma sœur?

BLANCHE

Serait-til le premier souverain Épris d'une simple bergère?

Épouser ce qu'on aime , est-ce un efîbrt si grand ? L'amour ne connaît point de rang :

Le plus beau titre, c'est de plaire.

VERMEILLE

Mais Colin.*..

BLASCHB.

Je saurai le combler de bienfaits. Malgré tous ses défauts, malgré sa jalousie, Je l'aime , et je ferai le bonheur de sa vie En le rendant riche à jamais.

VERMEILLE

Tu t'abuses, ma sœur; rien ne nous dédommage De la perte d'un cœur qu'on a cru posséder.

Pardon, si j'ose te gronder;

Mais tu devrais faire un voyage

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Chez cette fée aimable et s^ge

Qui prit soin de nous élever Bien mieux qu'il ne convient à de simples Bergères. Tu sais depuis long-temps gue nous lui sommes chères, Allons la voir.

BLANCHE

Crois-tu qu'elle daigne approuver Que je quitte les champs pour aller à la ville ?-.... Tu ne me réponds pas. . . . Mais toi-même, à la fin, Donne-moi ton avis.

VERMEILLE

H serait inutile ; Je pense la-dessus comme ferait Colin.

Le voici ; je crains sa colère , Laisse-moi l'éviter.

VERMEILLE

Non , ma sœur, au contraire , Il faut parler. Je vous laisse tous deux : Blanche, quand on devient volage, Il faut avoir du moins le pénible courage D'en avertir l'objet que l'on rend malheureux.

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