‹ Œuvres de Fontenelle, Volume 3Chapitre 7 sur 74 · I. 3— .5-t-(8) iiH-. ï5— i8h-.22H-.28h-.3iH · texte numérisé non relu

I. 3— .5-t-(8) iiH-. ï5— i8h-.22H-.28h-.3iH

Les H- et les — signifient ici la même chose que dans Tarticle 40.

Dans cette suite de nombres élevés à % cl^ux termes

quelconques consécutifs , comme 1 5 — et 1 1 H- mar-

quent les i?" et r* qui frapperaient les extrémités du diamètre d'un globe posé dans' deux couches contiguës , qui seraient la sixième et la cinquième : pareillement

22 H- et 8 marquent R* et r* des deux extrémités du même diamètre posé alors dans les deux couches non contiguës, la huitième et la quatrième.

71 . Il est clair que plus les deux couches> où posent les extrémités de ce diamètre, sont éloignées, c*est-à-

dire, en un mot» plus il est grand, plus le rapport

de à r' est grand , et par conséquent Tinégalité d'impulsion d'autant plus grande, et la rqtation du globe qui en dépend d'autant plus forte et plus prompte. 72. Elle le sera encore, si l'inégalité de rapport en- '11' * •

ireR' ^tr' demeurant là même, oes^ deux grandeurs

sont prises dans un endibit plus proche du centre du tourbillon ; car alors les vitesses seront plus gnmdes ; et, quoiqu'elles semblent avoir dis{>aru dans l'exprès-

siqn R* et r*, elles y sont toujours essentiellement rei^fermées , comme on l'a vu , en la formant dans Tarticle 68. Il est vrai que, dans le cas 4u présent article, le diamètre du globe devra être plus court : on en voit aisément la raison. Le rapport de 3 — à i,.le.çj,qs. grand qu'il y ait entre deux termes consécutifs de la

suite des r* , est celuî detf deux premiers termes.

78. Donc, la force ou. vitesse de rotation est formée de la combinaison de ces deux élémens , Tendroit du tourbillon où te §kibe' est posé , et la grandeur de son diamètre».

• 74« II. y e^>atoait bien encore un troisième, mais qui .^e peutjâtre soumis au calcul , ni connu^par obseiv vatioi), Qest le, plus ou le moins de solidité du globe; car ^Tfk plus solide résistera davantage à la même forc^ 4e rotation , et tout ^au moins la prepulra-'t-il plus tard: 7Ô . La ci?cuUti(^U'^t Id rotation ne tieHnënt ensem^ ble, et. ^ comjnpui^iquent, pcmr sôodsà dire,: que «par l'endroit marqué dans.l^rticte ^^l^ rdu rést^V elles dont tqut-à-^it in^épeiswiUint^a l'une^ de l'autre. La oirculatum s^ra très, prompte y et' la ârotàtion trèis lente , et

peut-être AuUe ^ si le gicbe est placé fort près du centré du tourbillon , et n'a qu'un fort petit diamètre. Au contraire , la circulation sera très lente et la rotation très prompte, si le globe est placé loin du centre du tourbillon, et a un fort grand diamètre. Il peut se mêler encore à tout cela le principe inconnu de Farticle précédent.

76* Si le globe était placé en tel lieu, ou que sùn diamètre fût tel par son peu de grandeur, qu'il ne pût reioevoir des impulsions aasez inégales pour causer une rotation parfidte / il n'y en aurait donc alors qu'une imparfaite , c'est-à-dire, des oscillations, des balancemehs.

Je n'ai aucunement parlé de la rotation du soleil , parce que jusqu^ici il a toujours été supposé parfaitement immobile au centre d'un tourbillon parfaitement spbérique.

SiÇÇTION VI.

' Où Tourbilloti dans uH Tourbitlon.

