SECTION VI
Du Tourbillon dans un Tourbillon.
77. Je suppose qu'un tourbillon de la même nature que notre tourbillon solaire , mais moindre , soit placé dans ce grand tourbillon j et pour soulager l'imagination qui pourrait être effrayée d'un fluide qui ne se mêlerait ni ne se confondrait avec un
• autre fluide plus grand et plus fort, je feins que le petit est enfermé dans une enveloppe quelconque , contre laquelle il exerce sa force particulière centrifuge ou expansiye , qu'il a en tout sens. On voit que ce cas est fort différent de celui des articles 57, 58, etc.
Je conçois de plus que , dans quelque endroit du grand tourbillon oiz soit le petit , il .a toujours , comme le corps solide de l'article 68 , deux diamètres , le premier et le second , qui se coupent à angles droits , et les mêmes quatre points déterminés,
. occident , orient , nord et sud. Le baut et le bas se prendront toujours par rapport au centre du grand tourbillon , qui en est le lieu le plus bas 5 et par conséquent l'hcmispbère du petit tourbillon , dont le point nord est le point du milieu , sera l'hémisphère supérieur de ce tourbillon , et l'autre V inférieur,
78. Le petit tourbillon posé dans le grand , n'est pas absolu- .ment sans force , conune était le corps solide de la section pré- .cédeute ; il a nécessairement sa force centrifuge ou expansive , puisqu'il est tourbillon. Le grand a pareillement la sienne; et ce
•ont àemx farces de tti^e espèce « qui peaTent » om s'cccoider , oa se combattre. En quelque endroit da grand tonrhiUaa q«e le petit soit posé, l'këmisphère supérienr de ce dernier emerce si force espansive de bas en hant, selon ce qui a été dit dans l'article précédent , et le grand touibiUon exerce aussi la sâeone selon la même direction. Les deux forces ne se combattent donc pat là ; elles s'uniraient plutôt. Mais rhémisplière inférieur du petit tourbillon exerce sa force espansÎTe de baut en bas , et le grand exerce toujours la sienne selon sa même direction de bas en bauL C'est là uniquement que les deux forces sont antagonistes. Si oeOe du petit tourbillon est la plus grande , les couches dn grand , qui sont au-dessus de lui , lui cèdent, et il descend ; si c'est le contraire y il monte.
79. 11 ne sera pas tout-4-fait hors de propos de remarquer id qu'il peut donc y avoir dans la nature une pesanteur entièrement fondée sur les mêmes principes que celle qui nous est si comme sous ce nom, et qui fasse monter les corps comme l'antre ks fait descendre , tant il& sont indifférens d'eux-mêmes à l'un on à l'autre mouvement.
80. La force du petit tourbillon contre le grand , est toujours égale , puisque c'est toujours la force expansive de tout son hémisphère inférieur , soit qu'il monte , soit qu'il descende. Mais dans Tnn et l'autre cas la force antagoniste dn grand tourbillon varie; car il j a toujours un plus grand ou un plus petit nombre de ses couches qui agissent.
81. Il n'est guère possible que , dans la ^aste étendue dn tonrbillon solaire , il n'y ait quelque endroit où un certain nombre de ses couches prises depuis le centre , aient une force expansive égale à celle de l'hémisphère inférieur du petit tourbillon. Quand il arrivera là, soit en montant, soit en descendant, â s'arrêtera , non pas dans le moment , mais parce qu'en montant ou en descendant il aura acquis de la vitesse ; il fora ^eiqoes oscillationê^ c'est-à-dire , qu'il ira au-delà du point de l'équilibre, en reviendra, etc. , jusqu'à ce qu^au bout de quelque temps il s'arrête parfaitement à ce point.
82. Je ne prétends pas que les choses se soient passées piécisément de cette manière. Il j a infiniment plus d'apparence que , àt9 le premier temps de la création , tout a été mis dans les équilibres nécessaires pour la durée des grands mouvenaens qui s'allaient exécuter. L'univers est un ouvrage de l'art , mais de l'art d'un Dieu.
83. II n'est pas à craindre que le petit tourbillon , arrêté dans le grand , vienne à se confondre avec lui , ou à en être absorbé. Ce n'est point l'enveloppe supposée dans l'article 77 , qui j met
obstadf ; c'est 'qae le grand et le petit toor^Hea ont àtê forces égales précisément dans le seul endroit par où ils peuTevI s'attarquer. L'eweloppe était purement imaginaire , et il la faut re* jeter. Nous savons déjà , par une longue expérience , que les équilibres qui entrent dans la constitution de l'univers, sont d'une grande durée.
84* On peut imaginer aussi , si Ton veut , que les deux fluides sont analogues à l'eau et à l'huile , et immUeihieê comme f^s deux liqueurs. Il est certain que la matière éthérée du grand tourbillon est toute de la mAme nature (36) : il serait fort possible que celle du petit fût tout entière aussi d'une autre nature, qui la rendrait immiscible avec celle du grand. 11 semble mémo qu'il peut j avoir une infinité de fluides, qui, pris deux à deux* soient immiscibles , et cela encore k différens degrés.
