SCÈNE IV. îaS
CIÉANTE.
Il me semble que deux suffisent.
ARLEQUIN
Tu n'as qu'à dire ï je suis en train ; mais je crois qu'en voilà bien assez, Prends cette man-< doline, et chante -moi les couplets que je viens de faire , pour que je corrige.
CLÉ'ANTE
(1/ chante en s' accompagnant de la mandoline») Ma fille unit aux grâces de son âge Des dons plus sûrs pour fixer le bonheur ; Et l'on ne sait que chérir davantage De sa beauté, son esprit ou son cœur.
ARLEQUIN
C'est mot à mot ce que j'ai dit; je croyais cela plus difficile. Voyons l'autre couplet.
CRÉANTE.
Je peux flatter une fille si chère,
Mais l'on pardonne à ce doux sentiment.:
Si je la vois avec les yeux d'un père ,
Tout autre aura les yeux d'un tendre amant.
AR l E qu ï n , surpris.
C'est moi qui ai fait celui-là?
CLÉ A NT E
Vous venez de me le dicter.
ARLEQUIN
Cela est vrai ; mais il n'avait pas l'air si joli
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quand je l'ai fait. C'est fort bien, fort bien; je ne vois rien là à corriger. Sans me flatter, conviens qu'ils ne sont pas mal.