‹ Œuvres de FontenelleChapitre 71 sur 112 · DE BIANCHINI · texte numérisé non relu

DE BIANCHINI

J^ ai.ffçoi8 Biànchini naquit k Vérone le i3 décembre 1662, de Gaspard Biancbini et de Comélie Yialetti.

/|i6 ÉLOGE

Il embrassa Tétat ecclésiastique ; et Ton povmît: croire qai

des vues de fortune , plus sensées et encore mieux foodm ea Italie que partout ailleurs , Y y déterminèrent , s'il n'ayait donné dans tout le cours de sa vie des preuves d'une sincère piété. Il fut reçu docteur en théologie : mais il ne se contenta pas des connaissances qu'exige ce grade ; il voulut posséder à fond toute la belle littérature , et non-seulement les livres écrits dans ies langues S£(vantes , mais aussi les médailles , lea inscriptions , les bas-reliefs , tous les précieux restes de l'antiquité , trésors asseï communs en Italie pour prouver encore aujourd'hui son andenoe domination.

Après avoir amassé des richesses de ce genre presque prodi-

fîeuses , il forma le dessein d'une histoire universelle , conduite epuis la création du monde jusqu'à nos jours , tant profane qu'ecclésiastique ; mais l'une de ces parties toujours séparée de l'autre , et séparée avec tant de scrupule , qu'il s'était fait une loi de n'employer jamais dans la profane rien de 'ce qui n'était connu que par l'ecclésiastique. La chronologie ou de simples annales sont trop sèches ; ce ne sont que des parties de l'histoire mises véritablement à leur place , mais sans liaison , et isolées. Un air de musique ( c'est lui-même qui parle ) eêt sans comfSr raison plus aisé à reienir que le même nombre de noies qui w suivraient sans faire un chant. D'un autre côté , l'histoire i qu n'est pas continuellement appuyée sur la chronologie , n'a pas une marche assez réglée ni assez ferme. Il voulait que la suite des temps et celle des faits se développassent toutes deux ensemble avec cet agrément que produisent , même aux yeux ^ la disposition industrieuse et la mutuelle dépendance des parties d'un corp» organisé.

ir avait imaginé une division des temps facile et commode, . 4^ siècles depuis la création jusqu'à Auguste , 16 siècles d'Angu^l* à Charles y y chacun de ces 16 siècles partagés en cinq vingtaine! d'années ; de sorte que dans les huit premiers , de mérae que dans les huit derniers , il v a 40 de ces vingtaines comme ^o siècles dans la première division , -régularité de nombres favorable à ^ mémoire. Au milieu des 16 siècles comptés depuis Auguste se trouve justement Charlemagne , époque des plus illustres. L^ hasard semblait s'être souvent trouvé d'accord avec les intentions de Bianchini. Il avait imaginé de plus de mettre à la tcte de chaqi;e siècle de la quarantaine par oii il ouvrait ce grana théâtre , et ensuite à la tête de chaque vingtaine d'années )1* représentation de quelque monument qui eût rapport aux pno* cipaux évenemeos qu'on allait voir : c'était la décoration jwr^ culière de chaque scène , non pas un ornement inutile , matsat^

DE BIANGHINI. 417

intlmetkMi MMÎUf dvnntfe aux jreoa et à Pimtgination par^tout ce qui noiu resta de pluf rare et de j^m carîeiix.