85. Le petit tourbillon arrêté dans le grand par cet équilibre qu'il j a rencontré , peut encore n'être pas arrêté exactement t il ne changera pas de couche , l'équilibre ne le permet pas ; mais 'il changera de cercle dans cette même couche , et voici pourquoi. Il faut se rappeler ici entièrement l'article 5o. Si le centre du petit tourbillon était posé dans la couche du grand , qui passe par ce que nous avons nommé ses pAles , il est clair que la surface supérieure du petit tourbillon serait couverte d'arcs de cercles , qui tous , & compter depuis les p61es jusqu'à leur équateur , auront toujours des directions plus parfaites d'occident en orient; ce qui est le mouvement général du grand tourbillon. L'impulsion que recevra le petit d'occident en orient, sera donc inégale , quant à la perfection des diflerentes directions ; et comme il en résultera une moyenne , qui sera certainement plus parfaite que la première qu'il a eue , il sera donc poussé vers l'équateur de la même couche oh il était ; et il y arrivera , si rien ne l'en empêche.
86. Il pourrait même , sans obstacle étranger , n'arriver pas jtisqnes->là; car, comme c'est l'inégalité de la perfection des directions qui fait l'effet dont il s'agit ici , et que cette inégalité va toujours en diminuant depuis les pôles , elle peut être devenue si petite un peu en deçà de l'équateur , qu'elle ne sera plus capable de cet efki , surtout si le tourbillon n'est pas assez grand pour recevoir deux impressions suffisamment inégales.
87. Yoilà donc le petit tourbillon placé dans une certaine couche du grand , et dans un certain lieu de cette couche, d'oh il ne peut plus sortir , et il ne peut plus qu'être emporté par cette couche , qui circule d'occident en orient. Mais pourvu qu'il soit d'une grandeur suffisante , ce qui apparemment ne manque jamais , il aura nécessairement les deux extrémités de son dia-
mette, qae nous appel<m8 le second, placées ââm denx ceudies différentes en forces impulsives , et il sera précisément dans le cas du globe solide de l'article 68 : donc , il aura une rotation en même temps qu'il circulera.
88. Nous n'avons peint encore considéré l'intérieur du petit tourbillon; mais puisqu'il est tourbillon, il a par lui-même une circulation générale , selon une direction quelconque qui lui est propre. Si la rotation qu'il reçoit du grand , et qui ne peut être que d'occident en orient , est trë»-forte , et si sa circulation particulière était d'orient en occident , et assez forte aussi , il serait impossible que la rotation extérieure et la circulatioa intérieure ne s'altérassent mutuellement. On voit assez l'infinité de cas moyens qui naîtraient de la combinaison de ces prin* cipes : mais dans ceux même oii la rotation et la circulation se» raient fort différentes , un autre principe empêcherait que cda ne pût subsister long-temps. C'est l'extrême différence qu'il y aurait toujours entre la masse du petit tourbillon et la masse du grand , conspirante toute entière à donner au petit , josques dans son intérieur , la direction d'occident en orient. Le petit tourbillon de Jupiter est le seul auquel nous puissions appliquer cette considération. Qu'on en prenne le demi-diamètre , en k poussant même au-delà du quatrième satellite , et qu'on le compare au demi-diamètre du tourbillon solaire , qui est au moins de trois cent millions de lieues , et l'on verra quelle sera l'énorme différence des cercles , ou des sphères formées sur ces deux demidiamètres. Aussi la rotation et la circulation du tourbillon de Jupiter ont-elles à très-peu près la même direction que le tourbillon solaire.
89. En ce cas-là même oii le grand tourbillon changerait entièrement la direction propre et originaire du petit , ce changement ne porterait que sur cette direction , et non sur la vitesse de la circulation du petit, si ce n'est que dans le temps oii le changement s'opérerait , il arriverait quelque légère perte de vitesse aux deux tourbillons ; mais cela fait , le petit pourrait conserver une vitesse de circulation intérieure , fort différente de celle du grand. Il suffira que sa force expansive totale soit égale à celle d'un volume égal de matière éthérée dans l'endroit du grand tourbillon oii il sera placé. Tous les mouvemens les pins violens qu'on puisse faire dans un vaisseau , et les plus opposés à la route , n'y nuisent point. ^
90. Rien n'empêche que le petit tourbillon ne porte à son centre- un globe solide qui y sera immobile , comme nous avons toujours supposé jusqu'à présent que l'était le soleil au centre de .nptre tourbillon. Seulenient il faut considérer que ce globe solide,
qui ne contribite rien k la force expansÎTe du lonrbillon , et tient U pUce d'une matière ëthérée ijui j eût contribue , aflfai-*> blit donc le tourbillon à cet égard ,. et d'autant plus qu'il est gros , et par conséquent qu'il faut que ce petit tourbillon en ait d'autant plus de matière éthérée, ou soit plus grand.
91 . Rien n'empêche non plus que le petit tourbillon n'ait partout ailleurs qu'à son centre un globe solide } et il donnera à ce globe son mouvement de circulation. Le petit tourbillon est parfaitement y à cet égard , de la même condition que le grand. C'est ainsi que la lune , renfermée dans le tourbillon de la terre , circule autour d'elle. La lune est appelée aaiellite de la terre.
93. Un petit tourbillon peut même avoir plusieurs satellites qui cfrculent autour du globe central , ou de la planète principale. Le tourbillon de Jupiter en a quatre , et celui de Saturne cinq.
93. C'est par les satellites que l'on juge sûrement que les planètes qui en ont , ont aussi un tourbillon particulier : un seul satellite suffira pour cette preuve ; mais pour savoir si les satellites suivent dans leur circulation autour dé leurs planètes principales les mêmes lois que les planètes principales dans leur circulation autour du soleil , dont elles sont véritablement satellites 9 il en faut plus d'un. Ainsi , il n'j a que ceux de Jupiter et de Saturne qui puissent servir à cette recherche. Or , il est sur , par les observations , que , dans l'un et l'autre tourbillon , les satellites suivent la règle de Kepler. Donc (36) , dans chacun de ces deux tourbillons la matière éthérée y est , ou absolument homogène , ou de la même hétérogénéité.
