VÉNUS , VULCAIN
VÉNUS
Quoi ! vous vous employez pour la hère Psyché,
Pour une insolente mortelle i* Cet indigne travail vous tient donc attaché , Et l'époux de Vénus se déclare contre elle ?
VULCAIN
Et depuis quand , s'il vous plaît , vivons-nous Dans une amitié si parfaite , Qu'il faille que je m'imiuiète
ag» PSYCHÉ,
De tous vos caprices jaloux ?
Il vous sied bien de vous mettre en colère ! Lorsque j'étais jaloux avec plus de raison ,
Vous en faisiez-vous une affaire Vous Têtes maintenant , et vous trouverez bon Qu'on ne s'en embarrasse guère.
VÉNUS
Ah ! que l'amour est promptement guéri , Quand rhymen a réduit deux cœurs sous sa puissance!
Que les duretés de mari Aux tendresses d'amant ont peu de ressemblance î
VULCAIN
Vous connaissez toute la différence
Et de l'amant et de l'époux , Et nous savons lequel des deux chez vous A mérité la préférence.
Je ne fais pour Psyché que bâtir un palais.
Vous êtes encor trop heureuse ; Si j'étais de nature un peu plus amoureuse , Vous me verriez adorer ses attraits.
La vengeance serait plus belle :
Mais je suis à ma forge nuit et jour ;
Je n'ai pas le loisir de lui parler d'amour,
Et je me borne à travailler pour elle.
VÉNUS
Je sais que par ces grands aprêts , C'est à mon fils que vous cherchez à plaire ; C'est lui qui le premier trahit mes intérêts , Il saura que je suis sa mère.
( Vénus rentre dans son char , et s'envole, ) VULCAIN aux Cyclopes.
L'amour ici nous a mandés exprès ; Achevons , achevons ce qui nous reste à faire.
( \ ulcain el les forgerons disparaissent avec la forge, et l'on voit le palais dans son entière perfection; il est orné de vases d'or, avec ili s Amours sur des piédestaux. Il y a dans le fond un magnifique p;'rtail , au travers duquel on découvre une cour ovale , percée en plusieurs endroits sur un jardin délicieux. ) '