SCÈNE III
Je porte dans mon sein un gage de mon. amour.
ARGENTINE
Je n'ose m'en réjouir : mais, si tout le monde le savait, j'en pleurerais de joie.
ROSALBA
Je te demande un dernier service. Lelio doit être arrivé ; je suis sûre que son impatience va lui faire tout hasarder pour me voir : va le trouver, va lui dire que je le supplie, que je lui ordonne de ne pas sortir de chez lui avant qu'il ait reçu de mes nouvelles. Cela est important pour le succès de mes projets. Tu lui diras que je souffre autant que lui de ne le pas voir ; que je l'aime plus que ma vie ; que. . . .
ARGENTINE
Oui , oui , mademoiselle ; avant de lui dire ce que vous voulez qu'il sache , je lui dirai tout ce qu'il sait. Je comprends cela à merveille; dès que mon mari sera rentré, j'irai parler à M. Lelio.
J'ai encore une prière à te faire. Mon père est dans l'usage de me donner , pour en disposer à ma volonté, le vingtième de tous les profits un peu considérables qujil fait dans son commerce. Il vient de gagner cent mille écus j,
Hosted by
et ce matin il m*a apporté quinze mille francs , dont je suis maîtresse absolue. Tu ne devines pas ce que j'en veux faire?
ARGENTINE
Non*
, nOSÀLBÀ.
Si je ne te devais pas tant, je serais bien plus hardie à te les offrir.
Argentine.
A moi?
SOSÀLBÀ.
Oui , ma bonne amie : ajoute ce plaisir à tous ceux que je te dois : souffre que cette bagatelle soit mise en rente viagère sur ta tète : j'ai déjà donné des ordres à mon notaire, et je t'enverrai ce soir ton contrat.
ARGENTINE
Ma chère maîtresse , je n'ose ni accepter ni refuser votre bienfait; mais.'...;
ROSALBA
Si tu me refuses , je ne veux plus de tes services.
ARGENTINE
Écoutez., Je suis heureuse , je ne manque de rien , et j'ai déjà , grâce à vous , assuré le sort de mes enfans. Si mon mari venait à me perdre , il ne serait pas, à son aise ; que ce soit lui
Hosted by