94. Il n'est pas nécessaire pour cela qu'elle soit , ou la même que la matière du grand tourbillon , ou de la même hétérogénéité , et encore moins qu'elle soit la même dans les deux petits tourbillons .
95. Mercure , Vénus et Mars n'ont point de satellites ; mais ce n'est pas une preuve que ces planètes n'aient pas de tourbillon. Il est évident que les satellites ne sont nullement nécessaires pour en constituer un , mais seulement pour nous marquer qu'il y en a un. ^i ces planètes manquaient de satellites , elles seraient absolument dans le cas du globe solide de l'article 67 , et pourraient venir à se trouver dans celui de l'article 66, c'est-à-dire qu'elles n'auraient point de tourbillon : maïs il est plus apparent et plus conforme à Tanalogie générale ^ qu'elles n'en soient pas dépourvues.
96. La même raison aura lieu pour les satellites des planètes.'
97. Si la terre avait un second satellite, il y a toute apparence que les révolutions des. deux garderaient entre elles la-
5y(^ THÉORIE
règle ^ Xitpfer , puûqac cellet dat sAtelIiteft 4é Jouter et Ai Saturne la gardent exacitmeat.
SECTION VIL Détails plus particuliers du Tourhillon Solaire.
g8. Voici les rapports des distances des six planètes a« soleil :
Mercure » • • 5.
Vénus , 8.
La Terre , ....••..•.. »• • ii .
Mars , ..• ••••.....••.• ••••• i8«
Jupiter, •• •• ^55.
Saturne , i lo.
Pour changer tout cela en grandeur absolue , il n'y a 4|tt*à savoir que la terre est k 3o nûUions de lieues du soktl , son demi-diamëtre étant de iSoo.
Sur ce pied , Mercure est à l3 nullions de lieuee du soleil , cl Saturne k 3oo millions.
99. C'est le centre de Saturne qui est éloigné k cette diataaoe de celui du soleil , mais le tourbillon de Saturne a ne oc w airement encore de plus la distance du cinquième satellite au centre de Saturne, qui est de 900,000 lieues, et peut-être ce petit tourbillon ne finit-*il pas là.
100. Mais il est presque certain que le grand toarbilkm solaire n'y finit pas ; car il £aut qu'il enyeloppe totalement le petit de Saturne , et asset avantageusement pour lui conuniini-» quer tout le mouvement nécessaire. Voilà donc un eepace immense occupé seulement par six planètes principales.
loi. Quoiqu'elles aient toutes des tourbillons (95), îl a*y a nulle apparence que ces tourbillons occupent tout ce grand espace , c'est--4-<dire que , rangés en ligne droite , ils se Inuchassent les uns les autres. Il faudrait qu'ils fussent monstmena en grandeur , qu'ils débordassent infinimeut leurs satellites , quand ils en auraient; et enfin , cela ne servirait qu'à pre* duire quelqi^efois des frottemens nuisibles au grand équÂJl»rr général.
loa. Les six planètes, à compter du soleil, ne sent point rangées selon l'ordre de leurs grandeurs. Il est bien vrai que Mercure , la plus petite de toutes , et de beaucoup , est la plus proche du soleil , et que Jupiter et Saturne , les plus grsLndes de beaucoup , sont les plus éloignées. Mais Jupiter est ua peu plus grand que Saturne ; et Vénus et la terre , qui sont égaïcs , sont moins éloignées que Mars | qui est plus petit qu'elles.
DES TOUieiBILLONS. 591
I o9. Lu ntMset des tix pUuihlcs ^at «n rako* renynvë* des racines cames de leurs distaocts aa soleil , les iwici en nom« bres rationels apprachés :
Mercnre , •....•...•• lo-H
La Terre , 4 4-
Mars , 3 -h
Jnpiter y.« •• •- ••••••• 3 -^
Satame , • 24*
io4< La plus petite distance d'une pftaoëte an soleil , est (98) à la plus grande : : 5. 1 10 : x i. 22, et la plus petite vitesse d'nne planète est ici à la plus grande : : 3. 10 : : 1 . 5 ; ce qui marque qu'il règne dans tout le tourbillon nn grand calme général.
io5. Cependant les vitesses absolues , dont on n'a vu encore q[iie les^ rapports , sont prodigieuses. Voici les espaces que pai^ courent nos planètes , par leur circulation , en une seconde :
Mercure, 9 Ueuet.
Vénus, 7 ik
La Terre, 6
Mars,. 4î
Jnpiter , • 2 ^
Saturne , • i f
Le vent le plus violent que nous connaissions , fait 10 toises en i". Or, 10 toises sont à une lieue qui en contient 2270, :: i. 227. Donc une planète qui ferait iine lieue en 1", aurait 227 fois plus de vitesse que ce vent , et celle qui en fait 9 en a 2o43 fois davantage ; ce qui n'est presque pas imaginable pour nous , qui ne jugeons que par des expériences très-bornées. Mais il est toujours vrai que la plus grande vitesse absolue ne peut jamais nuire au grand calme du tourbillon , pourvu qu'elle soit assea uniformément répandue dans ses différentes parties , comme il arrive précisément ici.
106. Ou peut remarquer , en passant, que la vitesse de la circulation de Saturne étant ici de i f de lieue , ou de f , elle est k celle de Mercure : : j. ^ : ; i . 5 , exactement comme elle avait été troayée par une voie diffii^ente dans l'article 104.
