SCÈNE IV
LE ROI, STÉNOBEE, ARGIE, suite.
(jontre Bellcrophon j'ai fait jusqu'à ce jour
Ce que Prétus pouvait attendre.
De l'aveugle zèle d'un gendre.
Vous vouliez, comme lui , qu'il pérît dans ma cour.
D'abord , sans connaître son crime , J'abandonnai sa tète aux rigueurs du sort.j Prétus croyait sa perte légitime, C'était assez pour résoudre sa mort ; Mais enfin il est temps de vous ouvrir mon .'iiiic. Après qu'il s'est rendu l'appui de mes états ,
334 BELLÉROPHON
Je dois me conserver son bras.
Ma fille est l'objet de sa flamme ; Aujourd'hui de ma main elle attend un époux , C'est lui que je choisis.
STÉNOBÉE.
Ciel ! que me dites-vous :' Choisir Bellérophon ! et qui l'aurait pu croire ?
LE ROI
Ses exploits l'ont rendu digne de cette gloire.,
STÉNOBÉE.
Songez-vous que Prétus vous demanda sa mort ?
LE ROI
«Les dieux ne m'ont point fait l'arbitré de son sort.
STÉNOBÉE,
Quoi ! vous soutenez un coupable ?
Quoi ! votre haine est implacable ?
ENSEMBLE
Ah ! cessez de vous obstiner.
LE ROI
Malgré votre jalouse envie ,
STÉNOBÉE.
Malgré vos soins pour lui sauver la vie ,
ENSEMBLE
Il mérite \ ^ ^"^ } que je lui veux donner. ( la mort )
( On entend des timbales et des trompettes-) STÉNOBÉE.
A ce bruit éclatant je connais qu'il s'avance. Je ne vous dis plus rien ; mais vous devez songer Que si vous négligez le soin de ma vengeance , Je suis reine et puis me venger.
( Après que Sténobée est sortie , on voit entrer une troupe d'Ama-
zones et de Solymes, enchaîne's, dont ceux qui les conduisent portent les armes- La marche que cette troupe fait sur le théâtre est une espèce de triomphe pour Bellérophon , qui entre après que les Amazones et les Solymes ont passe' devant le roi , et pris leur place, )