SCÈNE IX i3j
derie ferait le malheur du reste de tes jours. Voilà pourquoi , ma chère fille , je voudrais te voir mariée à un homme estimable , considéré , comme le marquis d'Yrville , qui ne sera -occupé que de te rendre heureuse , et remplacera du moins ton pauvre père, qui se fait déjà bien vieux. Voilà mes raisons , ma chère amie ; et * si tu n'as pas de répugnance pour le marquis , je te demande comme une grâce d'assurer ton bonheur après moi.... Tu pleures ! tu ne me réponds pas!
Ah! mon père, je ferai ce que vous voudrez : mais si vous pouviez lire dans mon cœur , si j'avais la force de vous dire
ARLEQUIN
Quoi , ma fille ! as-tu quelque secret pour moi? Cela ne serait pas juste; je n'en eus ja«mais pour ma Nisida.
NISIDA
Jamais , Jamais : je le sais bien ; mais. ...
ARLEQUITS.
Est-ce ma qualité de père qui te fait peur ? Oh! tu peux en sûreté me confier ce que tu voudras , je te réponds que ton père n'en saura rien.
NISIDA
Non, je ferai mon devoir; j'en aurai la
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i38 LE BON PÈRE,
force; moins vous ordonnez, plus je veux obéir. Mais j'ai deux grâces a vous demander, elles sont importantes, elles sont nécessaires au repos de ma vie : c'est de différer ce mariage , et de me mettre au couvent
AHI.ËQUI5.
Au couvent !
(Ils se lèvent. ) ni s IDA.
Oui, mon père, j'en ai besoin; j'ai besoin de solitude et de réflexion.
ARLEQUIN
Tu n'y penses pas , Nisida; toi au couvent! cela est bon pour les filles que leurs pères n'ont pas le temps d'aimer. Eb ! que deviendrais-je quand je ne te verrais plus ? Ma chère enfant , d'où peut te venir une résolution si cruelle pour moi ? Ton cœur s 'est-il donné ? Aimes-tu quelqu'un ?
n i s i d A , se cachant te visage*
Oui.... mon père.
ARLEQUIN
Hé bien , voilà un grand malbeur ! Tu n'as qu'à me le nommer , je m'en vais l'aimer aussi.
NISIDA
Ah ! il m'est impossible de le nommer sans rougir.