n ipiiUia en 1697 la première partie de ce graad detiein. Elle devait contenir les 40 premiers siècles de l'histoire profane ; mais il se trottYa que k yolnme aurait été d'une grosseur difforme , et il n'y ttttra que 3a siècles , qui finissent à la mine du grand empire d'Assjrie. Le titre est : La iëtaria unitmrttUepr^ata 00m Wkomêmênêi, H Jlguntia can êimboU de gU jintiehi. Biancbini occupé d'autres tim^aux qui lui sont survenus , n'a point donnd de évite. Mais cette partie n'est pas seulement suffisante pour donner une haute idée de tout l'ourrage ; elle en est le morceau qui oAt été le plus considérable , par la difficulté et l'obscurité des «latières à édaircir s là précisément oii elle se tennine , le jour allait commencer à paraître » et à conduire les pas de l'historien. Si d'un grand palais ruiné on en trouTait tous les débris cou*fuséiiient dispersés dans l'étendue d'an Teste terrein , et qu'on f àt tAt qu'il n'en manquât aucun 1 ce serait un prodigieux travail de les rassembler tous, ou du moins, sans les rassembler, de se faire , en les considérant , une idée juste de toute la structure de ce pnlais. Mais s'il manquait des débris , le travail d'imaginer cette structnre serait plus grand , et d'autant plus grand , qu'il manquerait plus de débris ^ et il serait fort possible que Ton fit de cet édifice différons plans qui n'auraient presque ri^n de commun entre eux. Tel est l'état oh se trouve pour nous l'histoire des temps les plus anciens. Une infinité d'auteurs ont péri; ceux qui noos restent ne sont que rarement entiers : de petits iragmens « et en grand nombre y qui peuvent être utiles , sont éparf ch et là dans fles lieux fort écartés des routés ordinaires , oh Ton ne s'avise pas de les aller déterrer. Mais ce qu^il 7 a de pis ^ et qni n'arriverait pas à des débris matériels , ceux de l'histoire ancienne se contredisent souvent ^ et il faut oi^t trouver le secret de lee concifier , ou se résoudre à faire un choix qu'on peut tou' jours aonpçihiner d'être un peu arbitraire. Tout ce que des savans du premier ordre , et les plus originaux , ont donné sur cette matière , ce sont différentes combinaisons de ces matériaux d'an* tiqnités 5 et il j a encore lieu à des combinaisons nouvelles , soit que tons les matériaux n'aient pas été employés , soit qu'on en * pniaae fiiire un assemblage plus heureux , ou seulement va^ autre aasemblage.

Il parait que Bianchini les a ramassés de toutes parts avec un eatiéflie soin , et les a mis en œnrre avec une industrie singulière. Les siides qui ont précédé le déluge , vides dans l'histoire profaae que Fou traite ici , et à laquelle on interdit le secours da Pbiatoire sainte | sont remplis par l'invontiv des arts las plnil'

4i8 ÉLOGE

nëcesaaires, et Ton en rapporte. tout ce que les anciens en oit dit de plus certain , ou imaginé de plus yraisemblable. U est aisé de voir quels sujets suivent le déluge.- Partout c'est un grand spectacle raisonné , appuyé non-seulement sur les témoignage! que le sayoîr peut fournir , mais encore sur des réflexions tirées de la nattire des choses , et fournies par Tesprit seul , qui donne la vie à ce grand amas de faits inanimés. Rien n'est mieux manié que les établissemens des premiers peuples en différens paji , leurs transmigrations, leurs colonies, Torigine des monarclûes ou des républiques , les navigations , ou de marchands on Je oonquérans ; et sur ce dernier article , Bianchini fait tosjonn grand cas de ce qu'il appelle la Ifioiassocraiie , l'empire ou àa moins l'usage Ubre de la mer. £n effet , l'importance de cette thalassocratie connue et sentie dès les premiers temps , l'est tu joor* d'hui plus que jamais ; et les nations de l'Europe j'accordent asses il penser qu'elles acquièrent plus de véritable puissance eo s'enriclussant par un commerce tranquille , qu'en agrandissant leurs états par des conquêtes violentes. Selon Bianchini, ce n'était point du ravissement d'Hélène qu'il s'agissait entre les Grecs et les Troyens : c'était de la navigation de U mer Egée et du Pont-£uxin , sujet beaucoup plus raisonnable et plus intéressant^ et la guerre ne se termina point par la prise de Troie ^ maïs par un traité de commerce. Cela est même assec fondé sar l'^mtiquitéi mais de là l'auteur se trouve conduit à un paradoie plus surprenant; c'est que l'Iliade n'est qu'une pare histoire f allégorisée dans le goût oriental. Ces dieux, tant reprochés à Homère, et qui pourraient l'empêcher d'être reconnu povr dirist sont pleinement* justifiés par un seul mot : ce ne sont point des dieux , ce sont des hommes ou des nations. Sesostris, roi de !'£" thiopie orientale ou Arabie, avait conquis l'Egypte, toute l'Asie mineure , une partie de la grande Asie; et après sa mort» les rois ou princes qu'il avait rendus tributaires , secouèrent pea h, peu le joug. Le Jupiter d'Homère est celui des suJBicessean de Se^stris , qui régnait au temps de la guerre de Troie; il b^ . commande qu'à demi aux dieux , c'est - à - dire aux prïoces sec vassaux , et il ne les empêche pas de prendre patiti pour les Grec ou pour les Troyens , selon leurs intérêts et leurs passions. Jnnoa eat4a Syrie, appelée blanche ^ alliée de l'Ethiopie orientale* mais avec quelque dépendance ; et cette Syne est caractérisée p^r les broê blancê de Junon. Minerve est la savante E^!^) Mars^ 4uie ligue de l'Arménie , de la Colchide , de Ja Thrace et de la Thessalie , et ainsi des autres. A la faveur de cette allégorie, Homère se retrouve -divin ; il faut atouer cc^ndant qu'il 1'^*^^ dLéji> quoiqu'on naJiit coBB&t point.

