LE COMTK DE MONT FORT
journées que il vinrent au siège devant Camper-Corentin, que le conte de Monfort et ses gens y tenoient. Encores estoient là tout les chevaliers du prinche de Galles, messire Jehan Candos etpluiseurs aultres ; car il leur sambloit que il n'avoient riens fait, se il ne aidoient à conquerre le demorant de Bretaigne.
Quant les seigneurs de Franche furent venus en l'ost, il allèrent devers le conte de Monfort et son consail et entamèrent leur traitiés et pourposèrent leur raisons moult douchement, et firent tant que le conte de Monfort et son conseil y entendirent volontiers, et fu la cose arestée à che que les dis embassadeurs se dévoient retraire en la chité de Nantes, et le conte de Monfort devoit envoler en Engleterre ; car sans le sceu et ordonnanche du roy d'Engleterre il n'en feroit riens. Geste response pleut assés bien as embassadeurs ; il prirent congiet et s'en vinrent séjourner à Nantes où madame la ducesse de Bretaigne estoit, et une partie du consail du duc d'Ango.
Le conte de Monfort envola en Engleterre pour remonstrer au dit roy tout che traitiet ; et quant il furent là venut à Windesor* où il trouvèrent le roy , il luy remonstrèrent tout le fait. Le roy, tout considéré les affaires à son fil et au conte de Monfort, en respondy que la chose estoit bien ensy, et que il luy consilloit qu'il le presist et fesist sans plus faire guerre. Sy retournèrent les dis chevaliers en Bretaigne devant Camper-Corentin, où le siège se tenoit, et monstrèrent audit conte les lettres qu"il raportoient et la response du roy d'Engleterre. Ches nouvelles plaisirent moult au conte de Monfort ; car ossy il estoit tout lassés et tout hodés de guerre. Sy furent remandés les dis ambassadeurs à Nantes où il s'estoient tenu, et vinrent en l'ost du conte de Monfort. Quant il furent là venu, ledit conte, en se présense, leur fy dire que à ches traitiés