SCÈNE Vllt i5i
tés , je te donne , le jour du mariage , tout ce que je possède.
SISIDÀ.
Et vous , mon père?
ARLEQUIN
Oh ! quoi , la plus sûre manière pour que je ne manque de rien, c'est que' tu aies tout. D'ailleurs tu mé rendras service : car, si tu veux que je te parle franchement , mon argent m'ennuie, c'est toujours la même chose, il faut passer sa vie à compter. Si Ton n'avait pas quelquefois le plaisir de donner , cela serait insupportable.
he ni SE»
Mais étes-vous sûr, monsieur, que made* moiselle votre fille, ... ?
ARLEQUIN
Quant à toi , Kerinc , je ne t'ai pas oubliée"? j'ai remarqué, depuis long-temps l'amitié qui règne entre CÏéante et toi ; j'ai profité de Toc» casion pour faire votre bonheur à tous deux. Je t'assure une dot fort honnête , et tu épouseras Gléante le jour même du mariage de ma fille.
NÉ BINE
J'épouserai M. Gléante, moi!
ARLEQUIN
Oui , tu ne t'y attendais pas , n'est-il pas
:iÎ2 LE BO^ PERE,
vrai? J'ai voulu vous surprendre, parce que les choses qu'on désire font cent fois plus de plaisir quand elles viennent sans qu'on y pense. Hé bien !... Vous voilà tous interdits... Vous ne me remerciez seulement pas... Qu'astu donc , Cléante ? Je ne t'ai jamais vu comme te voilà?
SÉKINE.
Il faut lui pardonner , monsieur , c'est l'amour... la joie... Ce pauvre garçon ne s'attendait pas à m'épouser si promptement.
ARLEQUIN
Ma chère Nisida" tu n'as pas l'air d'être contente de ce que je viens de t'apprendre. Ecoute donc , je désire vivement de te voir la femme du marquis d'Yrville , et je t'en dirai les raisons ; mais -, si cela ne te convient pas , tu me diras les tiennes , qui seront les meilleures.
xsr i si n A.'
Mon père, je suis pénétrée de reconnaissance et d'amour pour vous Mais je voudrais vous parler sans témoin.
ARLEQUIN
Tu m'inquiètes , ma fille. ( A Cléante et "Nérine.) Elle dit qu'elle veut me parler sans témoin ; je crois qu'il faut que5 vous vous en alliez.