‹ Œuvres de FontenelleChapitre 9 sur 112 · HISTOIRE DES ORACLES · texte numérisé non relu

HISTOIRE DES ORACLES

Dans la Biographie unitferselle, à l'article FontenelU yOn observe avec raison qu'une histoire des oracles est encore à faire. L'ouvrage de Fontenelle est une dissertation bien faite , qui à l'époque oii elle parut, fut regardée par certaines personnes comme impie, et que le jésuite LeTellier voulut faire condamner; aujourd'hui elle passerait presque pour un ouvrage religieux. On sait que l'écrit de Fontenelle est un abrégé élégant et Inraineux d'un traité bien érudit, mais bien diffus, du hollandais Yan-Dale. Le Précis, de l'écrivain français parut en 1687. Van-Dale s'expliqua de la manière suivante sur le travail de Fontenelle : « J'ai lu avec bien du plaisir V Histoire des Oraclee , faite par un auteur français , oii je suis copié fidèlement. J'approuve la liberté qu'il s'est donnée de tourner ce que j'avais avancé dans mes deux Dissertations sur ce sujet , au génie de sa nation.... Loin de le trouver mauvais , je le loue d'avoir facilité la connaissance de cette importante question aux honnêtes gens de l'un et de l'autre sexe de son pays , et j'avôue qu'il a eu raison de les décharger de la peine de lire quantité de citations ennuyeuses. Mais ce savant et galant homme me pardonnera si je dis qu'il a oublié des choses importantes, et qui pouvaient ctre plus décisives et moins eunuyeuses que d'autres dont il a fait emploi dans son ouvrage. C'est peut-être un malheur pour la cause qu'il soutient avec moi , qu'il ne soit pas dans un pays de liberté; car je ne puis imputera une autre raison le silence qu'il a gardé , ou les déguisemens qui semblent l'avoir commandé sur des faits de conséquence. « Nouv. de la Répuhl. des Let^es^ 1687. Vingt ans après, un jésuite, le P. fialtu«, entreprit de le réfuter par sa Reportée à P Histoire dee Oraoles, Strasbourg , 1707 , et par là suite de ^a Réponse , qui parut en 1708. Il soutint que les démons avaient fait des oracles , et qu'ils s'étaiettt tus à l'arrivée du Messie. Fontenelle n'eut garde de s'engager ^ans une querelle théologique. Il savait ce qu'il en coûtait souvent , dans son siècle , pour avoir raison dans de pareille» matières^ et il laissa au temps le soin de réA^tei^ les raisonnemens saperstitieox de «es adversaires.

« Je ne répondrai point au jésuite de Strasbourg, écrivait-il à Leclerc, quoique je ne croie pas l'entreprise impossible. Mais l'Histoire de l'académie àes sciences me donne trop d'occupa— tion ,et tourne tontes mes études sur des matières trop diflTérentes de oelles-U. Ce serait plutôt à M« Van*Daleà répondre qu'à moi ; je nt suis que son interprète , il est mon garant. Enfin je n'ai

NOTICE. xxY

* cei lettres Aissent de lui , et saiis nier qu'elles fussent de M. d'Hernuinyille , et conclut par ces mots : « Mon avis serait , si tous me faisies rhonneur de me le demander , que votre pari fût nul. » Dans la préface même du recueil de se^ œuvres , Fontenelle dit qa'il j admet ces lettres , parce que dans le public on les lui a tOBJoors attribuées , quoiqu'il ne les ait pas avouées. Il n'j a peut être qne Fontenelle k qui il soit arrivé d'admettre au nombre de ses écrits un ouvrage , sans oser avouer qu'il l'avait fait. Dans l'intimité de la conversation il est pourtant quelquefois convena de la vérité.

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