DE BERGER
CJlavde BEBGBft naquit le 20 janvier 167g de Claude Berger , docteur en médecine de la faculté de Paris. Il se destina à suivre la profession de son përç; et pendant qu'il était sur les bancs de la feculté y il soutint sous la présidence de Fagon , premier médecin , une thèse contre l'usage du tabac , dont le style et l'érudition furent généralement admirés , et les préceptes fort peu suivis.
Quoique Berger fût allié de Fagon , et d'assez près , ce fut à l'occasion de cette thèse que Fagon vint à le connaître plus particulièrement qu'il n'avait fait jusqu'alors ; et il lui accorda une amitié et une protection que l'alliance seule n'aurait pas obtenues de lui.
Berger travailla long^temps à l'étude des plantes sons Tournefort , et mérita que ce grand botaniste le fit entrer, en qualité de son élève , dans l'académie des sciences , lorsqu'elle se renouvela en 1699. Depuis , par certains arrangemens qui se firent dans la compagnie , il devint élève de Homberg. U parut également propre à remplir un jour une première place y soit dans la botanique , soit dans la chimie.
Mais différentes occupations le détournèrent des fonctions que Tacadémie demande. Ayant été reçu docteur en médecine , il fut obligé d'en professer un cours aux écoles de Paris pendant deux ans } ce qu'il fit avec beaucoup de succès. D'ailleurs son père , bon praticien , et des plus employés , le menait avec lui ckea ses malades , et l'instruisait par son exemple , et par l'obseiration de la nature même , leçon plus efficace et plus animée <{iie toutes celles qu'on prend dans les livres ; et comme ce père , à caase de ses indispositions , passa les deux dernières années de sa vie sans sortir de chez lui , il exerçait encore la médecine par son fils, qu'il envoyait chargé de ses ordres, et éclairé de ses vues. Aossi après sa mort , qui arriva en 1 706 , le fils succéda à la confiance que l'on avait eue pour lui , et se trouva fort employé presque à titre héréditaire. Eufin Fagon , qui avait la chaire de professeur en chymie au jardin royal , et qui ne pouvait l'occuper , en chargea Berger en 1709 ^ et après lui avoir continué cet emploi les deux années suivantes seulement par commission | il
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crut que la manière âont il s'en ëtait acquitté , méritait qu'il lui en fit obtenir du roi la survivance x grâce qu'il edt d'autant moins demandée pour un sujet médiocrement digne , que Ton savait qu'il avait toujours été fort jaloux de l'honneur de celte place.
Tout ce qui rendait Berger peu exact aux devoirs de l'académie , ne laissait pas de le disposer à devenir grand académicien j et apparemment la contpagnie eût profité de ces occupations même qui ne la regardaient pas ; mais la complexion délicate dont il était, succomba à ses différens travaux. Son poumon fut attaqué ; et il mourut le 22 mai 171 2. La Carliëre , premier médecin de monseigneur le duc de Berri , et très^élèbre dans f on art , l'avait choisi pour lui donner sa fille unique ; et c'est encore une partie de la gloire de Berger , que toutes les circonstances de cette espèce d'adoption.
DE CASSINL
•fEAN-DoMiNiQUE Cassini naquît à Perinaldo , dans le comté de Nice y le 8 juin 1625, de Jacques Cassini , gentilhomme Italien , et de Julie Crovesi. On lui donna dès son enfance un précepteur fort habile , sous qui il fit ses premières études. Il les continua chez les jésuites à Gènes } et quelques-unes des poésies latines de cet écolier y furent imprimées avec celles des maîtres dans un recueil in-folio en 1646.
Il fit une étroite liaison d'amitié avec Lercaro , qui fut depuis doge de sa république. 11 était allé avec lui à une de ses terres , lorsqu'un ecclésiastique lui prêta ponr l'amuser quelques livres d'astrologie judiciaire. Sa curiosité en fut frappée , et il en fit un extrait pour son usage. L'instinct naturel qui le portait à la counaissance des astres , se méprenait alors , et ne démêlait pas encore l'astronomie d'avec l'astrologie. Il alla jusqu'à faire quelques essais de prédictions qui lui réussirent } mais cela même qui aurait plongé un autre dans l'erreur pour jamais , lui fut suspect, n sentit par la droiture de son esprit , que cet art de prédire ne pouvait être que chimérique ; et il craignit par délicatesse de religion , que les succès ne fussent la punition de ceux qui s'y appliquaient. Il lut avec soin le bel ouvrage de Pic de la Mirande contre les astrologues , et brûla son extrait des livres qu^il avait empruntés. Mais au travers du frivole et du ridicule de l'astrologie , il avait aperçu les charmes solides de l'astronomie > et en avait été vivement touché.
