DE DU VERNEY
paraissait pas luffisvnment honoré par ce cuUe savant , toujours cependant accompagne du culte ordinaire le plus régulier. L'âge qui s'avançait , les infirmités qui «iigmentaient , contribuaient peut<-étre à ce scrupule , saos lui donner pourtant le pouvoir de l'j livrer entiffrement.
Les mêmes raisons Terapécliërent pendant plusieurs années de paraître M'académie. Il demanda à être vétéran , et sa place fut remplie par Petit , docteur en médecine. U paraissait avoir ou* blié l'académie , lorsque tout d'un coup il.se réveilla k l'occasion delà réimpr^ion de l'histoire naturelle des animaux , k laquelle il avait eu anciennement beaucoup de part. Il reprit à 80 ans desiorces, de la jeunesse, pour revenir dans nos assemblées , ou il parla ll^ffc toute la vivacité qu'on lui avait connue , et qu'on n'attendait plus. Une grande passion est une espèce d'ame immortelle k sa manière , et presque indépendante des oi^anes.
II ne perdait aucun des intervalles que lui laissaient des souffrances qui redoublaient toujours , et qui le mirent plusieurs fois au bord du tombeau. Il revoyait avec Vinslow son traité de l'oreille , dont il voulait donner une seconde édition , qui se serait bien sentie des acquisitions postérieures. Il avait entrepris un ouvrage sur les insectes , qui l'obligeait à des soins très-pénibles. Malgré son grand âge , par exemple, il passait des nuits dans les endroits les plus humides du jardin , couché sur le ventre, sans oser faire aucun mouvement , pour découvrir If s allures , la conduite des limaçons , qui semblent en vouloir faire un secret impénétrable. Sa santé en souffrait , mais il aurait encore plus souffert de rien négliger. Il mourut le 10 septembre 1780, âgé de 82 ans.
Il était^ en commerce avec les» plus grands anatomistes de son temps , Malpîghi , Ruysch , Pitcafne , Bidioo , Bocrhaave. J'ai vu les lettres qu'il en avait reçues j et je ne puis m'empêcher d'en traduire ici une de Pitcarpe, écrite en latin , datée de l'an 171 2 , à cause de son caractère singulier'.
Trh'illustre du Verney , voici ce que i* écrit un homme qui te doit beaucoup , et qui te rend grâce de ces discoure divins qu*il a entendus de toi à Paris il y a 3o ans. Je te recommande Thomson mon ami , et Ecossais. Je t'enverrai bientôt mes dissertations où je résoudrai ce problème : Une maladie étant donnée , trouver le remède. ^ Edimbourg , etc. Celui qui s'élevait* à de pareils problèmes , et dont effectivement le nom est devenu si célèbre , se faisait honneur de se reconnaître pour disciple de du Vemej. On voit de plus par des lettres de 1698 , que lui qui aurait pu instruire parfaitement d^^^s l'anaiomie un frère qu'il avait , il l'en-
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voyait d'Angleterre à Paris , pour y étudier sous le pliu grand maître.
En général , il parait par* toutes ces lettres , que la réputatioa de du Verney était trës-brillante chez les étrangers , non-seolement par la haute idée qu'ils remportaient de sa capacité, mais par la reconnaissance qu'ils lui devaient de ses manières obligeantes , de l'intérêt qu'il prenait à leurs progrès , de#]'afiection dont il animait ses leçons. Ceux qui lui adressaient de nouyeaux disciples , ne lui demandaient pour eux que ce qu'ils avaient éprouvé eux-mêmes. Ils disent tous que son traité ^e l'ouïe leur a donné une envie extrême de voir les traités des quatre autres sens qu'il avait promis dans celui-là. Ils l'exhortent souvent à faire part à tout le public de ses richesses , qu'il nei^peut plus tenir cachées après les avoir laissé apercevoir dans ses discours du jardin royal. Ils le menacent du péril de se les voir enlerer par des gens peu scrupuleux , et on lui cite même un exemple ob l'on croit le cas déjà arrivé ; mais il a toujours été ou peu sensible à ce malheur , ou trop irrésolu à force de savoir.
On lui donne assez souvent dans ces lettres une première place entre tous les anatoroistes. Il est vrai que dans ce qu'on écrit à un homme illustre, il y entre d'ordinaire du compliment : on peut mettre à un haut rang celui qui n'est pas à un rang fort haut;, mais on n'ose pas mettre au premier rang celui qui n'y est pas : la louange est trop déterminée , et on ne pourrait sauver l'honneur de son jugement.
Il est du devoir de l'académie de publier un bienfait qu'elle a reçu de lui. Il lui a légué par son testament toutes ses préparations anatomiques , qui sont et en grand nombre , et de la per-^ fcction qu'on peut imaginer. Cela joint à tous les squelettes d'animaux rares , que la compagnie a depuis long-temps dans une salle du jardin royal , composera un grand cabinet d'anatomie , moins estimable encore par la curiosité que par l'utilitc dont il sera dans les recherches de ce genre.
DU COMTE MARSIGLT.
JLjouis-Ferdikano Marsigli naquit à Bologne le To juillet i658 du comte Charles-François Marsigli , issu d'une ancienne maison Patricienne de Bologne , et de la con^tesse Mar^erite Cicolani. Il fut élevé par ses parens selon qu'il convenait à sa naissance ; mais il se donna à lui-même , quant aux lettres , une éducation bien supérieure à celle que sa naissance demandais. Il