77 « Je suppôse qu'un tôurbtUôn die 'la nàturè que notre tourbillon solaire, mais moindre, soit placé dàns ce graind. tourbillon;. et pour soulager Fitiia^nation qui pourrait êtrë effrayée d'un (kiide qni tie- Q^^ierait ùi nèsé <soiif(»Mlpait aiveo un ^Mvè iiAde plùi girmiA et'.pluÉ fort, je feinsique le petit est enfèrttrë dhns une lén/velcvppe quelconque , ' eôtitfe laquelle il exievessa foree> particulière centrifugé -ôU expânàiye, qu^fl a ea tout sens» On voit que 4sa^ ést fèrt différeiU de: celui des articles 57 , 6^ , evài

Je>oonç6is de ptus que, dans quekfUé ëndî^oît du grand; tourbillon où soit le petit ; il a tôujours , cômitle

DES TOURBILLONS. 35 le corps solide de Farticle 68 -, <leux diamèttMfs j le pte<^ mtôr et le second , qui se coupent k angles droîu> el; les mêmes quatre points déterminés , occident , orient, nord et sud. Le haut et le bas se prendront toujours par rapport au centre du grand tourbillon , qui en est le lieu le plus bas; et par conséquent Thémisphère du petit t0urbillon , dont le point nord est le point du milieu, sera l'hémisphère supérieur de ce tourbillon, et Fautre Vinférieur.

78. Le petit tourbillon posé dan^ le grand > n'est pas absolument sans force , comme éjtait le corps solide de la secUôn précédente ; il a nécessairemaiit sa force cen- UriftîgetMiexpansiTe, puisqu'il est tourbillon. Le grand a pareillement la sienne ; et ce s#nt deux forces de même espèce, cpxi peuirent , ou s'accorder, ou se corn*battre. En quelque endrôit du grand tourbillon que le petit soit posé, Thémisphère supérieur de ce dernier exercé sa force expansive de ba^ en haut , selon ce qui a été die dans Ta^tielè précédeïit , et le gmnd tonrbil^ km exerce aussi la sienne selon la même direction. Les deuk forces ne se èotpba^teni donc pas là ; elles s'uniraient philÀt. Mais Itiémisphère inférieur du petit tourbillon exerce sa force expa^sWe de haut en bas, et le grand exerce toujours la tienne selon sa même direction ée bas en fami»- Cesif là «iiiquement que les deux forces sonl antagonistes^ Si aelle d« pêtii tour^ billon est là plus grande ^ les eout^es du grand , qui sont au«âessus de lui, lui tièdent, et il descend; si c'est le contraire , il monte.

7$. Il ne siéra pas toui-a-ftlit hors de p^ôpos de r^narqwàr iei qn^lLpeut donq y 4VMr dàtts lanàture une pesiinieuv ientièreÉièni ft)«ht}ee sur les mêmes principes

que celle qui nous est si connue sous ce nom , et qui fasse monter les corpà comme l'autre les fait descendre, tant ils sont indifférens d'eux-m:émes à Tun ou à Tautre i^ouvement.

80. La force du petit tourbillon contre le grand ^est toujours égale , puisque c'est toujours la force expanaiye. de .tout son hémisphière inférieur , sq^ qu'il monte, soit qu^il descende. Mais dans Tun et Tautre cas la force antagoniste du grand tourbillon Tarie; car il y a toujours unf pkti^grand ou un plus pëtit nombre de ses cpue^es qui agissent. . ,

8^1. II. n'est guère pos8ible,.()ue, dans la vast^ éten^ due .du tourbillon solaire , il n'y ait quelque endroit ou uu -certain nombr^deses couches prises depuis le cen» tre, aient une force eXpansive égal^ à celle de J'Minispftière inf4rieur du petit tourbillon. Quand il arriyerà là, soit en montant 1 soit en descendant, il s'arrêtera, non pas dans le moment, mais parce qu'en montant ou en dèaceodantil aura aciquis de la vitesse ; il fera quelques ûsctlUuiàns 9 c'est-à-dire* qu'il ira au-dëlà dti point de l'équilibre , en reviendra , etc. , jusqu'à ce qu'aU bout de quelque temps il s'arrête parfaitement à çe point.

82. Je ne prétends pas que les choses se soient passées précisémeiSit de ceinte . manière , il y a infiniment plus d'apparence que , dès le premier temps de la création, tout a été mis dans les équilibres nécessaires pour la durée des grands mouvemens qui s'allaient exécuter. L^nivers est un ouvrage de l'art , mais de l'art d'un Dieu.

