‹ Œuvres de Fontenelle (volume 4)Chapitre 16 sur 256 · SCÈNE IL PARIS, ÉNONE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL PARIS, ÉNONE

PARIS

Enone, savez-vous quel ennui me tourmente' On me veut arracher des lieux où je vous voi. J'étais berger, vous receviez ma foi,

Mon bonheur passait mon attente ; Mais je reviens de Troie , où j'ai vu, malgré moi .

Que ma fortune est trop brillante.

J'ai reçu les respects d'une cour éclatante ,

Qui fait trembler tout sous sa loi.

En vous le racontant ma douleur en augmente. Chère Enone, j'apprends que je suis fils du roi.

ÉNONE.

Vous êtes fils du roi ! quel coup pour une amante !

PARIS

Le roi m'a commandé de ne le quitter pas ;

La reine à chaque instant me serrait dans ses bras :

Sur moi seul leur suite nombreuse Attachait ses regards flatteurs et curieux: Mais je n'ai pu souffrir , d'un sort si glorieux ,

La contrainte trop rigoureuse ; Je me suis dérobé, j'ai volé dans ces lieux.

ÉNONE.

Retournez, retournez dans cette cour pompeuse.

PARIS

Votre amour seul m'est précieux.

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