DE BIÀNCHINI. 4ig

Apri» tout ceqai tient d'être dit , on ne s^Atlèlid^Aît peint-que BÎMcluni fàt nn grand math^aticien. Naturenement le génie des férités mathématiques et celui de la profonde éruditfon^sont apposés; ils s'excluent l'un l'autre , ils se méprisent mutuellement ; il est rara de les a^r tous deux , et alors même il est presque impossible de trouver le temps de satisfaire à tous les deux. Bianchini les posséda pourtant ' ensemble , et les porta loin. Il eut une occasion heureuse d|pdonner en même temps des preuves incontestables de l'un et de rai|tre. lorsqu'au commencement de ce siècle il fut question à Rome de l'affaire- dn calendrier dont nous ayons par]» en 1700 (1) et 1701 (2), et ^ le pape Clément XI eut fait' une congrégation sur ce sujet, Bianchini , qu'il en avait nommé secrétaire , lit deux ouvrages )iii avaient rapport et à cette grande . af&ire et à sa nouvelle dignité 9 elt oii la mathématique se liait nécessairement avec rénidition la plus recherchée. Il les publia en 1708 sous ces titres : De caUndario ei cfclo Cœsaris , ac ds canone Paschali ^ancii.ffippaif H marins, diseeriatianeê duie. Telle est la né* tare de ces ouvrages -, qi^on les défigurerait trop ^ si on voulait en donner unje idée : tout lecteur en sentira le prix , pourvu ^a'il soit assez savant pour les bien lire. Nous rapporterons seulement que l'auteur s'est attaché à défendre le canou pascaj de saint Hippoljte, qne le grand Scaliger avait hardiment traité àe puéril^ et qui, par les remarques de Bianchini, se trouve être le plus bel ouvrage qu'on ait fait en' ce genre jusqu'à la réformation du calendrier sous Grégoire XIII. Ce devait être un double plaisir pour un savant et pour un catholique xélé , qu'une victoire remportée en cette matière sur Scaliger*

Bianchini fut -purement mathématicien dans la constru(îtion do grand Gnomon qu'il fit dans l'église des Chartreux de Rome, pareil à»celtti que le grand Cassini avait fait dans S. Pétrone de Bologne. Il en vient de naître un troisième dans Saint-Sulpice ' de Paris , par les soins d'un^ pasteur qui songe à tout-, et on en fiait actuellement à l'observatoire un quatrième. Ces Gnomons ne sont que des grands quarts de cercle, mais plus justes à prcHportion de leur grandeur , et ce plus de justesse paie asses totûs les soins presque incroyables de leur construction. Clément XI fit fra}^r une médaille du Gnomon.^s Chartreux , et Bian-. chitti publia aine ample dissertation De Nummo ei Gnomonê Ciemeniino.

H partageait continuellement sa vie entre les recherches d'an« tiquité.et les recherches de mathématique , surtout celles d'

(0 Page 127 et raÎT. , seconde édition. (a) P«9e zo5 et sobr. , seconde édttioii.

4ao ÉLOGE

troiMHBÛe. Tantte attronome , et tantAt ênikpaim , 0 rtuniit oo les cienx ou d'asciem monummt av«c des yevx ëdai'rÀ i» la lamiire propre à chaque objet , on plutôt il savait preodfe des yeux diffi^reus selon ses diferens objets. Nous ne domiero» pour esemple de cette remarque alternative , que ses deux dei^ niers ouvrages imprimés à une année Tun de l'antre. Le preanîer en 17279 Camm td IfuarUwni Sepolcraii de lÀbêrH, Smn^ 0d Ufkiaii da4| Cam di Augmt»^ •te.\jt secooi an 1728 , HeêpeH e{ Pkoaphon noua phancmtna , êivm éhmnm^ iionêê cifca pianstam F&nêrU.