. 88. Il n'est pas à craindre que le petit tourbillon, arrêté danSi le grand , vienne à, se confondre avec lui , ou à en être, absorbé. Ce n'est point l'enveloppe sup-

DES TOURBILLONS. 3; posée dans l'article 77 y qui y metjôbstacle ; c'eàt que le grand et le petit tourbillon ont dés forces égales précisément dans le seul endroit par oii ils peuvent s^âttàquer. L'enveloppe était purement imaginaire , et il la faut rejeter. Nous savons déjà , par une longue expérience , que les équilibres qui entrent dans la constitu- ' ûôn de Tunivers , sont d'une grande durée.

84. On peut imaginer aussi, âi Ton veut, qUe les deux fluides sont analogues à Feau et à l'huile, et «wnUseibles comme ces dèax liqueurs. Il est Certain que la matière éthérée du grand tourbillon est toute de la même nature (36) : il serait fort possible que celle du petit fiit tout entière aussi d'une autre nature, qui la rendrait immiscible «avec celle dù grand. Il semble même qu'il peut y avoir une infinité de fluides , qui^ pris deux k jdeux , soient immiscibles , et cela encore a difTérens degrés.

85^ Le petit tourbillon arrêté dans lé grand par cet équilibre qu'il y a rencontré, peut encore n'être pas arrêté exactement ; il ne changera pas de couche , l'équilibre ne le permet pas ; mais il changera de cercle dans cette' même couche , et voici pourquoi. Il faut se rappeler ici entièrement l'article 5p. Si le centre du petit tourbillon était posé dans la couche du grand , qui passe par ce que nous avons nommé ses pôles , il est clair que la surface supérieure du petit tourbillon serait couverte d'arcs de cercles, qui tous, à compter depuis les pôles jusqu'à leur équateur , auront toujours des directions plus parfaites d'occident en orient; ce qui est le mouvement général du grànd tourbillon. L'impulsion que recevra le petit d'occident en orient , sera dofic inégale , quant à la perfection des différentes

38 TJJÉORÏE directipns; et comme il en ré&ulteraune moyenne, qui sera cçTJ.ai?ieinent plus parfaite que la première qu'il a epp;y*i) $(çra4onc.p9u;sséyef^V^quateurdelamâme ooucbt} o|Li, il était; et il y arrivera , si rien ne Ten empêche. 86.. Il pourrait même , sans obstacle étranger, n'ar- - river pfiSi jusque?-là; car , cora^np -cWt Tiiiégalité de la perfection des directions qui £iit Te ffei dont il:s'a§it ici , et quç cette inégalité va toujours en diminuant depuis les pôle^, elle peut être devenue si peMte un peu en^deçà de l'équateur , [qu'elle ne sçora plus capa^ ble de cet e^et , surtout ^i le tourbillon n'«$t pas assee .grand pour recevoir deux impressions suffisamment inégales.

87. Yoilà donc le petit tourbillon placé dans une certaine couche du grand , et dans un certain lieu de çettç couche , d'où il ne peuf plus sortir; et il ne^paut plus qu'être emporté par cette couche, qui circule d'qcçident en orient. Mais pourvu qu'il soit d'une grandeur suffisante, ce qui apparemment ne manque jamais y il aura nécessairement les deux extrémités de son diamètre , que nous appelons le second , placées dans deux couches difiCéréntes ejfx forces impulsives^ et il sera précisément dans le cas du globe solide de Tar^ ticle 68 t donc, il aura une rotation en même temps qiu41. circulera,

88. Noi|s n'avons point 0pçore considéré l'intérieur du petit tourbillon; mais puisqu'il est tourbillon , il a par Lui-même une circulation générale , $Mon' uiîe direction quelconque qui lui est propre. Si la rotatioa qu'il reçoit du gr&nd , et qui ne peut être que d'ocei^ dent en orient , est très forte , et si sa circulation particulière était d'orient en occident, et smez forte aussi,

il serait impossible que la rotation extérieure et la circulation intérieure ne s'altérassent mutuellement. On Toit assez l'ii^ité de cas moyens qui naîtraient de la combinaison de ces principes : mais dans ceux mêmes où la rotation et la circulation seraient fort difierentesi un autre principe empêcherait que cela ne pùt subsî^ ter long^temps. C'est Textréme différence qu'il y aurait toujouro entre la masse du petit tourbillon et la mttsse dn grand, conspirante tout entière à donner au petite jusques dans son intérieur , la direction d'occident en orient. Le petit tourbillon de Jupiter est le seul auq^ nous puissions appliquer cette considération* Qu'on en prenne le demi-diamètre , en le poussant même audelà du quatrième satellite , et qu'on le compare au demi<fiamètre du tourbillon flolaire, qui est an moins de trais cent millions cfe liems, et Ton Terra quelle sera Ténorme diffénsnoe des eeAAe$f ou des sphères formées sur ces deux demi-diamètres. Aussi la rotation et la circulation du -tourbillon de Jupiter outilles à très peu près la même, direction que le tourbillon solaire.