107. 11 ne nous reste plus qu'à considérer les rotations des planètes. On n'en connaît encore aucune aux deux extrémités , Mercnre et Saturne. Yoîci les espaces que parcourent les quatre antres en t".
Vénus , -^ de Usât.
La Terre,
Mars, • -^
Jupiter,. •••..••< 2 1
Sga THÉORIE
Oa voit d'abord ici deux rotations égales » ensuite une mot*' dre , et enfin une trës-grande par rapport à elles toutes..
1 08. Mais si on compare aux rotations les circulations cor-respondantes dans les mêmes planètes , les articles 73 , 74 9 7^ seront bien confirmés. Il sera bon de s'arrêter un peu ici à Jupiter , dont la circulation et la rotation ont quelque chose de singulier.
109. La rotation de Jupiter , qui est 2 7 ou { est à celle de la terre qui est -^^ :: -f^. -^ : : oS. i. Donc, sa vitesse de rotftliaa est 25 fois plus grende que cale de la terre.
On aurait trouvé la même chose par le simple raisonnement. Le diamètre de Jupiter est un peu plus de dix fois plus g^rand que celui de la terre. S'il faisait sa rotation en 10 jours , ^le serait presque de la même vitesse que celle de la terre : au lieu de cela , il la fait en moins de 10 heures , plus de 24 fpû plus vite.
110. Cependant à cette rotation si prompte , repond une circulation qui est 2 ^ , la plus lente de toutes , excepté celle de Saturne ; ' et même 2 | et 27 étant : : 36. 35 , il s'en faut trèspeu que ces deux grandeurs ne soient égales , au lieu que partout ailleurs la circulation a un avantage extrême sur la rotation.
111. Cela vient d'abord de ce que le diamètre de Jupiter, singulièrement grand , du ilioins par rapport à ceux de toutes les planètes inférieures , donne lieu à une plus grande inégalité de forces impulsives , selon l'article 68. Mais il est vrai aussi que , dans la position ou est Jupiter , cinq fois plus éloigné que la terre du centre du tourbillon , les vitesses doivent être fort diminuées , et en même temps leur inégalité quelconque. On ne sait pas ce qui en est pour le sujet présent ; mais , en tout cas , voici un paradoxe qui réparera tout; c'est que si les vitesses ou leurs inégalités étaient trop faibles , ou n'étaient point k compter , les forces impulsives qui causent la rotation , y gagneraient ; car on verra, par leur formation (68), qu'au lieu
d'être R^ et r^ , elles deviendraient R* et r^ , et par conséquent plus grandes qu'elles n'étaient. Ce seraient deux grands fleuves, mais l'un plus profond que l'autre , qui couleraient de la même vitesse le long des deux cotés d'un grand bâtiment ; certaÎBe-' ment il serait plus attaqué et plus endommagé par le fleuve le . plus profond.
112. Le peu de différence de la circulation et de la rotation de Jupiter , conduit à croire que ces deux grandeurs pourraient quelque part se trouver parfaitement ég^les^ Ainsi quand , pour
eiplifoer ponrqmn U loae présente tonjonn la même fece à U terre, on a suppoié m rotation égale à ia circalationy on n'a fait qu'une hypothèse très-admissible.
II 3. Il estyrai aussi que la lune pourrait n'avoir point de rotation. Son diamètre , qui n'est que le .quart de celui de la terre, est asses petit.
1 14- Le plan du grand cercle on de l'orbite , dans laquelle une planète fait sa circulation autour du centre du tourbillon solaire , est son plan de circulation , et la perpendiculaire, tirée de ce centre sur le plan de l'orbite de la planèta , est son axt de circulation. Le plan du plus grand cercle que décrive la surface de la planète Jans sa rotation , ou , ce qui est le même , le plan de son équateur, est son plan de rotation; et la perpendiculaire tirée du centre de la planète sur ce plan , et qui ne peut être que la droite qui joint les deux p61es de l'équateur , est l'axe de rotation. Dans l'hypothèse du tourbillon parfaitement sphérique^ les deux plans et les deux axes de circulation et de rotation , ne doivent pas être diiférens : on ne yoit aucun principe qui les se* pare } et les deux mouvemens , qui ne sont alors que le même autant qu'il est possible , s'en exécuteront plus facilement. Jupiter est à peu près dans ce cas : son axe de rotation est presque perpendiculaire à son orbite ;* mais , d'un autre côté , celui de la terre est incliné de a3 x degrés à l'écliptique. Cela demande de nouyelles recherches.
SECTION VIIL Du Tourbillon tnvironné par JC autres Tourbillons*
1 15. Il n'y a dans tout notre tourbillon que le soleil , centre de ce tourbillon , qui ait la lumière par lui-même : celle de toutes les planètes vient certainement de lui. Nous voyons de tous côtés autour de nous un très-grand nombre d'étoiles , qu'on appelle fixes , lumineuses aussi par elles-mêmes ; et les Cartésiens croient avec beaucoup d'apparence , que ces étoiles sont des soleils , centres d'autant de tourbillons dont le nôtre est environné. Nous ne considérons ici que ceux dont il l'est immédiatement , inégaux entre eux tous selon toutes les apparences.
Ces tourbillons , semblables au nôtre , ont chacun leur force expansive en tout sens de leur centre à leur circonférence ; et par conséquent , en touchant notre tourbillon , ils ne peuvent manquer d'y trouver une tendance directement contraire à la leur. 11 tend à s'étendre , et ils tendent tous à le comprimer.
