SUR UN CACHET
Quand je mis dans mon écriloire Cette petite tête noire Qui doit me servir de cachet, J'entendis (qui l'aurait pu croire) Qu'elle me parlait clair et net, Comme la tête de la foire.
Regarde-moi de tes deux yeux , Me dit-elle ; je suis esclave , Et j'ai vu le jour en des lieux Plus ardens qu'un miroir concave.
Avec moi , ne crois pas permis De cacheter pour ton Iris Une lettre qui soit écrite D'un style froid ou peu soumis.
Je te le dis , et le répète :
Une lettre sur ce ton là , Tu peux chercher qui la cacheté; Je ne suis pas propre à cela.
Va, lui dis-je, mon pauvre More, Tu ne me connais pas encore ; Mes lettres sont dignes de toi.
Cacheté sans te mettre en peine ; TOM. v. i5
>3o POÉSIES
En cachelant pour ta Climène, Tu pourrais te servir de moi.
PRIiNTEMPS.
Depuis le temps heureux où mon cœur fut blessé ,
Pour la troisième fois , léger amant de Flore ,
Tu reviens dans nos champs d'où l'hyver est chassé.
Et tu me retrouves encore Aux pieds du même objet où tu m'avais laissé.
Je sais que pour Ion inconstance Un spectacle pareil est assez ennuj'^eux. J'en suis fâché; mais si cela t'offense, Ne reviens plus, cher Zéphyr, en ces lieux. Pour moi , tant que mon Ismène Me conservera sa foi , Je me passerai sans peine De ton printemps et de toi.
A Madame DE**",
Qui allait h Versailles.
Quand vous verrez au milieu de Versailles Les courtisans d'un seul homme occupés, Pieinplis de lui jusqu'au fond des entrailles , A chaque instant se }i\Tant des batailles Pour attraper ses regards échappés.
Tout à part vous , souvenez-vous de dire : Je règne aussi , j'ai ma cour que je tiens; Un seul sujet compose mon empire , INlais n'en déplaise au bon roi notre sire , Je ne voudrais le donner pour les siens.
DIVERSES. 23i