On découvrit en 1796, hors de Rome, sur la voie AppieeM un bâtiment souterrain consistant en trois grandes salies, dont les murs étaient percés dans tonte feur étendue de niches pa* rèillesà celles que l'on fait dans les colombiers, afin que ki pigeons tfj logent. Elles étaient remplies le plus souvent iâ q[uatre urnes cinéraires, et accompagnées d'inscriptions, qui marquaient le nom et la condition des personnes dont on v^ysit les cendres : tous étaient ou esclaves ou affiranchis de la maiiOB d'Anguste , et principalement de ceDe de Livie. L'édifice étsil magnifique , tout de marbre , avec des ornemens de mosalqac d'un bon^ùt. Bianchini ne manqua pas de sentir toute la joie ^'nn antiquaire , et de se livrer avec transport à sa curiosité, n pensa lui en coAter la vie t il allait tomber de quarante piedi de haut dans ces ruines, et il fit, pour se retenir, nn eibrt violent dont il fut long-temps fort incommodé ; ce qoi inter» rompit les observations qu'il faisait en même temps sur Vénus. Il s'enfismuit donc le jour dans le colombier sépulcral et souterrain , et la nuit il montait dans son observatoire. H a donné une description exacte de ce colombier, et toutes les recherches lavantes qu'on peut faire à l'occasion des inscqptions , surtout l'explication d'un grand nombre de noms d'offices, qui sont lans doute d'une excellente latinité, vu le siècle, mais d'une latinité presque perdue aujourd'hui. En joignant le nombre d«s morts de ce grand tombeau à ceux d'un autre font pareil dé» couvert précédemment , et qui n'étaitnon pins que pour la matsm d^Anguste , Bianchini ep trouve 6000, sans tous ceux ^(oi, devaient être dispersés en une infinité d'autres lieux plus ékngnés de Rome. Ce grand tiofi|bre n'étonne plus , dès que Fov voit ,

£ar plusieurs charges rapportées dans les inscriptions , cond^ien \ service était divisé en petites parties. Telle esclave n'était employée* qu'à peser la laine que filait l'impératrice , une autre k garder ses boucles d'oreilles , une autre son petit «hien. *

Les observatiom de Bianchini sur Vénus nom intéressent da-

DE BIANCBINI. 4^1

Yaatage. YiûnM est très-difficile k obâerrer autant et de la ma- BÎere ^'il le faudrait pour en apprendre tout ce que la cuirioeîté •atitmamique demanderait. G>mnie le œrcle de fa révolution antour du soleil est enfermé dans celui de la terre , on ne là voit ni quand elle est entre le soleil et nous , parce qu'alors Son bémiçlière obscur est tourné yers uôus ; ni quand le soleil est entre nous et elle , parce qu'alors 11 la cache ou Teibce. Il no reste que le temps où elle n'est ni dans l'une ni dans l'antre de cet deux parties opposées de son cours , et oh même elle en est à vB certain éloignement. Ces temps y qui précèdent le loyer du aoleîl on suivent son coucher , sont courts ^ parce que Vénus no sTécsurte pas beaucoup du soleil ; encore en Caut^il nécessairement perdre une bonne demi-heure pour attendre que Vénus soit assex dégagée des rayons de cet astre. Mercure , qui étattt plna proche du soleil est encore plus dans le cas de ces difficultés f échappe presque entièrement aux astronomes*