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Quand rastronomxe ne serait pas aussi absolument nécessaire qu'elle Test pour la géographie , pour la navigation , et même pour le culte dirin , elle serait infiniment digne de la curiosité de tous les esprits , par le grand et le superbe spectacle qu'elle leur présente. Il y a dans certaines mines trës-profondes des malbeareux qni y sont nés , et qui y mourront sans avoir jamais va le soleil. Telle est à peu près la condition de ceux qui ignorent la sature, l'ordre et le cours de ces grands globes qui roulent sur leurs têtes , à qui les plus grandes beautés du ciel sont inconnues , et qui n'ont point assez de lumières pour jouir de l'univers. Ce sont les travaux des astronomes qui nous donnent des yeux , et BOUS dévoilent la prodigieuse magnificence de ce monde presque uniquement habité par des aveugles.
Cassîni s'attacha avec ardeur à l'astronomie et aux sciences préliminaires. Il y fit des progrès si rapides , qu'en i65o , c'està-dire âgé seulement de vingt-cinq ans, il fut choisi par le sénat de Bologne pour remplir dans l'université de cette ville la pre* uiière chaire d'astronomie , vacante depuis quelques années par la mort du père Cavalieri , fameux auteur de la géométrie des indivisibles , et précurseur des infiniment petits , k qui l'on n'avait encore pu trouver de digne successeur. A son arrivée à Bologne , il fut reçu chez le marquis Cornelto Malvasia , qui avait beaucoup contribué à le faire appeler. Ce marquis était sénateur dans sa patrie , général des troupes du duc de Modène , et savant ; trois qualités qu'il réunissait à l'exemple des anciens romains , devenus presque fabuleux pour nous.
D^ la fin de l'an i652 , une comète vint exercçr le nouveau professeur d'astronomie , et se proposer à lui comme une des plus grandes difficultés de son métier. 11 l'observa avec Malvasia , qui lui-même était astrpnome. Elle passa par leur zénith , particularité rare. Cassini fit sur ce phénomène toutes les recherches que l'art pouvait désirer , et toutes les déterminations qu'il pouvait fournir; et il en publia en i653 un traité dédié au duc de Modène.
Dans cet ouvrage , il ne prend les comètes que pour* des générations fortuites , pour des amas d'exhalaisons fournies par la terre et par les astres ; mais il s'en forma bientôt une idée plus singulière et plus noble. Il s'aperçut que le mouvement de sa comète pouvait n'être inégal qu'en apparence', et se réduire à une aussi grande égalité que celui d'une planète; et de là il conjec-*^ tora que toutes les comètes qui avaient toujours passé pour des astres nouveaux , et entièrement exempts des lois de tous les autres, pouvaient être, et de la même régularité , et de la même ancienneté que ces planistes , auxquelles oo est accoutumé depuis I. • Il '
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la naissance du inonde. En toute matière les premiers systèmes sont trop bornés , trop étroits , trop timides ^ et il semble que le vrai même ne soit que le prix d'une certaine hardiesse de raison.
Ce fut cette heureuse et sa^e hardiesse qui lui fît entreprendre la résolution d'un problème fondamental pour toute l'astronomie , déjà tenté plusieurs fois sans succès par les plus habiles mathématiciens, et même jugé impossible par le fameux Kepler, et par Bouillaud , grand astronome français. Deux intervalles entre le lieu vrai et le lieu moyen d'une planète étant donnés , il fallait déterminer géométriquement son apogée et son excentricité. Cassini en yint k bout , et surprit beaucoup le monde savant. Son problème commençait à lui ouvrir une route à une astronomie nouvelle et plus exacte : mais comme pour profiter de sa propre invention , il avait besoin d'un plus grand nombre d'observations qu'il n'avait encore eu le temps d'en faire , car à peine avait*-il alors vingt^six ans , il écrivit en France à Gassendi , et lui demanda celles qu'il pouvait avoir, principalement sur les planètes supérieures. II les obtint sans peine d'un homme aussi zélé pour les sciences , et aussi favorable à la gloire d'antrui.
