‹ Œuvres de Fontenelle (volume 4)Chapitre 135 sur 256 · VÉNUS, PSYCHÉ · texte numérisé non relu

VÉNUS, PSYCHÉ

VÉNUS

Enfin, insolente rivale ,

Tu reçois ce qu'a mérité

L'orgueilleuse témérité

De te croire à Vénus égale !

Par l'élat déplorable où j'ai réduit Ion sort, Vois ce que mon courroux te laisse encore craindre.

3io PSYCHÉ,

Il n'a plus de chaînes pesantes, A\\ ! que mes peines sont charmantes, Puisque TAmour cheixhe à les soulager !

LES DEUX NYMPHES

Il doit être bien doux d'aimer comme vous faites.

Et n'ainie-t-on pas où vous êtes ?

LES DEUX NYMPHES

L'Amour anime l'Univers,

Tout cède aux ardeurs qu'il inspire ;

Et jusques dans les enfers

On reconnaît son empire.

PSYCHÉ

Hé ! qui s'en voudrait garantir !

Mais de ces lieux par où sortir?

Tout ce que je vois m'intimide.

( Elle montre les de'mons qui sont dans les ailes du théâtre.) LES DEUX NYMPHES.

Perdez l'effroi dont vos sens sont glacés , Nous allons vous servir de guide ; Vous, noirs esprits , disparaissez.

Quatre de'mons traversent le théâtre en volant, et vont se pei dro au travers de la voûte de la salle de Proserpine .)

Page 1