Cassini étant encore en Italie s'était appliqué en iâ66 et 1667 à découvrir les taches de Vénus , pour déterminer par leur mojeii son xaonvement diurne ou de rotation , si elle en avait mu II vit des taches k la vérité , et même une partie plus luisante , qui fait le même effet par rapport au mouvement de rotation ; il crut q[ue ce mouvement pouvait être de vingt^trois heures , si cepe»« dant ce n'en était pas un de libration, teigne oehii qu'on attri** bue à la lune , car les plus grands hommes ^ont les moins hardis k affirmer. Le peu de durée que pouvait avoir chacune de ses ^Mervations , lui rendait le tout asses incertain 1 et depuis œ tempSM'lâ il parait avoir abandonné cette planète. Ensuite Huy<«t ghens , qui avait découvert l'anneau de Saturne et un de ses sa-* tdilites , chercha inutilement des taches dans Vénus ; il n'y vit q[n'aBe lumière parfaitement égale. Nous avons dit en 1700 (i) f qno de la Hire y avait vu de grandes inégalités en saillie , qui pouvaient être des montagnes ; ce qui ne s'accorde ni avec Câs«» cîtti 9 ni avec Huyghens , et ne prouve que la difficulté dm iojct. En dernier lieu , le P. Briga , jésnite , professeur en mathéma* tique au collège de Florence » qui travaillait à un grand ouvrage mar Vénus , avait invité tous les observateurs de sa connaissanco et en Europe et k la Chine > à chercher les taches de cette pla* aète avec leurs meilleurs télescopes ; et tons loi avueut répsôdia qu'ils y araient perdu leurs peines.

De plus , il manquait à la théorie de Vénas que sa parillœ tàt connue par observation immédiate; elle n'était que tiréo par des conséquences ou des cii^cnits y toujours moins sArs que l'observation. On sait que la parallaxe d'tue planète est la diJi**-

(i) Page 191 y fcoonde ëditkm.

4ia ÉLOGE

reiiçe entre les deux lîetn du ciel oii on la rapporte vne da centre de la terre , ou vue d'un point de la surface ; ce qui donne la grandeur dont le demi-^iamëtre de la* terré serait vu de cette planète , et la distance de la planète à la terre.

Ce fut par La recherche de la parallaxe de Vénus que Bianehini commença. Il voulut tenter d'y appliquer l'ingénieuse méthode. trouvée par feu CasSini pour la parallaxe de- Mars, et expliquée en 1706 (1). EUe consiste à comparer à une étoile- fiie extrêmement proche de la planète dont on cherche la parallaie « le ipouvement de cette planète , et cela pendant un temps asMs long. On n'aurait pas vu assez long*temps Vénus prise le matin ou le soir j mais, avec des lunettes on la peut voir en plein }oar et dans le méridien , quelquefois même à l'œil nu , et alors on avait le temps nécessaire. Mais on ne voit pas ainsi les fixes , t moins cependant qu'elles ne soient de la première grandeur ', et c'était un pur honheur d'en trouver quelqu'une extrêmement proche de Vénus vue en plein jour et au méridien.. Bianchini espéra , sur la foi des tables du mouvement de Vénus, que le 3 juillet .1716 elle se trouverait dans le méridien à peu pits avec Héguluê , ou le cœur du Làon ; et en effet , il vit ces deux astres dans la même ouverture de sa lunette. Il répéta l'obserr*tionles trois jours.suivans; et après Ven être bien assuré-, il tronya par la méthode de Calsini , et vérifia encore par une autre voie, que la parallaxe de- Vénus était de vingt-K{uatre secondes. Nous supprimons toutes les attentions fines et délicates qu'il apporta ; Je mérite n'en serait senti que par les astronomes , et les astro* nomes supposeront aisément qu'il ne les oublia pas dans une recherche si nouvelle et si importante.

Il ne faut pourtant pas compter pour absolument sûres les vingt-quatre secondes de la parallaxe de Vénus ; elles en donne^ raient quatorse pour celle du soleil , qui , selon Cassint , n'est qae de dix y et , selon de la Hire , de six , et ces deux noms sontd'ua grand poids. C'est plutôt la manière de trouver la parallaxe de Vénus , qui est enfin trouvée par Bianchini , ^ue ce n'est cette parallaxe même. Il voulait recommencer ses observations eo 1724 9 ou Vénus se devait retrouver en passant par le nieridien dans la même position à peu près à l'égard de Régulus , position unique et précieuse. Mais il n'eut plus alors le même lieu pour observer , et il n'en put avoir d'autre qui y fût propre. £h I quel déplaisir de dépendre tant d'un certain ccHKOurs de circonstances étrangères ! Comme Vénus ne revenait avec Régulus qu'au bout 4« huit ans , il se flatta de reprendre son travail en 173a ; mais aa vie ne s'est pas éti^due jnsqaes«>là. (1) Page ^ et tuir.

Page 1