Mais il restait encore dans le fond de l'astronomie des doutes împortans , et des difficultés essentielles. Il est certain et que le soleil parait maintenant aller plus lentement en été qu'en hiver, et qu'il est plus éloigné de la terre en été. Ce plus grand éloignement doit diminuer l'apparence de sa vitesse. Mais n'y a-t-il point de plus dans cette vitesse une diminution réelle ? C'était le sentiment de Kepler et de Bouillaud : tous les autres , tant anciens que modernes , croyaient le contraire ; et la certitude de la théorie du soleil et dés autres planètes , dépendait en grande partie de cette question. Pour la décider, il fallait observer si lorsque le soleil était plus éloigné de la terrc;^, la diminution de son diamètre, car il doit alors paraître plus petit, suivait exactement la même proportion que la diminution de sa vitesse : en ce cas , bien certainement , toute la diminution de vitesse n*était qu'apparente } mais la difficulté était de faire ces observations avec assez de sûreté. Comme il ne s'agissait que d'une minute de plus ou de moins dans la grandeur du diamètre du soleil , et que les instrumens étaient trop petits pour la donner sûrement , chaque observateur pouvait la mettre ou l'ôter à son gré , et en disposer en faveur de son hypothèse 3 et la question demeurait toujours indécise. Nous ne donnerons que cet exemple de l'extrême importance dont peuvent être chez les astronomes de petites grandeurs indignes partout ailleurs d'être comptées. £n général il est aisé de concevoir que quand on se sert d'un quart de cercle.pour observer, sa proportion aux grandeur^ qu'il doit
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mesurer est presque infiniment petite ; et qu*à l'épaisseur d'un 61 de soie sur cet instrument , il répond dans le cièl des millions de lieues. Ainsi la précision de l'astroufimie demande de grands iastnuuens. ' '
Il se présenta heureusement à Cassini une occasion d*en avoir un , le plus grand" qui eût jamais été , précisément lorsqu'il était dans le dessein de refondre toute cette science. Le désordre où le calendrier Julien était tombé , parce q u'on j avait négligé quelques minutes , avait réveillé lès astronomes du seizième siècle : ils voulurent avoir par observation les équinoxes et les solstices que le calendrier ne donnait plus qu'à dix jours près ; et pour cet effet Egnario Dante , religieux Dominicain, professeur d'astronomie à Bologne, tira en 1576 dans l'église de Saint-Petrone une ligne qui marquait là route du soleil pendant Taonée , et principalement sou arrivée aux solstices. On ne crut point mettre une église à un usaçe profane , en la faisant servir â des observations nécessaires pour la célébration des fêtes. En i653, <|n fit une augmentation au bâtiment de ^aint-Petrone. Cela fit naître k Cassini la pensée de tirer dans un autre endroit de l'église une ligne plus longue , plus utile et plus exacte qiie celle du Dante , qui n'était même pas une méridienne. Comme il fallait qu'elle fût parfaitement droite , et que par la nécessité de s* positHSii elle devait passer entre deux colonnes , on jugea d*abord qu'elle n'y pouvait passer , et qu'elle irait périr contre Tune ou l'autre. Les magistrats qui avaient soin de la fabrique de Saint-'Petrone , doiitaient s'ils consentiraient à une entreprise aus^î incertaine. Cassini les convainquit par un écrit imprimé , qu'elle ne letait point. 11 avait pris ses mesures si justes , que la méridienne ialla raser les deux dangereuses co- /oaues qui avaient pensé faire tout manquer.
Un trou rond , horitontal , d'un pouce de diamètre , percé âuk$ le toit , et élevé perpendiculairement de mille pouces au^ dessus d'un pavé de marbre où est tracée la méridienne , reçoit tous Les jours et envoie à midi sur cette ligne l'image du soleil qui T devient ovale , et s'y promène de jour en jour , selon que le soleil s'approche ou s'éloigne du sénitb de Bologne. Lorsqu'il en est le plus près qu'il puisse être , à une minute de variation dans sa hauteur , répondent sur la mérid(ienne quatre lignes du pied de Paris ^ et lorsque lé soleil est' le plus éloigné , deux pouces et une ligne : de sorte que cet instrument dràne une précision telle qu'on n^eàt osé l'espérer. Il fut construit avec des attentions presque Superstitieuses^ Lé P. kictioli , bon juge en ces matières , les a nommées plus angéliqués qufhu" mainêê. Le détail eu serait infiai. Dans les sciences màthéma-*
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tîqaes , la pratique est une esclave qui a la théorie pour reine : mais ici cette reine est absolument dépendante de l'esclave.
Ce grand ouvrage étant fini , ou du moins asseE avancé , Cassini invita par un écrit public tous les mathématiciens à l'observation du solstice d'été de i655. Il disait dans un stjle poétique , que la sécheresse des mathématiques ne lui avait pis fait perdre, qu'il s'était établi dans un temple un nouvel oracle d'Apollon ou du soleil , que l'on pouvait consulter avec coo* fiance sur toutes les difficultés d'astronomie. Une des premières réponses qu'il rendit , fut sur la variation de la vitesse du soleil. II prononça nettement en faveur de Kepler et de Bouilland , qu'elle était en partie réelle, et ceux qui étaient condamnés se soumirent. Cassini imprima cette même année sur l'usagb de la méridienne , un écrit qu'il dédia à la reine de Suède , nouvellement arrivée en Italie , et digne par son goût pour les sciences , qu'on lui Ht une pareille réception.
Les nouvelles observations de Cassini furent si exactes et si décisives , qu'il en composa des tables du soleil , plust sûres que toutes celles qu'on avait eues jusqu'alors. Qn aurait pu lui re* procher que sa méridienne était un grand secours que d'autres astronomes n'avaient pas ; mais ce secours même , il se l'était donné.
