‹ Œuvres de Francis Jammes (volume 2)Chapitre 45 sur 52 · A CETTE HEURE OU J'ÉCRIS · texte numérisé non relu

A CETTE HEURE OU J'ÉCRIS

A cette heure où j'écris, en Juillet, vers midi, routes, bois, foins et blés ne sont qu'un incendie de lumière si violent que ses flammèches lèchent l'azur lacté.

0 torpeur de l'Été !

Paresse des enfants sur la table accotés, oiseau colorié sur le tableau scolaire, et flèche du clocher comme un cadran solaire sur le pavé planant où le forgeron sonne... 0 rêve obscur ! Non loin la rivière poissonnc :

l'ombre du blanc cabot

happe la sauterelle qui, par détentes, fait aller ses pattes frêles,

tombée à l'eau...

Voici des bulles,

des libellules,

des campanules...

Un capricorne fait jouer ses mandibules au pied d'un cerisier dont les noires cerises

tachent les doigts qui les ont prises.

Avez-vous vu ces verts fdets à papillons et la lueur si pâle, au-dessus des sillons, des épis?

Non? Ah! Tant pis...

Page 1