J'ai dit en touchant notre tourbillon , car étant rond il ne peut pas être touché dans tous %e% points par d'autres corps de I. 38
S9( THtOKIE
même figura. ÇyMtlqaeàititeaoe en graaieiir ^aa les «opposât, il rsstcra «éeessaîrsineat de» vide» ifu la matièrt éthérée rem* plira , grands ou petits.
I t6. Il «st presqac absolnassnt imposable , posr ne paa dire absolument,, que k» tourbillons enviroonaas teadeiit toM^, «rec des forces précisément égales ,. k comprimer le nôtre y sans qaoi il ne peut dttmenrer exactement spiiénqne, tel que nous TacrDiis êvj^poié jusqu'ici , quoiqu'il ne le soit pas. Nous allona donc rentrer dans le vrai , et admettre le» forces comprimante» in^alcs^
ri^. P^r éviter la confnsion , je cooçoi», tamupae dans Farticle 66 , le tourbiHom solaire' sphérkpie divisé en quatre partio égales par les dcna diamètres ect et ouest , et nord et sad ^ »« JS O e% N^^ Le centre du tourbillon sera C Les pressions da tourbillon envirouBant , qui se feront de E vers C, seront directement opposms à celles de O c» C , et de même colle» de N en C à celle» da iS en C Je suppose qae les inégalité» de toutes les antres pression» coltatérates , étant comparées et combinées ensemble , se rédaiscntli ces quatre principales. Cela posé , il est aisé de voir ce qui pourra arriver.
Si le» deux pressions de J& vers C et dis O en C étant ^ales entre elles ^ sont nsoin» fortes que les- deux pressions de iWen C. et de S en» C , égales aussi , le tourbillon ne peat plus demeurer sphénfHO} soB diamètre N 03 deviendra pins petit que le diamètre E C O. Si on avait supposé le contraire , ee na serait qa» la même chose renversée*
11 8. On peut imaginer que, dans ces deux cas-là, le tourbillon devient eNiptique , puisqu'il a ses deux diamètres on axes inégaux.
1 19. Le soleil qui était au centre de la sphère, est encore sa centre de Tellipsoïde ; car , selon la supposition , il n'a été ponsK inégalement d'aucun cdté, et par conséquent il n'a pn être d^scé.
lao. Mais si les deux pressions opposées d'un même axe, à celle de JV en C, par exemple , et celle êe S en C avaient été inégales*, il aurait été poussé hors du centre par la pins forte, touî.ours sur le même axe , et aussi îoin qu'il aurait été pouaMe.
Ce petit nombre de cas trè»-simplé suffirait pour faire entre* voir , du moins en gros , mais sûrement , nnKnité de caanaoje» qui en peuvent résulter.
121. Ce qui marque encore bien que le soleil n'est pas as cenU'e du tourbillon , c'est qu'il a une rotation bien consfatée par ses taches. Il tourne sur son axe en a5 | jours : cet axe est cent fois plus grand que celui de la rotation de la terre ; et psr conséquent le soleil fait en un jour un pen moins de 96,ooo Keaes. tandis que la terre n'en fait que g,ooo. B est visible qiae cela
vîettt dt Vettrètne grutàtmt du dltadiètrc iu 8oi«îl , et dt l'eitriBi» vitesse qoi règne dans l'endroit où il est pUctf .
laii. Supposé qu'il n'y eût point eu de soleil, et que tout l'espace central égal à son globe n'eAt été rempli ^ue de matière éthérée , cette matière eàt eu une circulation comme celle de tout le reste ; et on trouyera que sa coucke la plus élevée eût fait y selon la règle de Kepler , sa etrcolation en deux heures 41'. Si le centre du soleil est jeté par les tourbillons environnans bors da centre de eet espace central , et jusqu'à la couche la plus élevée, le soleil aura une circulation de deux heures 4 1'* Mais une circulation ti courte serait nulle pour nous. 11 serait impos-> sible de s'apercevoir que le soleil , revenu à la même place an bout de deux heures 4 t'y en eût changé pendant cet intefvalle de temps , san» compter qu'il n'y aurait auctm centre visible auquel on pût rapporter cette circulation. On ne s'est aperçu que depuis peu de la rotation du soleil , dont la durée est pins de deux cents fois pins longue.
ta3. Nous pottvons donc raisonnablement croire que le soleil fait quelque petite circulation , mais si petite 1 qu'on peut le stipposer immobile à cet égard. C'est sur ce feAdement que les Copemiciens établissent leurs calculs astronomiques qui pro* cèdent fort bien* Le tourbillon est certainement elliptique (i 16), et ils mettent le soleil , non au centre , comme il serait dans un cercle , mais à un des deux foyers de l'ellipse. Il y a une infinité de di£Eerentts espèces d'ellipses : mais on prend l'ellipse ordinarre qui se règle par le simple rapport des deux axes; ce qui n'a pat empêché l'un des plui grandi astronomes qui aient jamais été , Caasini y de proposer une ellipse d'une espèce pins composée , qui pouvait rendre les calculs plue exacts ou plus faciles , ta^il reste encore d'incertitude sur ce sujet. Pour nofis , il nous suffira de nwttra le soleil dans un foyer d'une ellipse ordinaire , qui «era celle de tout notre tourbillon , mais sans savoir quel sera le rapport des deux axes de cette ellipse.
1 24. Peut-être croira*t*on d'abord que cette ellipse générale du tourbillon tiendrait k se manifester par les orbites des pla* nètes j qu'elle déterminerait k être de la même espèee qu'elles Aiait il s'en faut bien , dans le fait , que cela soit ainsi.
