‹ Œuvres de Fontenelle, Volume 3Chapitre 16 sur 74 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Qu'il semble que , dans le Système des Causes occasionnelles , Dieu n'agit point par des lois générales.

Agir avec uniformité , agir par des lois ou volontés générales , oe sont là de belles idées , et on voit bien qu'il faut qu'elles conviennent à Dieu. Mais qu'est-ce que des lois générales? Qu'est-ce que Tuniformité qui doit être dans l'action de Dieu? Je doute qu'on le sache tout-à-fait bien^ On attribue à Dieu ces mots là f et on n'entend pas trop la chose qu'on lui attribue. Examinons cette inatière avec un peu de soin.

L'action par laquelle un^ être intelligent agit hprs de lui , a deux rapports^ l'un à son dessein et à la fin qu'il se propose ^ l'autre à la nature du sujet sur lequel il . agit.

Elle ne peut avoir d'autre rapport au dessein que de rèxécuter : mais à la nature des objets , elle en p0ut avoir trois différens ; ou d'être précisément . tellç que le demande la nature de ce sujet, ou d'être au-delà de ce qu'elle demande, et .en quelque f£|çon cont]:e, ou d'être telle que la nature de ce sujet, y soit indifférente^ Je m'explique*

Si je veux faire une machine qui sonner les heures y je prends des pièces de métal , et les arrange ou les façonne d'une certaine manier^ : cette action est indifférente à la nature de ces pièces de métal, car de leur nature elles ne demandent ppint d'être façQimées ou arrangées d'une manière plutôt que d'une autre^

Mais ces pièces de métal é^nt devenues une n^achinc par la figure et l'arrangement que je leur ai donnés ,

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elles prennent une nouvelle nature ; il ne faut plus les considérer simplement comme de la matière; il les faut considérer comme une machine.

La nature d'une machine est qu'après avoir reçu du mouvement de dehors , elle exécute ensuite , étant abandonnée à elle-même, le dessein pour lequel on Ta faite.

Ainsi y lorsque je donne du mouvement à cette machine , j'agis selon que «a nature le demande.

Mais si je n'avais pu la disposer si bien , que le mouvement que je lui donnerais une fois lui fît sonner naturellement les heures , et qu*il fallût que j'allasse les lui faire sonner toutes de ma main, alors j'agirais audelà de la nature de cette machine, ou même, si vous voulez,, contre; car la nature d*une machine exclut qu'après lui avoir donné du mouvement , on lui fasse faire ce qu'elle n'eût pas fait d'elle-même.

Une action est uniforme , lorsqu'elle a toujours le même rapport, tant au dessein qu'à la nature du sujet.

Ainsi , une action qui exécute un dessein peut être uniforme en trois manières.

Ou étant toujours selon la nature du sujet, ou toujours au-delà, ou lui étant toujours indifférente.

Ces trois sortes d'uniformités sont entièrement égales, prises précisément dans l'espèce d'uniformité: cependant trois actions qui auraient ces différens rapports, ne seraient pas également parfaites.

Que je donne toujours en des temps réglés du mouvement à une machine qui n'a besoin que de cela pour sonner les heures , \m que j'aille lui faire sonner toutes les heures de ma main, ou que, sans avoir fait une machine , je sonne toutes les heures en frappant

OCCASIONNELLES. io5 deux pièces de métal l'une contre l'autre ce qui sera une chose indifférente à ces deux pièces de métal qui ne sont simplement que de la matière; ces trois actions, quoique d'une égale uniformité, ne sont pas d'une perfection égale. 11 n'y a que la première qui soit parfaite , parce qu'elle suppose que parmi toutes les dispositions possibles où la nature de ces pièces de métal souffrait que je les misse, j'ai justement choisi celle où elles sonneront d'elles-mêmes les heures , pourvu qu'on leur donne ce que toute machine demande , c'est-à-dire du mouvement. Ainsi , j'ai confié l'exécution de mon dessein à la nature seule des sujets sur lesquels j'agis; et dans tous les effets qu'ellct produis d'elle-même, elle ne fait plus que m'obéir. Mpn dessein lui est si exactement proportionné , que tout ce .qu'il demande, elle le demande aussi, et je ne puis rien faire pour elle qui ne me conduise à mçi fin, U est de ma sagesse de n'avoir formé sur les sujets que des desseins que leur nature pouvait exécuter , et il est de mon intelligence de les avoir mis justement daps le& dispositions où leur nature seule devait exécuter mes * desseins. Si j'ai choisi ce dessein proportionné à leur nature , et cette disposition proportionnée à mon dessein , parmi une infinité d'autres desseins et d'autres dispositions, je suis d'une sagesse et d'une intelligence infinies.

