SCÈNE m
DIANE , ENDIMION.
ENDIMION qui se réveille.
Que vois-je ? quoi ! Déesse , Vous venez pour punir un amour qui vous blesse .''
Ah ! mon trépas était certain ; Il allait vous venger de ma coupable audace :
jVIais je tiendrai pour une grâce Que de si justes coups partent de votre main.
DIANE
Comment , dans mes regards , voyez-vous de la haine ?
ENDIMION.
Contentez le courroux qui vous guide en ces lieux.
DIANE
Ne me pouvais-je pas venger du haut des cieux?
ENDIMION.
Par ce discours obscur vous redoublez ma peine ; Je ne veux que mourir , et mourir à vos yeux.
DIANE
Il faut, il faut enfin cesser d'êti'e incertaine.
Apprenez votre sort , je ne puis plus cacher Que mon superbe cœur soupire ; Vos vertus m'avaient su toucher , \ otre respect me contraint à le dire. z
ENDIMION.
Qu'ai-je entendu ? Non, non, mes sens sont abusés , Et ce songe va disparaître.
DIANE
Quoi ! mon amour me fait il méconnaître Par vous-même qui le causez ?
ENDIMION.
Déesse, est-il donc vrai? quelle ardeur! quel hommage ! Tout mon cœur... de mon trouble entendez le langage;
Je ne suis pas digne d'un sort si doux, Si je n'en meurs à vos genoux.
Pardonnez aux soupirs qu'un berger vous adresse ; Du moins je ne sens point mon cœur se partager : Ce sont vos charmes seuls qui savent m'engager ;
Je ne vois point que vous êtes déesse.
DIANE
A toutes vos vertus j'ai donné ma tendresse , Je ne vois point que vous êtes berger.
ENDIMÎON.
Ce sont vos charmes seuls qui savent m'engager.
DIANE
A toutes vos vertus j'ai donné ma tendresse.
ENDIMION.
Je ne vois point que vous êtes déesse.
DIANE
Je ne vois point que vous êtes berger. Mon cœur se croyait invincible , Mais vous l'avez désarmé.
Sans vous j'étais insensible , Sans vous je n'eusse point almé^
Dl\NE ET ENDIMION.
Mon cœur se croyait invincible ,
Mais vous l'avez désarmé.
Sans vous j'étais insensible , Sans vous je n'eusse point aimé.
DIANE
Vous qui fûtes jadis transformés en étoiles ,
Dérobez-vous des cieux ; Des nuages obscurs vous prêteront leurs voiles :
Descendez en ces lieux.