‹ Œuvres de FontenelleChapitre 8 sur 112 · ENTRETIENS SUR LA PLURALITÉ DES MONDES · texte numérisé non relu

ENTRETIENS SUR LA PLURALITÉ DES MONDES

Dans la même année oii Fontenelle émit ses aoutes sur les Causes occasionnelles , parurent ses Entretiens sur la pluralité des Mondes , fondés en partie sur le système du cartésianisme. Ils eurent le plus grand succès et se répandirent dans toutes les classes de la société; aujourd'hui encore c'est de tous les écrits de Fontenelle celui qu'on lit le plus généralement. Quoique les progrès de l'astronomie aient mis à découvert le côté faible des hypothèses cartésiennes , on relit avec plaisir un ouvragQ

NOTICE. xxj

cil elles sont pre'séDtées accessoirement sous une forme aussi attrayante. Nous disons accessoirement , car ces Entretiens roulent principalement sur le système du Monde , tel qu'il a été conçu par Copernic , et adopté par tous les astronomes. Fontenelle est le premier qui ait mis à la portée des gens du monde les principes de l'astronomie moderne , et qui ait rendu familières des notions qui auparavant étaient réservées aux savans. La jalousie a cherché à diminuer ce mérite , en déterrant un ouvrage publié à Rouen en i6S6y sons le titre du Monde dans la Lune, deuxparties'en un volume in-8*. , traduit de l'anglais de Wilkins. Mais elle n'a pas songé qu'il est peu important de savoir où se troave le fond des idées sur la pluralité des mondes. C'est sui^ tout par la fonae que brille l'exposé de Fontenelle , et cette forme lui appartient entièrement ; elle porte tout le cachet de son esprit ; Fontenelle seul a pu traiter une matière naturellement sèche avec tant d'enjouement et de grâces. Son goût pour la galanterie, qui dégénère <}uelquefois en fadeur, se retrouve dans ces Entretiens d'un savant et d'une marquise , personnage qui n'est pas tout-à-fait imaginaire. Lecat nous apprend , dans son éloge , qu'en mettant en scène une marquise remplie de charmes, Fontenelle avait en vue madame de la Mésangère de Rouen. L'auteur des EnireiUnê racontait lui-même, que lorsqu'il fit à Rouen la Lecture de son ouvrage à madame de la Mésangère, la femme de chambre reconnut sa maîtresse et le parc de la Mésangère , dès \e% premières pages; et cette dame eut si grand 'peur d'être reconnue par le public dans la personne de la marquise , qu'elle en-< gagea Fauteur à diminuer la ressemblance. Obéissant à ce désir, Fontenelle changea la marquise en blonde , de brune qu'elle était. Il n'est pas inutile d'ajouter , qu'en tendre berger , l'auteur des pastorales avait gravé sur l'écorce des hêtres de ce parc des vers amoureux , qu'on y a vus long-temps.

U serait difficile d'énumérer toutes les éditions àt% EnireUene MUT la pluralilé des Jf ondes. Il faut distinguer dans le nombre l'édition faite à Dijon en 1 798 , sur papier vélin , petit in-8*. , édition dont cinq exemplaires ont été tirés sur peau de vélin ; celle qui a été imprimée à Pans en 1 796 , par Didot le jeune , sur papier vélin , grand in-4'** 9 <ivec figures; enfin l'édition ornée des notes de M. Lalande , Paris , 1800. Un astronome allemand , M. Bode, a également enrichi de notes ces Entretiens. La tradnction allemande qu'accompagnent ses remarques a eu trois éditions , dont la dernière a parn à Berlin , 1798. Presque toutes les nations de l'Europe ont traduit l'ouvrage de Fontenelle. Il en existe même une traduction en grec , par M . Kodrika , Vienne ,

txîj NOTICE.

Page 1