SCÈNE III
TÎRCIS, ALCIDON.
TIRCIS ET ALCIDON
N'imitons point ce téméraire ; Craignons toujours Tamour, évitons sa colère.
ALCIDON
L'amour, le plus grand des vainqueurs , Soumet tout à ses lois , et l'univers l'adore ; Mais les cœurs des bergers lui doivent plus encore Que tous les autres cœurs.
SCÈINE IV.
Je cours de toutes parts , le désespoir dans l'âme : Bergers, on ne doit plus se fier aux sermens;
Le plus tendre des amans ,
Philène , a trahi ma flamme.
Doux nœuds qu'avaient formés d'innocentes amours , Que nous prenions plaisir à serrer tous les jours
Par une tendresse nouvelle , Hélas ! ne pouviez-vous , avec tous vos attraits , Arrêter plus long-temps un amant infidèle,
Vous qui m'engagiez pour jamais?
TIRCIS
Mais , Bergère , avez-vous une entière assurance
De ce funeste changement?
Souvent un cœur jaloux en croit trop aisément La plus faible apparence.
FLORISE
Mon malheur n'est que trop certain , Une agréable erreur ne peut flatter ma peine. Je me déguiserais en vain Le crime de Philène ; Je viens de voir sur le sein de Climène Des fleurs qu il tenait de ma main.
ALCIDON
Je ne suis point surpris que Climène l'engage ;
Il faut aimer Climène , il faut lui rendre hommage ,
Dût-on quitter l'objet dont on avait fait choix.
Tous les cœurs sont faits pour ses lois ; L'amour en sa faveur permet qu'on soit volage. Il faut aimer Climène , il faut lui rendre hommage , Dût-on quitter l'objet dont on avait fait choix.
FLORISE
Est-ce là, juste ciel! dans mes douleurs pressantes, Le soulagement que j'attends?
TIRCIS ET ALCIDON
Climène est de retour ; que nous verrons d'amantes Pleurer des amans inconstans !