Cependant ces tables avaient encore un défaut dont son cnracle ne manqua pas de l'avertir. Tycho s'était aperçu le premier que les réfractions augmentaient les hauteurs apparentes des astres sur l'horizon ; mais il ^crut qu'elles n'agissaient que jusqu'au 45*. degré, après quoi elles cessaient entièrement. Cassini l'avait suivi sur ce point : mais après de plus grandes recherches , et un examen géométrique de la nature des réfractions que l'on n'avait connues jusques-là que par des observations toujours sujettes à quelque erreur, il trouva qu'elles s'éteudaient jusqu'au cénith , quoique depuis le 45** degré jusqu'au 2énith , il n'y ait qu'une minute à distribuer sur les ifi degrés qui restent ; autre minute astronomique d'une extrême conséquence. -C'est le sort des nouveautés même les mieux prouvées , que d'être contredites. Il ne faut compter pour rien un tireur d'horoscopes , qui écrivit contre son système des réfractions , et lui objecta qu'il n'était point encore assez âgé pour les connaître. Le P. Riccioli luir-même fit d'abord quelque difiiculté de s'y reo* dre; mais Cassini le cita k Saint-Petrone, où il était bien fort. 11 se servit de sa nouvelle théorie des réfractions , pour faire de secondes tables plus exactes que les premières. Il y joignit la parallaxe du soleil , qu'il croyait , quoique encore avec quelque incertitude , pouvoir n'être que 4e dix secondea ; et
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ptr*>tt il éloignait le soleil de la terre six fois pins qne n'avait fait Kq»Ier, et dix-hnit fois plus que quelques autres. Le mar^ quis Malvasia calcula sur ces tables des éphémérides pour cinq ans , k commencer en 1G61. Gemignano Montanari, professeur en mathématique à Bologne , a imprimé que quand on avait luppiité par ces éphémérides l'instant ou le soleil devait arriver à un point déterminé de la méridienne de Saint-Petrone , il ne manquait point de s'y trouver. On a autrefois convaincu Laosberg d'avoir falsifié ses observations pour les accorder avec ces tables ; tant les astronomes sont flattés d'arrfver à cet accord y et les hoipmes de jouir de l'opinion d'autrui , même sans* fondement.
Les occupations astronomiques de Cassini furent interrompnes , et on le fit descendre de la région des astres pour l'appliquer à des afiaires purement terrestres. Les inondations fréquentes du P6 , son cours incertain et irrégulier , la division de ses branches sujettes au changement , les remèdes même qu'on avait voulu apporter au mal , qui quelquefois n'avaient fait que l'augmenter , ou le transporter d'un pays dans un autre , tout cela avait été une ancienne et féconde source de différends entre les petits états voisins de cette rivière , et principalement entre Bologne et Perrare. Ces deux villes , quoique toutes deux sujettes du pape , sont deux états séparés , et tous deux ont conservé le droit d'envoyer des ambassades à leur souverain. Comme Bologne avait beaucoup de choses à régler avec Ferrare sur le sujet des eaux , elle envoya en 1657 le marquis Tanara , tmbassadenr extraordinaire , au pape Alexandre VII , et voulut qn'il fÂt accompagné de Cassini dans une affaire oii les mathématiques avaient la plus grande part. Peut-être aussi Bologne fot-elle bien aise de se parer aux yeux de Rome de l'acquisition
qu'elle avait faîte.
Etant à Rome , il publia divers écrits sur ce qui l'y avait conduit, n traita à fond toute l'histoire du P6 , tirée des livres tant aoeiena que modernes , et de tous les monumens qui restaient ; car ches lui l'étude profonde des mathématiques n'avait point donné l'exclusion aux autres* connaissances. Il fit en présence des cardinaux de la congrégation des eaux , quantité d'expériences qui appartenaient à cette matière , et qui entraient en preuve de ce qu'il prétendait ; et il y apporta cette même exactitude dont on ne Ikiurait cru capable que pour le ciel. Aussi le sénat de Bologne crut- il lui devoir pour récompense la surintendance des eaux de l'état, charge dont nojp avoua déji parlé dans l'éloge de Guglielraini. Elle le mit ep^ relation d*aflbirea avec plusieurs cardinaux , et fit connaUre que , quoique
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|;rand mathématicien , il était encore homme de beaucoup d*ei* prit avec les autres hommes.
En i663 y dom Mario Cbigi , frère d'Alexandre YII , général de la sainte église , lui do/ana la surintendance des fortifications du fort Urbain , à laquelle il n'eût jamais pensé. Il se trouva donc tout d'un coup transporté à une science militaire | il s'attacha à réparer les anciens ouvrages de sa place , et à en faire de nouyeaux : mais au milieu de ses occupations 9 il lui échappait toujours quelques regards vers les astres.
