SCÈNE II
DIANE
Puis-je encore me reconnaître ?
L'amour du haut des cieux me force à disparaître; Je refuse aux mortels , saisis d'un juste effroi ,
La lumière que je leur dois.
Le berger que renferme un antre si sauvage , Par sa vive douleur a trop su m'alarmer. Nobles soins , que le sort m'a donnés en partage , N'attendez rien de moi , je ne sais plus qu'aimer.
Je puis en liberté voir ici ce que j'aime,
Le sommeil suspend son ennui.
Ce temps m'est précieux, puisqu'il ne peut lui-même
Savoir ce que je fais pour lui.
Mais quoi ! faut-il toujours soupirer et me taire :'
Ses vertus , son respect sincère ,
Ses tourmens et tous mes combats , Pour me justifier ne suffiraient-ils paiS?
Qu'il sorte d'un sommeil où sa douleur mortelle Peut-être encore agite ses esprits , Qu'il sache... O ciel ! quel dessein ai-je pris .'
Non, reprenons mon cours, l'univers me ra|)pelle.
i68 POÉSIES
Quel charme me retient ? Fuyons. Quoi ! je ne puis Ah! fuyons, je sens trop le péril où je suis. Mais , hélas ! qu'ai- je fait ?