69. En ce cas la même où le grand tourbillon changerait entièrement la direction propre et originaire du petit, ce changement ne porterait q««e sur cette direction , et non sur la Titese» de la circulation du petit j si ce n'est que dans le temps où le changement s'opérerait, il àrriverait quelque légère perte de. vitesse aux deux toui4)illons ; «nais pela fait , le petit pourrait conserver une vitesse de cireutaiion intérieure, fort différente de celle dm grand. 11 suffira que sa force ex* pansive totale soit -égaie à celle d'un volume égal de matière étfaérée dan^ l'endroit du grand tourbillon où il sera pkcé. Tous les raouvemens les plus violons

4o THÉORIE

qu'on puisse faire dans un vaisseau , et les plus opposés à la route , n'y nuisent point.

90. Rien n'empêche ^ue le petit tourbillon ne porte à son centre un globe solide qui y sera immobile, comme nous avons toujours supposé jusqu'à présent que l'était le soleil au centre de notre tourbillon;, Seulement il faut considérer que ce globe solide, qui ne contribue rien à la force expansive du tourbillon , et tient la place d'une matière éthérée qui y eût contribué , affaiblit donc le tourbillon à cet égard, et d'autant plus qu'il est gros, et par conséquent qu'il faut que ce petit tourbillon en ait d'autant plus de matière éthérée , ou soit plus grand.

91. Rien n'empêche non plus que le petit tourbillon n'ait par tout ailleurs qu'à son centre un globe solide ; et il donnera à ce globe son mouvement de circu^ lation. Le petit tourbftlon est parfaitement, à jeet égard, de la même condition que le grand. C'est ainsi que la lune , renfermée dans le tourbillon de la terre , circule autour d'elle. La lune est appelée satellite de la terre.

92. Un petit tourbillon peut même avoir plusieurs satellites qui circulent autour du globe central, ou de la planète principale. Le tourbillon de Jupiter en a quatre , et celui de Saturne cinq.

98. C'est par les satellites que l'on juge sûrement que les planètes qui en ont, ont aussi un tourbillon particulier : un seul satellite suffira pour cette preuve ; mais pour savoir si les satellites suivent dans leur circulation autour de leurs planètes principales les mêmes lois que les planètes principales dans leur circulation autour du soleil , dont elles sont véritablement satellites, il en faut plus d'un. Ainsi, il n'y a que ceux de Jupiter et de Saturne

DES TOURBILLONS. 41 qui puissen t servir à cette recherche .Or, il est sûr, par les observations , que, dans l'un et l'autre tourbillon, les satellites suivent la règle de Kepler. Donc (36), dans chacun de ces deux tourbillons la matière éthérée y est , ou absolument homogène, ou de la même hétérogénéité.

94. Il n'est pas nécessaire pour cela qu'elle soit, ou la même que la matière du grand t'&urbillon , ou de

^ la même hétérogénéité , et encore moins qu'elle soit la même dans les deux petits tourbillons.

95. Mercure , Vénus et Mars n'ont point de satellites; mais ce n'est p^s une preuve que ces planètes n'aient pas de tourbillon. Il est évident que les satellites ne sont nullement nécessaires pour en constituer un, mais seulement pour nous marquer qu'il y en a un. Si ces planètes manquaient de satellites , elles seraient absolument dans le cas du globe solide de l'arlicle Ô7 , et pourraient venir à se trouver dans celui de l'article 66, c'est-à-dire qu'elles n'aurairat point de tourbillon : mais il est plus apparent et plus conforme à l'analogie générale , qu'elles n'en soient pas dépourvues.

96. La même raison aura lieu pour les satellites des planètes.

97. Si la terre avait un second satellite, il y a toute apparence que les révolutions des deux garderaient entre elles la règle de Képlçr , puisque^ celles des satellites de Jupiter et de Saturne la gardent exactement^

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