Il a été parlé en 1708 , dans l'éloge d£ Yiyiani {pag, 67 ti $uiif. ) , du différend qui survint entre Alexandre VU et le grandduc de Toscane , sur les eaux de la Chiana , et de la part qu'eut Cassini à cette affaire. Le pape y qui l'avait demandé au $énat de Bologne pour l'y employer, fit écrire à ce sénat par le cardinal Rospigliosi y depuis Clément IX ^ qu'il avait pris pour lui une estime particulière , et qu'il était dans le dessein de se l'attacher , sans qu'il perdît rien de ce qu'il avait k fio* logne. £n effet , ce pape le faisait venir souvent auprès de lui pour l'entendre parler sur les sciences ; et il lui promit des avantages considérables, s'il voulait embrasser l'état ecclésiastique , auquel il le jugeait bien disposé par la droiture^ et la pureté de ses mœurs. La tentation était délicatev En Italie , un ecclésiastique savant peut parvenir à un rang 011 il prétendra qu'à peine les rois seront au-dessus de lui : il n'y a nulle autre condition susceptible de si grandes récompensef.,Mais Cassini ne s'y sentait point appelé | et la même jiiété qui le rendait digne a'entrer dans l'église , l'en empêcha.
. A la fin de 1664 > il parut une comète, qu'il observa à Rome dans le palais Chigi ^ en présence de la reine de Suède , qui quelquefois observait elle-même , et sacrifiait ses nuits à cette curiosité. Il se fia tellement à son système des comètes , qu'après les deux premières observations , qui furent la nuit du 17 au 18 décembre de la nuit suivante , il traça hardiment à la reine sur le globe céleste la route que celle-^là devait tenir. Après unç quatrième, qui fut le 32, il assura qu'elle n'était pas encore dans sa plus grande proximité de ,1a terre. Le 23 il osa pi-édire qu'elle y arriverait le 29 ; et quoiqu'alors elle surpassât la lune en vitesse, et semblât devoir faire le tour du. ciel en peu de temps , il avança qu'elle s'arrêterait dans Ariès , clont elle n'était guère éloignée que de deux signes ; et qu'a|»rès qu'elle y aurait été stationnaire , son mouvement y deviendrait rétrograde par rapport ^ia-dtrection qu'elle avait eue. Ces prédictions trpuvèrent miantité d'incrédules , qui soutinrent que la comète échapperait à l'astronome , et l'espérèrent jusqu'au bout } après
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fOdi , ^and ib virent qu'elle lui ayait été parfaitement soumise , iÏB firent comme elle un mouvement en arrière 9 et dirent qa'il n'y avait rien de si facile que ce qu'avait fait Cassini. 11 en parut une seconde au mois d'avril i665. Il se prépara à ea donner promptemept un calcul ou une table qui confirmât ce f a'il avait fait sur la précédente. Quelques-uns de ces incrédules le ciiângèrent en imitateurs , mais malheureux. Ils voulurent asfii former des systèmes , et ils prétendirent que la nouvelle comète était la même que l'autre ; mais l'observation les démentit trop. Pour lui , huit ou dix jours après la première apparition , il publia sa table > oii la comète était calculée comme l'aurait pu être une ancienne planète. Il imprima aussi à Rome , 1^ même toaée f un traité latin sur la théorie de ces deux comètes , dédié 4 la reine de Suède, et quelques lettres italiennes adressées à l'abbé Ottavio Falconieri. Il y découvre entièrement son secret, tel que nous l'avons exposé en abrégé dans les histoires 'de 1706 iP' iq4 ^tftâu* ) et de 1708 (p. 980/ sui%f.)
La reine de Suède ayant reçu de France une éphéméride du mouvement de la première comète , qu'avait faite Auzout , trèsprafond mathématicien , et habile observateur , et l'ayant communiquée à Cassini f il y reconnut au travers de quelques dégaisemens affectés cette même hypothèse , dont il s'était servi avec des succès si brillans. Il en .écrivit à la reine et à l'abbé Falconieri avec une joie que l'on sent bien qui est sincère; il ne fut touché que de voir la vérité de son système confirinée par cette conformité ^ et non de ce que la glq^e en pouvait être partagée. Ce système le conduisait à croire que les mêmes comètes pouvaient reparaître après certains temps : aussi avons-nous rapporté d'après lui dans les histoires de 1699 (/i. 7a et êuw.) , de 1702 (/>. 63 et êuiv. ) y et de 1706 {p. 104 ^t suiu,)j tout ce qui peut appuyer cette pensée. £lle agrandit l'univers , et en augmente la pompe.
Il travaillait encore à cette partie de l'astronomie si neuve et si peu traitée, lorsque le pape le renvoya en Toscane négocier leal avec les ministres du grand-duc sur l'affaire de la Chiana , et loi donna en même temps la surintendance des eaux de l'état ecclésiastique. Quand il était quitte de ses devoirs , il retournait à les plaisirs , c'est-à-dire aux observations célestes.
