‹ Œuvres de FontenelleChapitre 28 sur 112 · DU MARÉCHAL DE VAUBAN · texte numérisé non relu

DU MARÉCHAL DE VAUBAN

diBASTKER LE pRÉTaE , chevalier, seigneur de Yauban , Bazoche y Pierre-Pertuis , Pouilly.» Cervon , la Chaume, Epiry , le Creuset, et antres lieux ; maréchal de France, chevalier des ordres du roi , commissaire général des fortifications , grand-croix de Tordre de S. Louis , et gouverneur de la citadelle de Lille , naquit le prenùer jour de mai i633, d'Urbain le Prêtre, et d'Aimée de Carmagnol. Sa famille est d'une bonne noblesse du Nivernois ; ^lle possède la seigneurie de Yauban depuis plus de 25o ans.

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Son përe qui n^était qu^un cadet , et qui de plus s'était miné dans le seryice ,. ne lui laissa qu'une bonne éducatioi^ et un mousquet. A l'âge de 17 ans, c'est-à-dire en i65i , il entra dans le régiment de Condé , compagnie d'Arcenaj. Alors feu le Prince était dans le p^i des Espagnols.

Les premières places fortifiées (^u'il trit le firent ingénieur, ^ar l'envie qu'elles lui donnèrent de le devenir. Il se mit à étudier avec ardeur l^^ométrie , et prlhcipalement la trigonométrie et le toisé; et des l'an i65a , il fut employé aux fortifications de Clermont etf Lorraine. La niéme année y il servit au premier siège de S&inte-Menehould , où il fit quelques logemens , et passa une rivière à la nage sous le feu des ennemis pendant l'assaut, action qui lui attira de ses supérieurs beaucoup de louanges et de caresses.

£n i653 , il fut pris par nn parti Français. Le cardinal Mazarin le crut digne dës-Iors qu'il tâchât de l'engager au service du roi , et il n'eut pas de peine à réussir avec un homme né le plus fidèle sujet du monde. En cette même année , Vauban servit d'ingénieur en second sous le chevalier de Clerville , au second siège de Sainte-Menehould , qui fut reprise par le roi ; et ensuite il fut chargé du soin de faire réparer les fortifications de la place.

Dans les aùnées suivantes , il fit les fonctions d'ingénieur aux sièges de Stenay , de Clermont , de Landrecy , de Condé , de Saint-Guilain , de Yalenciennes. Il fut dangereusement blessé à Stenay et à Yalenciennes. Il n'en servit presqueipas moins. Il reçut encore trois blessures au siège de Montmedy eh iGSy ; et comme la gazette en parla , on apprk Mans son pays ce qu'il était devenu : car <](epuis six ans qu'il en était parti y il n'y était point retourné , et n'y' avait écrit à personne; et ce fut là la seule manière dont il y donna de ses nouvelles.

Le maréchal dç la Ferté , sous qui il servait alors , et qai l'année précédente lui avait fait présent d'une compagnie dans son régiment , lui en donna encore une dans un autre régiment , pour lui tenir lieu de pension; et lui prédit hautement que si la guerre pouvait l'épargner , il parviendrait aux premières dignités.

En i658 , il conduisit en chef les attaques des sièges de Gravelines , d'Ypres et d'Oudenarde. Le cardinal Mazarin , qui n'accordait pas l^s gratifications sans sujet , lui en donna une assez honnête, et l'accompagna de louanges, qui , selon lecarac* tère de Yauban , le payèrent beaucoup mieux.

Il nous suffit d'avoir représenté avec quelque détail ces pre^ miers commencemens , plus remarquables que le reste dans une rie illustre, quand la vertu , dénuée de t9ut secçurs étranger^

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