La plus grande et la moindre distance de Merotre au soleil , sont entre elles k peu près comme 20 et t3; d'oii il suit que son orlnte est fort différente d'un cercle , et fon elliptique. Au contraii^ y dans forbîte do Vénus ceë deux distances sont k peu près conmie 126 et 124*; ce qui fait le cercle presque parfait. Aussi les orbites de Mercure et de Yénné sont-elles , à cet égard , les deux
Ltrêmes ; et entre elles 6ont celles de Mars , de Saturne , de
Jupiter » de U terre , aiast raogëèft selon l'ordre de leur dlipti* cité décroissante. On entend bien que Tellipticité générale da tourbillon solaire yient de la compression inégale des tourbillons environnans , et qu'il suffit , pour cet effet , que cette compression soit une simple tendance y dont il ne s'ensuivrait aacnme action , aucun mouvement ; mais il n'en va pas de m^me des ellipticités différentes des planètes ; et il faut aUer plus loin pour en entrevoir la cause. *
laS. Il faut se représenter les tourbillons envi^nnans en nombre indéfini , grands et petits , ronds, ou à peu près ; et à cause de cette figure et du plein , leurs interstices doivent être remplis de matière éthérée, qni apparemment j sera moins agitée que si elle avait son mouvement entièrement libre dans un seul tourbillon , comme le nôtre. €e grand amas de toar* billons , et le nôtre y est compris , ont chacun leur force ezpansive particulière , différente , si l'on veut , de celle de tout antre^ ils tendent tous à s'agrandir ^ et s'en empêchent tons réciproquement , du moins pendant quelque temps; mais il serait presque impossible que , dans un très-grand nombre de combats particuliers 9 l'équilibre parfait ne fût k la fin rompu en quelque en-» droit. Un tourbillon quelconque se sera étendu , en absorbant quelque portion de cette matière éthérée des interstices nàoîns agitée } et dès lors le voilà devenu plus fort que tel antre tourbillon voisin y qui auparavant ne lui cédai t pas; mais dans le m^e temps le tourbillon voisin , moins gêné par une moindre quantité de matière des interstices , peut en pomper assex pour devenir égal à l'autre , et l'équilibre est rétabli.
126. Il suit de là que la matière éthérée des interstices des to^billons peut n'être pas oisive et inutile au tout.
127. 11 y a un second cas. Un tourbillon qui en touche un autre , ne peut tendre à s'agrandir , sans tendre en même temps à jeter de sa matière propre dans ce voisin ; et si cette tendance se réduit en acte , le plus fort s'affaiblit donc , et le plus faible se fortifie d'autant ; et l'équilibre qui avait été rompu , se retrouve par la cause même qui l'avait rompu , tant la aatnre f été attentive et ingénieuse à le conserver.
128. On peut donc imaginer que l'onivers , autant qu'il nous est connu , est un amas de grands ballons , de grands ressorts bandés les uns contre les autres , qui s'enflent et se désenflent , et ont une espèce de respiration et d'eipiration successÎTes , analogues à celles des animaux ; ce qui fera la vie de ce grand corps immense.
Il se pourrait même que ce que nous appelons ici la verta élastique des corps , que nous observons fort en petit , fût quel-
DES TOURBILLONS. Sgf
que cbose ^e tout pareil ; mais ce n'est pas le temps d'en parler. 12g. Le plein ne permet pas que les tourbillons s'enflent tous, ou se désenflent tous en même temps ; il faut nécessairement que les uns s'enflent , tandis que les autres se désenflent , et cela avec tonte la précision possible 5 mais on voit bien que c'est le plein même qui la cause. De plus , il se peut fort bien qu'un même tourbillon s*enfle d'un côté , et se désenfle du côté opposé : le tourbillon qui le touche à l'est , sera plus fort que lui } et celui quf le touche à l'ouest , plus faible.
iSo. Dans les petites machines des animaux, l'Inspiration ne dure qu'uu temps fort court, et Teicpîration un autre temps égal. Mais il ne serait nullement impossible qu'il y eût un animal dont l'inspiration et l'eipiration durassent chacune un quartd'heure , une demi-heure , etc. Cela n'a point de bornes , et il semble qu'il ne faudrait qu'augmenter à proportion les organes et la machine de l'animal. Du moins est-il certain que , quand notre tourbillon serait terminé à Saturne , ce qui pourrait bien n'être pas , un espace de trois cent millions de lieues ne sera pas traversé en peu de temps : il en faudra d'autant plus , que ces jets de matières étrangères dans notre tourbillon , n'y peuvent .pénétrer , sans combattre et sans surmonter un mouvement très-rapide de sa matière propre.
1 3i . Cela même pourrait faire naître quelque difficulté ; mais on y répondrait suffisamment par l'exemple des grosses rivières <|ui pénètrent dans la mer , lors même que son mouvement est le plus contraire au leur , et qui 7 forment des courans bien sensibles et bien marqués dans l'étendue de quelques lieues.
i32. On ne peut imaginer ces jets de matière étrangère , que comme étant d'un assez gros volume , et du moins dans la pf oportion des courans des riyières à la mer oii ils entrent. Mais nous ne proposons jusqu'à présent que de simples conjectures sur la communication des tourbillons étrangers avec le nôtre ) et il faut attendre la connaissance de quelques faits bien constatés, pour arriver à quelque chose de moins vague et de plus déter^ xniné. Qu^il nous soit permis cependant de suivre notre hypothèse }usqu*oii elle peut aller , et de voir quel est son degré de vraisemblance*.
