‹ Œuvres de FlorianChapitre 48 sur 285 · HÉ BINE · texte numérisé non relu

HÉ BINE

J e ne vous comprends pas , monsieur Cléante ; quand toute la maison est dans la joie, quand nous sommes tous occupés de la fête que monsieur Arlequin , notre maître , donne à sa fille mademoiselle Nisida, vous que. votre esprit et vos talens peuvent si Lien servir dans cette occasion , vous paraissez plus triste que jamais.

CLÉANTE

J'ai sujet de l'être , ma chère Nérine ; je viens de recevoir des nouvelles très affligeantes»

NÉRIHt.

De qui ?

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io8 LE BON PÈRE.

CLÉANTE

De mon régiment. .

NÉ RI NE

Mais contez-moi donc tout cela. Ne suis-je plus votre confidente ? Avez-yous oublié que c'est moi seule qui vous ai fait entrer dans cette maison, que sans moi vous n'auriez jamais pu parler à mademoiselle^ PUsida? Ce n'est pas pour vous reprocher mes bienfaits que je vous les rappelle ; mais , puisque je n'ai rien négligé pour votre bonheur , j'ai le droit de partager vos peines.

CLÉANTE

J'ai toujours présent à ma mémoire tout ce que tu fis pour moi. San» ton amitié , sans ton adresse , je n'aurais pas- revu Nisida depuis le jour où, pour la première fois , je l'aperçus à la promenade. Ce seul moment lui livra mon cœur. Tous mes efforts , toutes mes tentatives pour m'introduire ici furent inutiles : toi seule, eus pitié, de moi ; tu daignas protéger cet amour si tendre , si pur , qui ne finira qu'avec mes jours ; tu fus la- première à me travestir et à me présenter pour secrétaire à ton maître , monsieur Arlequin* Depuis six mois je jouis du bonheur inexprimable de vivre , de respirer auprès de celle que J'adore , de la voir tous les jours , de lui parler quelquefois. Elle ne se

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