SCÈNE IX. i3g
A5LEQUIN.
Tu ne peux pas rougir avec moi :, ne suisje pas ton père? ton honneur n'est-il pas le mien? ouvre-moi ton cœur, ma fille; peutêtre à nous deux nous viendrons à bout de te rendre heureuse*
Hë bien , mon père , apprenez ce que j'aj voulu cent fois me cacher à moi-même ; guérissez-moi d'une passion que je combats sans cesse, et qui renaît toujours plus violente. J'aime.... J'aime....
Aiilequin.
Qui donc ? -
NISIDA
Cléante.
ARIEQ.UJN.
Mon secrétaire !
NISIDA
Il n'est pas fait pour l'être , j'en suis sûre ; mais je n'en sens pas moins tout le malheur de mon choix. Je ne vous demande que de me secourir , et j'ose vous répondre que je surmonterai cet invincible penchant. Eloignezmoi de Cléante; j'espère tout de mon courage; du temps , et surtout de .l'absence.
arlequin, après un silence.
As-tu confié ce secret à quelqu'un?
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NISIDA
Comment pouvez-vous le penser , puisque vous ne le saviez pas?
aulequin.
Il est vrai, j'ai tort. Ecoute-moi, je n'ai pas oublié que je ne vaux pas mieux que Cléaute ; et si j'étais encore en Italie, où tout le monde sait qui je suis , je n'hésiterais pas à te le donner : mais ici , où , par amour pour toi , j'ai fait la sottise d'avoir de la vanité , cela devient plus difficile^Cependant....
NISIDA
Non , mon père , non ; c'est à moi de mettre des bornes à votre excessive bonté. Plus vous faites pour moi , plus je dois faire pour vous. Je surmonterai ma passion , je l'immolerai au bonheur de votre vieillesse. Eloignez-moi de Cléante , je vous le demande , je vous en supplie; donnez-moi du temps et j'épouserai
le marquis dTrville.
Arlequin.
Tu n'épouseras point le marquis dTrville ; mais il faut essajer de te guérir. Tu es bien malade, mon enfant, je serai ton médecin; et si les remèdes te font trop de mal , nous lea cesserons tout de suite : c'est t'en dire assez. Adieu; laisse-moi, et viens m'embrasser encore^ r
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