i33. Le tourbillon solaire reçoit , non de toutes^ parts , mait de plusieurs endroits de sa circonférence , des jets de matière étrangère , qui ont des directions difierentes , et souvent opposées , ou , à peu près , prises deux à deux. Lui-même il en peut rendre aux tourbiHons environnans , différens de ceux dont il en reçoit ; et au lieu que les premiers jeu avaient leur direction de •a circonférence à son centre , ces seconds auront la leur da
centre à ]a circonférence. Ces courani , qui ne doivent faire qn*at petit volume par rapport an volume total An tourbillon, sont séparés les uns des autres par d'asses grands interv^les pis peuvent avoir des vitesses différentes jusqu'à un certain point Maotenant , que Ton conçoive les couches qui portent nos six pfaDCtes , et qui , dans un milieu parfaitement uniforme , anniesten un cours parfaitement circulaire ; peuvent^Ues l'avoir cacort dans un milieu inégal et mêlé, tel que nous venons de le repsenter ? Pourraient-elles même conserver leur figune iplkériqtf sans altération , surtout quand olies seraient attaquées par do courans differens de la manière exposée dans les articles 117 (t lao ? Voilà le principe général des différentes ellipticités des planètes, promis dans l'article 104* Il est aisé de voir en groc , <i'iu seul coup d'oeil , qu'il en doit naître un prodigieux nombre d< variétés possibles. C'en sera une , et peut-^tre la pins tiaftlière de toutes , que l'ellipse ou orbite de Vénus seule restée cercle presque parfait ( i34]-
1 34* On sait par observation à qvek lieux du firmamest rtpondent dans les orbites planétaires les aphélies , oa plusgrasdes distances de chaque planète au soleil. Ceux de Mercure, de Vénus et de Saturne sont dans le sagittaire; celai de Man dans la vierge y de la Terre dans le capricorne , de Jupiter da» la balance. Ainsi , tous les aphélies sont compris daai U réfio» du ciel i qui s'étend depuis la vierge jusqu'au capricorne f et il n'y en a point hors de ces cinq signes , c'est«-à-dire , que les jetsoa courans ont plus de force dans toute cette grande partie du aei que d«ins l'autre presque égale , puisqu'il y en a une corrripoodante 011 les ellipses planétaires sont le plus ellipses par rapport au soleil. Cela est assez conforme à l'hypothèse des jeU.
i35. Les aphélies sont 6xes , ce qui marque qu'il y a partout des équilibres établis , du moins pour de longues durées.
1 36. Il n'est pas impossible , et peut-être estait nécessaire poar l'espèco de vie qu'a l'univers , que ces équilibres finissent , taotôt dans un endroit » tantôt dans l'autre. Un tourbillon qui , f^^^ plusieurs siècles , aura jeté dans les tourbillons voisins et reçad eoi une égale quUBtité de matière « viendra enfin , par qnelqut caitfc que ce soit , à en jeter plus qu'il n'en recevra , et à se vider p« à peu- Alers il ne pourra plus se soutenir comme 1m ^^* et le corps solide ou soleil qu'il avait à son centre , et qni cer* tajnenient sera demeuré le dernier en sa place 1 en sera cbaitei étira errant par les interstices des tourbillons » 011 il ne troov^ra presque aucune résistance. Ce sera là une comète; et lo> pourrait suivre cette idée , êi l'on voulait , et la rendre asseï vr»aemblable ; maia je doute que l'on saclie encçre mn l*^^
DES rOURBILLONS. $99
Ats cometas ; du boloôim , pour noi , je mm dans le cas de ne , l'avoir pas aises étudiée. Je ne puis oependast m'empécher àe dire que 9 quand on fait décrive au comètes des ellipses infinies on presque infinies , dont notre soleil est un des fisyen y il me semble qne c'est là un reste du système de Ptolomée , bien naturel k Ja Terilé , oti Ton se fait le centre de tout. Il n' j a point de mourement céleste qui ne puisse être rapporté par nons à tel point du ciel qu'il nous plaira : mais afin qu'il s'j rapporte naturellement, il faut du moins que ce point «oit dans le plan d'une couche décrite autour de lui par le. corps ma. Or, on ne peut sayoir qu'une courbe soit circulaire , ou au moins rentrante , si l'on n'a tu le même corps y rerenir ; mais on n'est pas encore sûr d'afoir vu deui fois la même comète. Maintenant que l'on observe , et en plus de lieux , et mieux que yaraa» , oà conamencê à croire qu'il y a des c^miètes tous les cinq ans et demi : en voilà beaucoup ; et plus il y en aura , moins il y aura d'apparent qu'elles décrivent toutes des courbes autour du soleil , et plus il aéra difficile de reconnaitre celles qui seraient les mêmes. Ne précipitons rien , s'il se peuL .
187. Il y a un fait bien constaté en astrouomie , dont la cause, telle quf nous l'imaginons , en conséquence de tout ce qui a été dit , serait l'émission des jets.