Ce fut à Citta-della-Pieve en Toscane , dans la même année i€65 , déjà assez chargée d*événemens savans , qu'il reconnut sûrement sur le disque de Jupiter les ombres que les satellites y jettent , lorsqu'ils passent entre Jupiter et le soleil. Il fallut démêler ces ombres d'avec des taches de cette planète; les unp^ fixes les antres passagères , les autres fixes seulement pour un
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temps ; et il les deméla si bien , qae ce fut par use t«clie fixe bien avérée , qu'il découvrit que Jupiter tourne son axe en six beures ciuquante-six minutes. On lui contesta la distinction des ombres et des taches, quoiqu'il l'eût démontrée géométriquement, et qu'il sût prédire et les temps de l'entrée ou de la «ortie des ombres sur le disque apparent de Jupiter, et ceux où la taebe ûxêj devait reparaître par la révolution du globe. JVIais il fout avouer que l'extrême subtilité de ces recherches , et l'usage trë»-délicat , et jusques-là nouveau , qu'il avait fallu faire de l'astronomie et de l'optique ensemble , méritaient de trouver de l'opposition même chez les savans , plus rebelles que les antres à l'instmction. Le refus de croire honore les découvertes fines.
Celles de Cassini étaient d'autant plus importantes, que de toutes les planètes , c'est jusqu'à présent Jupiter qui nous inté* re^e le plus. C'est lui qui peut décider la question du mouvement ou de l'immobilité de la terre } il nous fait voir à l'œil , et même plus en grand que chez nous , tout ce que Copernic n'avait fait que deviner pour la terre avec une espèce de témérité. Si l'on est étonné qu'une aussi grosse masse que la terre tourne sur elle* même , Jupiter mille fois plus gros tourne près de deux fois et demie plus vite. Si l'on trouve étrange que la lune seule ait la terre pour centre de son mouvement , quatre lunes ou satellites ont Jupiter pour ceutredu leur.
Lorsqu'on ne songea plus à disputer à Cassini la vérité de ses découvertes , on songea à lui en dérober l'honneur; Au mois de février 1667 , il avait pris le temps favorable d'ob^rver Mars , qui s'approchait de la terre ; et il jugeait par le mouvement de quelques taches , que cette planète tournait sur son axe en vingt-» quatre heures et quelques minutes. Des observateurs de Rome à qui il en avait écrit , voulurent le prévenir ; mais il sut bien dé* fendre son droit , et prouver que leurs observations étaient et postérieures aux siennes , et peu exactes. Il fixa la révoluti<^n de Mars à vingt-quatre heures quarante minutes; nouvelle gloire pour Copernic. Son système s'affermissait k mesure que le ciel se développait sous les yeux de Cassini. Il découvrit aussi dans la même année des taches sur le disque de Vénus , et crut que sa révolution pouvait être à peu près égale à celle de Mars: mais comme Vénus , dont l'orbe est entre le soleil et nous , est sujette aux mêmes variations de phases que la lune , et que par->>là les retours de ses taches sont très-difficiles à reconnaître avec sûreté, il ne détermina rien 5 et sa retenue sur des découvertes iscertaines fut une confirmation de la certitude des autres.
Malgré les égards qu'on devait avoir pour son utile attachement aux observations célestes > oti Ten détourtudt assez souvent
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par là B^cassilé d'avoir recours à lui. Outre les emplois qu'il^ avait déjà , étrangers à Tastrononiie , on le chargea de l'inspection de la forteresse de Peruggia et du pont Félix , que le Tibre menaçait de quitter. Il ordonna un ouvrage qui prévint ce délofdre. Lui-même , possédé d'un amour général pour les sciences^ se livrait quelquefois k des distractions volontaires. Lorsqu'il traitait de Taf&ire de la Chiana avec «Viviani , il avait fait sur les insectes quantité d'observations physiques , que Montalbani , à ifai il les adressa , fit imprimer dans les ouvrages d'Aldrovandos. En dernier lieu , les expériences de la transfusion du sang , faites en France et en Angleterre , et qui ne r^ardaient que des médecins et des anatomistes , étant devenues fort fameuses y il rat la curiosité de les faire chez lui à Bologne , tant sa passion de savoir se poi^it vivement à différens objets. Aussi lorsque dans ses voyages de Bologne à Rome il passait par Florence , le grand-duc et le prince Léopold faisaient tenir en sa présence les assemblées de leur académie dêl eimênto , persuadés qu'il y laisserait de ses lumières.
