‹ Œuvres de Fontenelle (volume 4)Chapitre 242 sur 256 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ÉNÉEJLIONÉE.

ILIONÉE.

Ou courez-vous? quel soin vous presse

ÉNÉE

Je cherche partout la princesse , Je veux lui repprochcr son choix ; Je veux la voir pour la dernière fois.

ILIONÉE.

En vain pour se venger on se plaint d'une ingrate;

Son irionjphe en est plus beau.

D'un amour méprisé la vengeance n'éclate

Que par un amour nouveau.

ÉNÉE

Non , jaimerai toujours l'ingrate qui m'outrage ;

Je sens trop que l'amour m'engage :

Je me dois épargner le triste et vain effort

Que je ferais pour sortir d'esclavage ; Je ne puis obtenir de mon faible courage

Que d'avoir recours à la mort.

ILIONEE.

Vous voyez la surprise où ce discours me jette ; L'amour peut-il réduire un béros au trépas F Non, non , d'un autre soin votre cœur s'inquiète; Vous regrettez une sûre retraite Que nous trouvions en ces climats.

ÉNÉE

Je vois tous les malleurs dans le coup qui m'accable. Je perds l'unique objet qui me paraît aimable ; Je perds l'asile heureux promis à mes travaux. Cependant Tamour seul rend mon sort déplorable. Un amant misérable Est insensible à d'autres maux.

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