La seconde sorte d'action est imparfaite de l'une pu. de l'autre de ces deux manières. Si les pièces de métal, ont pu être disposées de sorte qu'elles sonnassent Jes heures sans que j'y misse la main, j'ai manqué d'inteU ligence de ne pas m'aviser de cet:te disposition : si elLûa. p'ont jamais pu être disposées de cette sorte , j'ai man-

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iqùé de sagesse de leur demander une chose qui était au^

delà de leur nature.

Là troisième action n'est imparfaite qu'au cas que des pièces de métal aient pu être mises dans une disposition où elles eussent sonné tes heures d'elles-mêmes Ën ce cas là elle ne manque pas de sagesse; car selon la supposition; elle ne demande aux choses que ce qu'elles peuvent faire; mais elle manque d'intelligence de ne leurfairepas exéuter son dessein par leur nature seule, comme il se pourrait. Il y a toujours plus d'habileté à faire ti ne machine qui exécute votre dessein, qu'à n'enf faire pas quand il est possible d'en faire une.

Avant que la machine que je veux faire soit faite, je Be puis agir pllus parfaitement que d'une action indiffér rente à la nature des sujets ; car s'ils résistaient à quelque disposition, je manquerais de sagesse en les y méttiant : mais comme je les suppose indifférens à toute disposition, mon action' sera toujours inditTérente à leur nature, c'est à mon dessein à me déterminer.

Mais lu mAchine faite, je ne dèi^ plus agir que précisément selon sa nature.

Vous voyez dùtic par ces trois espèces d'actions que Hotfs ftvon^ proposées V que l'Uniformité , en tant que simple uniformité, ne suffit pas pour rendre une'action parfaite; mais qu'il faut que ce soit une uni^orhiité qui suppose de la sagesse et de l'intelligence.

Remarquez encore qu'une action n'en est pas plus përfaite pour être plus uniforme, si ce n'est de cette uniforniité d'intelligence et de sagesse.

Je suppose qu'il sôît impossible qu'une machine ^ sohne les heures ^eïle-même. Il fiiuf que j'aille les lui" feli*e "sonner toutes de ma mairi. Celte action a sôn unj^

OCCASIONNELLES. 107 fornilté/en ce qtie j'agik toujours par rapport k mon dessein et au-delà de la nature de mon- sujet.

J¥tfebKs un homme qui , quoique je sache fort bien quand il faudra aller sonner l'heure , ne manquera jamais k me faire signe d'y aller quand il le faudra ; et alors je dis t Voilà mon action devenue plus uniforme, ei par conséquent plus parfaite ; car j'agis toujours sur les signes de cet homme. Ai-je raison ?

Non sans doute. La nouvelle uniformité de mon actiôn ne supipose pas en moi j)lus de sagesse; je nîen demîande pas moins à ma machine une chose qu'elle né peut faire. Elle ne suppose pas plus d'intelligence, car la nature de cet hohimè n'à aucun rapport aux "heures ; il ne mé fait signé précisément que parce que je le veux : il est visible qu« je n'en suis pas plus habile pour Tavdii* voulù. La connaissance de te l'àpport arbitraire qufe j'ai établi sans nécessité , ne me rend pas ihtelli^ gettt : mais de l'avoir établi saiis nécessité , cela me rend moins sage. Voilà tout ce que produit la nouvelle uniformité de mon action.

