SCÈNE UL
/ait. Elle a connu le mérite de Lelio'; elle a été touchée de notre amour. Après avoir fait inutilement tous les efforts possibles pour obtenir le consentement de mon père , elle a pris sur elle de m'unir secrètement au seul homme que je pouvais aimer.
àugeutine.
Je sais tout cela , mademoiselle : mais madame votre tante est morte, et monsieur votre père ignore toujours votre mariage : je suis la seule à présent chargée de ce grand secret, et je n'ose vous dire combien je suis fâchée d'être la seule. Ma chère maîtresse, je vous dois tout : élevée auprès de vous dans la maison de monsieur votre père , vous m'avez dotée , vous m'avez mariée à un époux qui fait le bonheur de ma vie , je tiens tout de vous seule , et je suis obligée de faire aveuglément tout ce que vous désirez : jusqu'à présent vous avez reçu , sous mon adresse , les lettres de M. Lelio ; je n'ai jamais osé confier à mon mari que je vous rendais ce service : mais enfin
ROSÀLBA.
Garde-t'en bien , ma chère Argentine ! Arlequin n'a point de raisons pour m'être attaché , il en a mille pour l'être à mon père : c'est mon père qu'il a servi; et son respect pour son a»-
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eien maître lui ferait trahir mon secret; D'ail* Leurs je: connais ton mari ; aussi babillard qu'honnête homme, il n'imagine pas que l'on puisse cacher quelque chose. Tout serait perd» s'il était instruit. Je te supplie donc , ma chère Argentine, par la tendre amitié^ que j'ai toujours eue pour toi , de me jurer ici de nouveau que , quelque chose, qui. puisse arriver , tu ne révéleras jamais mon secret à ton mari.
ARGENTINE,
Je vous en donne ma parole, quoi qu'il m'en coûte pour vous la donner Votre cœur doit comprendre aisément combien il est douloureux de cacher la moindre chose à un époux que l'on aime : c'est une espèce de men* * songe qui fait rougir et souffrir. Je vous conjure, ma chère maîtresse, de faire cesser la peine et l'inquiétude ou je suis. Vous ne doutez pas de mon zèle , vous connaissez ma tendresse pour vous..... passez-moi ce terme, on n'offense personne en l'aimant : vous êtes bien certaine que je ferai toujours tout ce qui pourra vous plaire; mais cela même vous oblige d'être prudente pour nous deux.
ROSALBA
Je le serai, ma chère amie, et" j'ai grand besoin de l'être : car enfin il faut t'avouer que
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