Àncîenneneusnt on croyait les étoiles fixes , abs<^oment ; et on y était asses bien fondé : mais on s^'est aperçu , il y a envtroa deux mille ans , qu'elles ont un mouvement , non pas mouvement qui les fasse changer de place entre elles , mais qui les fait aller toutes ensemble d'occidçnt en orient , toujours parallèlement à l'écliptjque ou orbite de la terre ; de sorte qne l'étoile de la constellation d'Aries , qui était autrefois à l'intersection de l'écliptique et de notre éqnateur , n'y est plus , mais s'est avancée vers l'orient, sans sortir du cercle de l'écliptique, et ainsi de toutes les autres étoiles du firmament« Cela est asses connu.
i38. Si l'on conçoit que les plans de la circulation et de la rotation de la terre , qui naturellement ne doivent être que le même (i 14)9 viennent à se détacher l'un de l'autre , et par con«* aéquent aussi leurs axes , il n'importe encore comment. Si « de plua , on conçoit que l'axe de l'équateur se meuve et décrive uU cercle autour de l'axe de l'écliptique immobile , il est certaiu que le mouvement des fixes sera vu de la terre , tel qu'il a été repré-* sente dans l'article précédent ^ il sera toujours parallèle à l'éclip* tique 'j les fixes ne conserveront point les mêmes distances à l'égard de l'équateur , etc. Il ne faut qu'un peu d'attention pour s'en convaincre.
i3g. Mais quelle s^ra la cause qui séparera les deux axes? Un
6oo THÉORIE
jet de matîërâ étrangère qui viendra frapper la terre par le p61é commun à la circulation et à la rotation ; et certainement il doit produire quelque effet Comme le mouvement i^Mirent des û%ts dure déjà depuis aooo ans y qu'il a peut-être conunencé longtemps avant que d'être observé , et qu'on ne sait quand il finira , l'action d'où il dépend doit être assez modérée , et ne va pas jusqu'à troubler les grands équilibres. Le jet dont il s'agit îd ne changera que la direction de l'im ou de l'autre des deux axes de la terre. Pour changer la direction de l'axe de circulation , il faudrait transporter la terre dans une autre couche du tourbillon, car il est aisé de voir qu'elles ont toutes cet axe différeauncnt dirigé 5 et ce transport de la terre dans une autre couche , dont il faudrait vaincre la résistance y ne serait pas un médiocre efSorU Le jet ne changera que la direction de Faxe de rotatioa, et rien ne s'y opposera. Cet axe n'est déterminé par les cittronsianoes physiques , qu'à faire un certain angle avec celui de circulation « mais non pas à avoir sa direction est et ouest, plutôt que nord et sud. Il obéira sur cela à la moindre impulsion. On peatse rappeler ce qui a été dit sur la cause de la rotatioa dans Tar* ticle 68.
i4o. L'action du jet sur l'axe de rotation de la terre «e peut guère être continue : il serait difficile de concevoir qu'un tourbillon voisin a^t pendant aooo ans sur le n^tre, sans que le n6tre réagit sur lui. Il est ^ai qu'il pourrait, pendant ce temps-là > réagir sur un autre voisin , et lui renvoyer autant de matière qu'il en aurait reçu } mais il parait plus naturel que Faction du premier jet soit interrompue , et ne se fasse qu'à différentes reprises , telles cependant que son effet n'ait pas été entièrement détruit dans les intervalles de repos. On verra aisément que ces intervalles , quoique réels , n'empêcheront pas la continuité apparente dNin mouvement qui n'est qu'un degré en 70 ans, et dont la révolution entière serait de a5,aoo. C'est là le plus long , sans comparaison , de tous les mouvemens observés jusqu'ici , et cdoi dont la cause parait le plus devoir être rapportée aux tourbillons environnans.
14 r- Les observations astronomiques plus exactes, plus assidues et plus no^nbreuses aujourd'hui que jamais, commencent à faire découvrir , ou du moins à faire soupçonner que l'angle de l'équateur avec l'écliptique , que Ton avait toujours cru constant , diminue, ou , ce qui est le même , que Téquateur et l'écliptiqae se rapprochent. Cela se lierait aisément avec notre hypothèse présente. L'axe de l'écliptique , ou celui de la circulation de la terre, que nous avions supposé immobile, ne le sera pas parfaitement, et participera ttn peu au mouvement de l'autre axe , qui
DES TOURBILLONS. 6of
est celui de IVquâteur et àe la rotation 3 ce qui est vraisemblable, car certainement ce nouveau mouvement , tel qu'il devrait être sur le pied de ce qu'on en connaît jusqu'ici , serait trè»-*Ient par rapport à l'ancien : sa révolution ne pourrait être aux 25,aoo ans du mouvement apparent des fixes , que comme i à 2o5.
142. Cela ne conclut pas que l'ëcliptique, qu'on supposerait partie d'abord d'une pbsition perpendiculaire à l'équateur , dût , dans le cours de 5 millions 166,000 ans, qui sont le produit de 25y2oo par ao5 , s'approcher toujours de l'équateur , se mettre dans son plan, passer ensuite au-delà , et se remettre dans sa première position. Il se peut très-bien que l'ëcliptique ne s'avance vers l'équateur que jusqu'à un certain point, qu'ensuite elle retourne au point d'où elle était partie , et toujours ainsi de suite , en
« faisant des oscillations qui durefont des milliers d'années. Mais d'en vouloir deviner toutes les causes , ce serait trop s'abandonner aux conjectures.
143. En général, il est certain que l'ordre, l'uniformité, la constance , la longue durée des mouvemens célestes demandent un grand équilibre universel , qui se subdivise même en plusieurs équilibres particuliers. Un équilibre ne peut être formé que par deux forces égales. D'ailleurs, ces équilibres ne sont pas des repos, des cessations de mouvement; au contraire, ils s'accordent avec des mouvemens très-vifs , très-rapides , toujours subsistons, n faut donc que des forces égales ne laissent pas de se combattre perpétuellement , en se balançant les unes les antres , et devenant alternativement supérieures et inférieures , du moins pendant de longues suites de siècles. Les équilibres et les oscillations seront les deux grands principes de la formation artificielle de l'univers.