Eo 1668 , il donna les éphémérides des astres Médicis ; car en •Italie on est jaloux de conserver ce nom aux satellites de Jupiter. Galilée , leur premier inventeur , Marins , Hodierna , avaient tenté sans succès de calculer leurs mouvemens et les éclipses qu'ilft causent à Jupiter en lui dérobant le soleil y ou qu'ils souffrent en tombant dans son ombre. Il manquait à tous ces astroBomes d'avoir connu la véritable position des plans ou orbites dans lesquels se font les mouvemens de ces satellites autour de Japiier ; et en effet il semble que ce soit à l'esprit humain une audace excessive et condamnable , que d'aspirer à une pareille connaissance. Toutes les planètes se meuvent dans des plans difféms, qui passent par le centre du soleil; celui dans lequel se ment la terre , est l'écliptique. L'orbite de Jupiter est un autre plan incliné à l'écliptique , d'un certain nombre de degrés , et qni la coupe en deux points opposés. Cette inclinaison de l'orbite de Jupiter à l'écliptique , et leurs intersections communes , quoique recherchées par les astronomes de tous les temps, et sur Boe longue suite d'observations , sont si difficiles à déterminer j qae dtfieren^astronomes s'éloignent beaucoup les uns des autres , «t que quelquefois un même astronome ne peut s'accorder avec lai-méme. La raison en est que ces plans , quoique réeb , sont invisibles , et ne peuvent être aperçus que par l'esprit , ni distinpiés que par un grand nombre de raisonnemens très-fins. Que s^a<e donc de plans beaucoup plus invisibles , pour parler ainsi , dans lesquels se meuvent les satellites de Jupiter? Il a fallu trouver quels angles font leurs orbites , et avec l'orbite de Ju-
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piter , et entre elles , et avec notre ëcliptique \ et de plâs , quelle est la différente grandeur de ces angles selon qu'ils sont vus, ou du soleil , ou de la terre. En un mot , dans les tables de cei nouveaux astres , il entra Tingt-<cinq ëlémens , 'c'est«à-dire vingt^cinq connaissances ou déterminations fondamentales. Non-Seulement c'est un grand effort d'esprit , que de tirer , d'assembler , d'arranger tant de matériaux nécessaires à l'édifice^ mais c'en est même un grand que de savoir combien il y a de matériaux nécessaires et de n'en oublier aucun.
Des que les tables de Cassini parurent , tous les astronomes de l'Europe qu'elles avertissaient du temps des éclipses des satellites, les observèrent avec soin \ entre autres Picard , l'un des membres de l'académie des sciences alors naissante : et il trouva qu'asses souvent elles répondaient au ciel avec plus de justesse que n'en aVait promis l'auteur même , qui se réservait à les rectifier dans la suite. 11 avait fait pour quatre lunes étrangères , trës-éloignées de nous , connues depuis fort peu de temps , ce que tous les astronomes de vingt-quatre siècles avaient eu bien de la peine à faire pour la lune.
Colbert , qui par les ordres du roi avait formé l'académie des Sciences en 1666 , désira que Cassini fût en correspondance avec elle: mais bientôt la passion qu'il avait pour la gloire de l'état, ne se contenta plus de l'avoir pour correspondant de son académie, il lui fit proposer par le comte Graziani , ministre et secrétaire d'état du duc de Modène , de venir en France , où il recevrait une pension du roi , proportionnée aux emplois qu'il avait en Italie. 11 répondit qu'il ne pouvait disposer de lui , ni recevoir l'honneur que sa majesté voulait bien lui faire , sans l'agrément du pape , qui était alors Clément IX ^ et le roi le fit demander à sa sainteté et au sénat de Bologne par l'abbé de fiourlemont , alors auditeur de Rote , mais seulement pour quelques années. On crut que la négociation ne réussirait pas sans cette restriction, qui apparemment n'était qu'une adresse. On lui fit l'honneur et de croire cet artifice nécessaire , et de vouloir bien $'en servir.
Il arriva à Paris au commencement de 1669, appelé d'Italie par le roi , comme Sosîgène , autre astronome fameux , était venu d'Egypte à Rome , appelé par Jules-César. Le r# le reçut et comme un homme rare , et comme un étranger qui quittait sa patrie pour lui. Son dessein n'était pas de demeurer en France ; et au bout de quelques années, le pape et Bologne, qkit lut avaient toujours conservé les émolumens de ses emplois , le redemandèrent avec chaleur: mais Colbert n'en avait pas moins à le leur disputer 5 et enfin il eut le plaisir de vaincre , et de lui faire expédier des lettres de naturalité en 1673. Lé même an-
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née, il épousa Generiëve Delaitre, fille de Delaltré , lieutènantfénérai de Qermont en Beanvoisis. Le roi , en agréant son mariage, eut la bonté de lui dire f u'il était bien aise de le voir de« Tenu Français pour toujours. C'est ainsi qiië la France faisait . des conquêtes jusqnes dans l'empire des lettres.
Parce que Cassini était étranger , il avait égalelnent à craindre qae le public ne fîtit dans des dispositions pour lui 1 ou trop favorables y on malignes ; et sans un grand n^érite , il ne se tut pas sauvé de l'un ou de l'autre péril. 11 comprit qu'il commençait une nouvelle- carrière , d'autamt plus difficile, que pour soutéùir sa réputation iLfallait la surpasser. Nous ne suivrons point en détail ce qu'il fit en France -, nous en détacherons seulement quelques . traits des plus remarquables.