'Comme on entend en général et confusément par le mot d'aétions ou lois générales , des actions d*unê uniformité qui les rend plus parfaites, sans démêler précisément en quoi tîonsiste cette perfection , je crois que nous pouvons définit les actions ou lois générales, céllesqui exécutent un dessein selon la nature du sujet eh sorte que la nature du sujet demande par elle-même ce que demande aussi le dessein.

Les à(^tio^i^ ou lôis particiilières seront celles qui exécutent un dessein au-delà ou contre la nature du sujet : cela s^éntènd assez.

A quôi il faut ajouter une troisième espèce d'actions

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ou de lois auxquelles on n'a point encore pensé, quoi« qu'elles eussent pu servira éclaircir cette matière. Nous les appellerons actions ou lois moyennes, et ce seront celles qui exécutent un dessein d'une manière indifie^ rente à la nature du sujet. ^

Il est aisé d'appliquer à Dieu et à son action ces définitions, et les exemples que nous avons apportés. Toute notre question est déjà résolue dans une espèce d'allégorie.

Il est du dessein de Dieu que les mouvemens des corps qui se rencontrent passen|; des uns dans les autres.

Mais selon la nature des corps , cela ne se peut jamais faire ; car il est dé leur nature de n'avoir nulle force pour se mouvoir les uns les autres.

Voilà donc déjà Dieu qui demande aux corps quelque chose qui est au-delà de leUr nature. 11 tombe donc dans Tun des deux inconvéniens de la loi particulière, qui est de n'avoir pas proportionné son dessein à la nature du sujet.

Cela répond au dessein que j'avais de faire sonner l'heure à une. machine , quoique je supposasse qu'il fût impossible qu'une machine sonnât l'heure.

, Et l'inconvénient est même encore plus grand à l'égard de Dieu qu'il n'était au mien. Si mes desseins, excèdent la nature des pièces de métal , ce n'est pas moi qui leur ai donné leur nature. Mais les essences des choses sont fondées sur l'essence de Dieu ; elles sont nécessairement telles , parce que l'essence de Dieu qui est nécéssaire, est telle. Or, il est inconcevable que la sagesse divine, en formant ses desseins, demande aux choses plus que ce qui est en elles par la participation de U

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nature divine qui a déterminé leurs essences. Il est ineoneevable que leur nature, quoique aussi parfaite qu'elle puisse être , soit pourtant assez imparfaite pour ne pouvoir exécuter les desseinsv de Dieu , ou que les desseins: de Dieu soient si excessifs, qu'ils ne puissent être exécutés par la nature des choses, quoique très parfaite.

. Au cas que , selon la nature des corps , leurs mouremens ne puissent augmenter ou diminuer par leurs rencontres , Dieu a dû former un dessein dont l'exécution permit que les corps retinssent toujours , nonobstant leurs rencontres, la même quantité de' mouveipent. Alors Dieu eut agi par une loi générale.

, Vous direz qu'il est de leur nature de pouvoir être mus, tantôt plus, tantôt moins, selon que Dieu le veut. •

Il est vrai ; cela est de leur nature quand vous les regardez simplement comme corps, comme parties d'une matière indifférente qui en touttempsa un mouvement plus ou moins grand. Mais si vous les regardez comme parties d'une machine , il est .de leur nature de n'être inégalement mus, tantôt plus, tantôt moins , que selon que la disposition de la machine le demande.

Si une machine , après avoir reçu du mouvement , ne peut sonner l'heure , et si je la lui fais sonner de ma main , j'agis alors par une loi particulière, et contre la nature de cette machine , qui veut être abandonnée à tout ce qui pourra arriver naturellement de la disposition où je l'ai mise.

