‹ Œuvres de Fontenelle (volume 4)Chapitre 134 sur 256 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

Le théâtre représente les jardins de Vénus.

SCÈrsE PREMIÈRE.

PSYCHÉ

Sî je fais vanité de ma tendresse extrême,

En puis-je trop avoir , quand c'est de l'Amour même

TRAGÉDIE. 3ii

(^^ue mon cœur s'est laissé charmer?

.Te sens que rien ne peut ébranler ma constance.

Ah ! pourquoi m'obliger d'aimer ,

S'il faut aimer sans espérance ?

Sans espérance! non, c'est offenser l'Amour ; Ce dieu qui plaint les maux dont je suis poursuivie , Jusques dans les enfers a pris soin de ma vie , Et c'est par lui que je reviens au jour. Ce sont ici les jardins de sa mère ; Peut-être en ce moment il lui parle de moi. Je puis l'y rencontrer. Pour mériter sa foi ,

Cherchons jusqu'au bout à lui plaire.

Si mes ennuis ont pu ternir ('es attraits dont l'éclat m'a su rendre coupable ,

Cette boîte me va fournir

De quoi paraître encore aimable.

Ouvrons. Quelles promptes vapeurs

Me font des sens perdre l'usage.^

Si la mort finit mes malheurs , O toi , qui de mes vœux reçois le tendre hommage , Songe qu'en expirant , c'est pour toi que je meurs.

P.iyche tombe sans force sur un gazon, où elle demeure couche'e . )

SCÈINE II.

Page 1