CHAPITRE II
Seconde raison des anciens Chrétiens pour croire les Oracles surnaturels. Gonrenance de cette' opinion.ayee le système du christianisme.
Les démcms étont une fois constans par le christianisme , il a été assez naturel de leur donner le plus d'emploi qu'on pouvait, e%>de ne les pas épargner pour les cNraetes , et les autres miracles païens qui semblai^t en avoir besoin. Par là, on se dispensait d'entrer dans la discussion des faits, qui eût été longue et difficile; et tout ce qu'ils avaient de surprenant et d'extraordinaire, o» l'attribuait à ces démons que l'on avait en main. Il semblait qu'en leur rapportant ces événemens^ on confirmât leur existence, et la religion même qui nous la révèle.
De plus, il est certain que , vers le temps de la naissance dfe lésus-Chrisi , il est souvent parlé de la cessation des oracles, même dans les auteurs profanes. Pour-:
DES ORACtES. ^ quoi ce temps*là plutôt qu'un autre availril été destiné k leur anéantissement ? Rien n'était plus aisé à expLi^ quer ^ selon le système de la religion chrétienne. Dieu ayait fait soti peuple du peuple juif , et arait abandonné Tempire du reste de la terre aux démons jusqu'à Tarri'^ ▼ée de son i|ls : mais alors il les dépouille du pouvoir qu'il leur avait laissé prendre , il veut que tout fléchisse sous Jésus-Christ, et que rien ne fasse obstacle à Féta*^ blissement d^ son royaume sur les nations. 11 y a je ne sais quoi de si heureux dans cette pensée , que je ne m'étonne pas qu'elle ait eu beaucoup de cours; c'est une de ces choses à la vérité desquelles on est biei^ aise d^aider , et qui persuadent , parce qu'on y est favorable.