L académie ajarit envoyé en 1672 des observateurs dan^ l'Ile dé Cajenae proche de l'équateur, parce qu'un climat si différent dn nôtre devait donner quantité d'observations fort différentes de celles qui se font ici , et qui nous seraient d'un grand usage , OD en rapportera tout ce que Cassini n'avait établi que par rai«> Mnnement et par théorie plusieurs années auparavant sur la parallasA du soleil , et sur les réfractions. Un astronome si subtil est presque un devin , et on dirait qu'il prétend a la gloire dé rastrolognc.
De plos , un des principaux objets du vojàge était d'observer à Cayenne la parallaxe de Mars , alors fort proche de la terre , tandis que Ca^ni et les autres astronomes de l'académie l'observaient ici. Cette méthode d'avoir les parallaxes par des observations faites dans le même temps en des lieut éloignés , est Tan* tienne : mais Cassini en imagina une autre ou un seul observateur inffit , parce qu'une étoile fixe tient lieu d'un second. Wiston, cé-> lêbre astronome anglais , a dit que oette idée avait quèlqne <4iose de miraculeux.
Ces denx méthodes concoururent à donner la même parallaxe de Mars d'où s'ensuivait tcelle du soleil. Apres nue longue incertttnde , elle Fut déterminée à dix secondes ; et par conséquent il nV aplns lieu de douter que le soleil ne soit au moins à trentetrois nsillioas de lieues de la terre , beaucoup au-delà ce qu'oiv avait jamais crft. Toutes les distancées des autres planètes en sont aossi augmentées à proportion , et les bornes de notre tourbillon fort reculées.
An lùois de décembre 1680 , il parut une comète' qui a été famense. Cassini fie l'ayant observée qu'une fois , prédit au roi , en présence de toute la cour , qu'elle suivrait la même route qu'une antre comète observée par Tycho-Bralié en 1577. C'était œ espèce de destinée pour lui , que de faire ces sortes dé pré-
dictions À ielf tètes coaronnëes. Ce qni le rendit si hardi snr noc observation unique , c'est qu'il ayait remarqué que la plupart des comètes , soit de celles qu'il avait vues , soit de celles qui l'avaient été par d'autres astronomes , avaient dans le ciel un chemin particulier , qu'il appelait par cette raison le zodiaque des comètes; et comme celle de 1680 se trouva dans ce zodiaque , ainsi que celle de 1677 , il crut qu'elle le suivrait , et elle le suivit.
En i683 , il aperçut pour la première fois dans le zodiaque une lumière qui peut-être avait déjà été vue , quoique très-rar^ ment ; mais qui en ce cas-là n'avait été prise que pour un phénomène passager, et par conséquent n'avait point été suivie. Pour lui ^ il conjectura d'abord par les circonstanees de cette nouvelle lumière , qu'elle pouvait être d'une natute durable : il en ébaucha une théorie qui lui apprenait le temps oii elle pouvait reparaître dégagée des crépuscules , avec lesquels elle te confond le plus souvent , et il trouva dans la auite qu'elle pouvait être renvoyée à nos yeux par une matière que le soleil pousserait hors de lui beaucoup au-delà de l'orbite de Vénus , at dont il serait enveloppé jusqu'à cette distance. Gomme cette, lumière n'est pas toujours visible dans les temps où elle devrait l'itre , il parait que cet écoulement de matière doit être inégal et irrégulier , ainsi que la production des taches du soleil. Ce phénomène fat observé depuis eu divers lieux , et même aux Indes orientales. Si Cassini n'est pas le premier qui l'ait vu y du mcrins il est le premier qui ait appris aux autres à le voir , et qui lui ait attiré l'attention qu'il méritait. Il y a jrfus; il avait jugé dès le commencement , que si cette lumière pouvait être vue en présence du soleil , elle lui ferait une chevelure : c'était une suite de son système , et peut-être ne songeait-il pas lui-même qu'elle put jamais être vérifiée. En 1709 , il y eut une. éclipse de soleil : on ^t dans les lieux où elle fut totale, une chevelure lumineuse autour de cet astre , telle précisément que Cassini l'avait prédite , et qui , à moins que d'être celle qu'il avait prédite , était inexplicable. Eu 1684 9 il mit la dernière main au monde de Saturne, qui était demeuré fort imparfait. Huyghens en i655 avaif découvert à cette planète un satellite , qui fut long-temps le seul , et depuis s'est trouvé n'être que le quatrième» à les eompter depuis Saturne. En 1671 ^Cassini déco,uvrit le troisième et le cinquième, et acheva de s'en assurer en 1673. Enfin , en 1684 il découvrit le premier et le* second , après quoi pn n'en a plus trouvé. Ces découvertes demandent une grande subtilité d'observation , ot une ..précision extrême ; témoin, l'erreur où tomba le P. Reita , habile d'ailleurs y qui prit de petites étoiles fixes pour de nouveaux s%* tellitesde Jupiter , et voulut en faire sa cour à Urbain VUI 9 e^