‹ Œuvres de François RabelaisChapitre 15 sur 327 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les Fanfreluches antidotées, trouvées en un monument antique.

©, 1? enu le grand dompteur des Cimbres, :. ‘ sant par l’aer, de paour de la rousée,

= ! sa venue on ha rempli les tymbres

:!. beurre fraiz, tumbant par une housée, Duquel quand feut la grand'mer arrousée, Cria tout hault : hers, par grace peschez-le, Car sa barbe est presque toute embousée ; Ou pour le moins, tenez luy une eschelle.

Aulcuns disoyent que leicher sa pantoufle Estoit meilleur que gaigner les pardons :

Mais il survint ung affecté marroufle, Sorty du creux où l’on pesche aux guardons, Qui dist : Seigneurs, pour Dieu nous en gardons, L’anguille y est, et en cest estau musse.

Là trouverez (si de pres regardons) Une grand tare, au fond de son aumusse,

Quand feut au poinct de lire le chapitre, On n’y trouva que les cornes d’ung veau.

Je (disoit-il) sens le fond de ma mitre Si froid, qu’autour me morfond le cerveau.

On l’eschauffa d’un parfum de naveau,

Et feut content de soy tenir és astres, Pourveu qu’on feist ung limonnier nouveau À tant de gents qui sont acariastres.

(1) Caphards, hypocrites, de caphardum, ancien manteau à capuchon, capa.

(2) Hic bibitur, ici l’on boit.

(3) Lettres cancellaresques, écriture couchée, propre à la chancellerie romaine.

(4) Fanfreluches, mot factice, qui, sous son ancienne forme, fanfelues, signifiait des étincelles, des flammèches, et qui figurément doit se prendre pour bagatelles. Ici ce sont des bagatelles indéchiffrables, une sorte de coq-à-l’âne. Dans ce passage, obscur à dessein, nous gardons soigneusement toutes les irrégularités d'orthographe,

Leur propos feut du trou de sainct Patrice, De Gilbathar, et de mille aultres trous, S'on les pourroit reduire à cicatrice, Par tel moyen, que plus n’eussent la toux :

Veu qu’il sembloit impertinent à touts, Les veoir ainsi à chascun vent baisler.

Si d’adventure ilz estoyent à poinct clous, On les pourrait pour hostaige bailler.

En cest arrést le courbeau feut pelé Par Hercules qui venoit de Libye.

Quoy? dist Minos, que n’y suis-je appellé ?

Excepté moy tout le monde on convie :

Et puis l’on veult que passe mon envie, A les fournir d’huytres et de grenoilles :

Je donne au diable, en cas que de ma vie Preigne à mercy leur ventre de quenoilles,

Pour les matter survint Q. B. qui clope, Au saufconduict des mystes sansonnetz.

Le tamiseur, cousin du grand Cyclope, Les massacra. Chascun mousche son nez:

En ce gueret peu de bouigrins sont nayz, Qu'on n’ayt berné sus le moulin à tan.

Courez y touts et à l'arme sonnez,

Plus y aurez, que n’y eustes antan.

Bien peu après l'oiseau de Jupiter Delibera pariser pour le pire :

Mais les voyant tant fort se despiter, Craignit qu'on mist ras, jus, bas, mat, l'empire : Et mieulx aima le feu du ciel empire Au tronc ravir où l’on vend les sorests :

Que l’aer serain, contre qui l’on conspire, Assubjectir és dictz des massoretz.

Le tout conclud feut à poincte affilée, Maulgré Até, la cuisse heronniere, Qui là s’assit, voyant Penthasilée Sus ses vieulx ans prinse pour cressonniere.

Chascun crioit : Villaine charbonniere T'appartient-il toy trouver par chemin?

Tu la tolluz la romaine banniere, Qu'on avait faict au traict du parchemin,

Ne feust Juno que dessoubz l’arc celeste Avec son duc tendoit à la pipée :

On luy eust faict ung tour si tres moleste Que de touts poincts elle eust esté frippée.

L'accord feut tel, que d’icelle lippée Elle en auroiït deux œufz de Proserpine :

Et si jamais elle y estoit grippées On la lieroit au mont de l’Albespine.

Sept moys aprés, houstez en vingt et deux, Cil qui jadis anichila Carthaige, Courtoysement se mit on mylieu d’eulx Les requerant d’avoir son heritaige :

Ou bien qu’on feist justement le partaige Selon la loy que l’on tire au rivet, Distribuant ung tatin du potaige

À ces facquins qui feirent le brevet.

Mais l’an viendra signé d’ung arc turquoys De cinq fuseaulx, et trois culs de marmite, Onquel le dos d’un roy trop peu courtoys Poyvré sera soubz ung habit d’'hermite.

0 la pitié! Pour une chattemite Laisserez vous engouffrer tant d’arpents? Cessez, cessez, ce masque nul n’imite, Retirez vous au frère des serpents.

Cest an passé, cil qui est, regnera Paisiblement avec ses bons amys.

Ny bruscq ny smach lors ne dominera :

Tout bon vouloir aura son compromis.

Et le soulas qui jadis feut promis Es gents du ciel, viendra en son beffroy.

Lors les haratz qui estoyent estommis riumpheront en royal palefroy.

Et durera ce temps de passe passe Jusques à tant que Mars ayt les empas.

Puis en viendra ung qui touts aultres passe Delitieux, plaisant, beau sans compas,

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