‹ Œuvres de Fontenelle (volume 4)Chapitre 82 sur 256 · FABLE · texte numérisé non relu

FABLE

Dans l'âge d'or que Ton nous vante tant ,

' « Le comte d'Angoulême (depuis François l^"" ) devint amou- » reux de la jeune reine ; mais on lui fit apercevoir qu'il courait risque » de se donner un maître. Grignaux fut l'auteur de ce sage conseil, » suivant quelques uns ; d'autres en font honneur à Gouffier , et d'au- » très à Duprat » Abrégé chronni . du Prés. Uénatif , année i'îi4-

Gouflier est le même que Tîoisy. Il avait cte' gouverneur du jeune prince.

Où l'on aimait sans lois et sans contrainte, On croit qu'Amour eut un règne éclatant: C'est une erreur ; il fut si peu content , Qu'à Jupiter il porta cette plainte.

J'ai des sujets, mais ils sont trop soumis , Dit-il, je règne , et je n'ai point de gloire. J'aimerais mieux dompter des ennemis , Je ne veux plus d'empire sans victoire. A ce discours Jupin rêve , et produit L'austère Honneur, cpouvantail des belles, Rival d'Amour, et chef de ses rebelles, Qui peut beaucoup avec un peu de bruit. L'entant mutin le considère en face , De près , de loin, et puis faisant un saut. Père des dieux , dit-il , je te rends grâce, Tu m'as fait là le monstre qu'il me faut.

Page 1