Mais si je prends deux pièces de métal qui n'ont nulle liaison ni nul rapport qui les rendent parties du même tout, et que je les frappeFune contre l'autre d'un

iio • BES CAUSES

Donpi^bre^ de >cQi»p6 égal à. l'heure, j'agiâ^ par une Idl ];90yeQnQt> parce que ces. deux pièces de métal demeù^ f^ntf dans «p. eut où elles sont indifférentes à tous les nippvemens que je leur .voudrai donoer^ — 1, A prjBndre le» .corps simplement comme matière, I^ieu n'agit sur «ux que par une loi moyenne , lorsqu'il les meut, tantôt plus, tantôt moins. Mais le mond0 matériel , selon l'idée de tous les philosophes^, et pârticmlièrement^lon oelledes Cartésiens, est une machine; Pieu .doit donc à toutes les parties de 4îette machine ui^ premier tmouTement^ si inégal qu'il lui plaira , il n*im-» porte ; jusqueis4k les corps sont indifférons i -mais il faut que tout ce qui arrive ensuit^ dans la machiné , arrijire: en vertu de la disposition où elle estyetpar la seule nature de&parties qulla composent. Or, il est impossible qu'en vertu de cette disposiûon , et par la nature^'des^corps, il arrive que les mouvemens des tins augmentent, et que ceux des autres diminuent-: car oi} appose que les corps n^ont d'eux-n^mes liulle ii^rGe^ ]9(0ttvante^et assurément Bucun arnange;Qient ne leur en peut donner. Donc l'augmentation bu la diminutioii du; mouvement des corps es t^ contre» leur nature,' en- tanti qu'ils sont parties d'une machine. Donc elle se fait par t|ne loi particulière. - i

/ Et ce qui porte encore davantage un caaractère mani^ feitede loi particulière, ce sont les: prc^rtioiis que Diema établies en la communication des mou^emeiis;: Il;e»t:, jiarlexcmpie, de la nature de deux» corf>^> quelque inégaux qu'ils soient, de résister 'é^lerajen^à* là rencQntTe)d!un> troisième^ e^ d'être égaAeufent inébranlaihles^ puifsqueioc troisième n'a pas plus de foroe pou|^ en mouvoir Tmn que l'autre.^ * - -

OCCASIONNELLES. m

Cependant, Dieu en établissant les prop€»*tions de la communication des mouvemens, veut qu'un grand corps résiste plus qu'un petit , et soit plus difficile 4 ébranler. Il détermine donc ces de.ux corps a une égalité qui est contre leur nature»

En général , tous voyez bien que la communicatioii des mouvemens n'étant point naturellé aux corps , les proportions de cette comipynlcation ne peuvent suivre de leur nature, car les proportions ont pour fondement nécessaire la communication*

Dieu ne peut donc établir ceis proportions , sans, agir au-delà ou contre la nature des corps, ç'est-à-dire par des lois particulières.

Et même toutes les fois qu'il réduit en pratique ^ pour ainsi dire, ces règles qu'il a établies, il agit encore par des lois particulières ; car l'exécution , qugiqu'uniforme, de ce qui est pontre la nature des sujets^, blesse toujours , quoiqu'uniformément , la. nature de ces sujets.

Que le choc soit Cause occasionnelle tant qu'il vous plaira, cela ne remédie à rien; c'est cet homme qui me fait signe que, j'aille sonner l'heure. Je n'en agis pajsi, moins contre la nature de ma machine toutes le^ iois que je la fajs sonner. J'agis avec une uniformité, de plus , je l'avoue : mais nous avons vu que cette uniformité, qui ne part ni de plus de sagesse, ni de plus d'in^ telligence , ne contribue en rien à la perfection de l'action , et dès lo^ méjnfi e&^ vicieuse .par son inutilité..

Sans répéter sur le , choc ce que j'ai dit ,sur CjBt homme , j'aime mieux vous faire voir toute cette matière d'une vqe général^..

Souven^z-vpus que nous avons, njontré qlic l'unifor-.

na DES CAUSES

mité par elle-même n'est point parfaite : il n'y a que

Tuniformité dans quelque chose de parfait, qui soit

parfaite.

Souvenez-vous aussi qu'une actibn qui exécute un dessein n'est d'une uniformité qui la rende plus parfaite , que quand elle est toujours selon la nature du sujet.

Mais elle est toujours imparfaite , quoiqu'uniforme , si elle est toujours contre la nature du sujet; ou toujours indifférente , supposé qu'elle eût pu être selon la nature du sujet.

