SCÈNE IL PARIS, ÉNONE
PARIS
Enone, savez-vous quel ennui me tourmente' On me veut arracher des lieux où je vous voi. J'étais berger, vous receviez ma foi,
Mon bonheur passait mon attente ; Mais je reviens de Troie , où j'ai vu, malgré moi .
Que ma fortune est trop brillante.
J'ai reçu les respects d'une cour éclatante ,
Qui fait trembler tout sous sa loi.
En vous le racontant ma douleur en augmente. Chère Enone, j'apprends que je suis fils du roi.
ÉNONE.
Vous êtes fils du roi ! quel coup pour une amante !
PARIS
Le roi m'a commandé de ne le quitter pas ;
La reine à chaque instant me serrait dans ses bras :
Sur moi seul leur suite nombreuse Attachait ses regards flatteurs et curieux: Mais je n'ai pu souffrir , d'un sort si glorieux ,
La contrainte trop rigoureuse ; Je me suis dérobé, j'ai volé dans ces lieux.
ÉNONE.
Retournez, retournez dans cette cour pompeuse.
PARIS
Votre amour seul m'est précieux.