‹ Œuvres de Fontenelle (volume 4)Chapitre 72 sur 256 · LES ZÉPHYRS · texte numérisé non relu

LES ZÉPHYRS

Vers l'endroit où du pont de Sève Le dos voûté sur la Seine s'élève, Deux courriers qui venaient de deux endroits divers, Qui tous les deux portaient leur malle Et faisaient diligence égale , Se rencontrèrent dans les airs.

Dans les airs? deux courriers? voici choses nouvelles. C'étaient Zéphyrs , entendez-vous ? Et ce qu'ils portaient sur leurs ailes, C'étaient soupirs échappes aux jaloux.

Regrets impatiens et doux , Vers; cl que sais-je enfin? cent autres bagatelles Qui sont des cœurs amoureux et fidèles, Les grands trésors, ou plutôt les font tous. Vers la charmante Iris l'un volait à Versailles,

igf, POÉSIES

De la part d'un amant renfermé dans Paris ; Et l'autre de la ville allait voir les murailles ,

Vers cet amant dépêché par Iris.

Comme ils se connaissaient : Arrête un peu , mon frère , Dit le Parisien , montre-moi ton paquet. Ah , ciel ! ta charge est bien légère , Et je suis moi , chargé comme un mulet. Le courtisan, d'un air de petit-maître , Répondit au bourgeois: Eh bien! tant pis pour toi ; Car d'ailleurs, quoi qu'il en puisse être , Je serai mieux reçu que toi.

Page 1