Lorsqu'entre l'agent qui agit de l'une de ces deux manières imparfaites, et le sujet sur lequel il agit, on mettra^ une Cause occasionnelle , réparera-t-on l'imperfection de l'action ?

On n'aura garde de la réparer ; car cette imperfection consiste en ce que l'action n'est pas selon la nature du sujet. Or, cette Cause occasionnelle, qui précisément parce qu'elle est Cause occasionnelle, ne peut avoir qu'un rapport arbitraire et jamais naturel, tant a l'action de l'agent qu'au sujet sur lequel on agit , ne mettra assurément rien dans cette action qui fasse qu'elle soit davantage selon la nature du sujet. Elle y mettra une uniformité nouvelle : mais comme elle ne changera rien dans le rapport qu'a l'action au sujet , elle laissera toujours l'action indifférente ou particulière quoiqu'uniforme.

On se trompe dans le système des Causes occasionnelles, en nous donnant une action pour générale, dès qu'elle est uniforme.

L'uniformité enferme seulement la continuation constante du même rapport , quel qu'il soit , entré l'ac»

OCCASIONNELLES, ii3 lion et le sujet. La généralité , s'il est permis de parler ainsi , détermine ce rapport à être le plus parfait qui puisse être. Cette équivoque règne dans les ouvrages des Cartésiens d'un bout à Tautre.

Maintenant si cette uniformité nouvelle , que la Cause occasionnelle ajoute a raction,^ne fait pas que l'action ait un rapport plus parfait à la nature du sujet, elle ne fait pas non plus qu'elle en ait un plus parfait au dessein ; car le dessein s'exécuterait bien sans Cause occasionnelle, et au contraire il s'en exécute souvent plus mal , disent les Cartésiens. Cette nouvelle uniformité est donc tout au moins absolument superflue , et par conséquent elle ne peut jamais être admise , lorsqu'il s'agit d'une action de Dieu.

Voilà, je crois , l'endroit faible du système des Causes occasionnelles , et le nœud de toutes les difficultés qui peuvent être faites sur cette matière.

Dieu n'établira donc point le choc Cause occasionnelle de la communication des mouvemens, supposé que les corps n'aient d'eux-mêmes aucune force mouvante; et quand même il l'établirait, son action n'en serait pas moins particulière, parce qu'elle sera toujours ou contre la nature de machine que Dieu a donnée à toute la matière, ou contre la nature propre des corps , ainsi que nous l'avons prouvé.

Dans cette hypothèse de l'impuissance des corps , il me parait que Dieu n'aurait pu agir plus parfaitement que par les lois i^ioyennes. Il n'eût point établi le choc Cause occasionnelle, cela n'eût servi de rien; il n'eût point mis les corps dans une disposition de machine d'où il ne pouvait rien tirer; il les eût laissés dans un état où fis eussent été indifférens à tout mouvement,

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et les e&t remués inégalement à chaque instant, selon sàn dessein. Si je ne pouvais faire de machine qui sonnât les heures , je ne m'amuserais point à en faire une t[ui ne servirait de rien; je n^établirais point d'homine qui me fût Cause occasionnelle par ses signes , puisque je saurais bien quand il faudrait sonner Theure ; je la sonnerais avec deux pièces de métal quand il faudrait : ce seràit le mieux que je pusse faire. Mettrais-je une disposition de machine dans ces pièces de métal exprès pour rendre mon action particulière y au lieu de moyenne , c'est-a-dire moins parfaite?

Certainement Dieu ne Ta pas fait non plus ; et puisqu'il a mis une disposition de machine dans le monde matériel y son action n'est ni moyenne ni particulière. Mais afin qu'elle soit générale , il faut que' les corps aiént de leur nature une force mouvante qui agisse selon les différentes proportions de leur grosseur et de leur vitesse , et que Dieu les âit d'abord mus et arrangés de telle sorte que là seule communication naturelle de leurs mouvemens amène à chaque instant ce que Dieu veut qui arrive. Il n'en coûte à Dieu que de conserver toujours le même mouvement dans la masse de la matière y et jamais, action ne péût être ni plus générale que celle là , ni Supposer plus de sagesse et d'intelligence.

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