XIV. — raoïssART
SIO 8CPPUCB
« 8Qàj , diat le duc de Berry , que le roy et son conseil ils
• en vooldront faire. J*ai parleray à eols. •
Ne demeura gaires ^ que le duc de Berry entra en ung
• yaissei 'en Saine, et vint tout à travers juaques au chastel du Louvre od le roy et son conseil estoient. ^ U compta Ift ces nouvelles en une chambre, et il lessceut bien dire. Il flst Ià lire la lettre que Toumemine luy avait escripte et envoiée. De ces nouvelles ^ fut-on * tout resjoy , et dirent les seigneurs : : • Tels manières de pillars ne pèvent
• venir à bonne fin , quoyque ils attendent , ne oom
• longuement que on y mette. •
Conseillié fut que le duc de Berry se cbai^roit de ce ste besongne et Tenvoieroit quérir par le séneschal d* Auvergne » et cil Tamôneroit à Paris , et seroit mis dedens le chastel Saint-Ânthoine , et , luy la venu , le prévost du Chastelet en ordonneroit. Âncoires fut ordonné ^ que tous maltalens et tous inconvéniens que Toumemine avoit fait à la couronne de France , luy estoient pardonnes ; et de ce on flst lettres patentes et ouvertes , lesquelles le vallet rapporta arriére à son maistre en Auvergne, qui s*en contenta * bien et * confia dessus ^^. •
Depuis ne demeura gaires du temps que le sâieschal d*Auvergne, par une commission que il ot du duc de Berry, 8*en vint au chastel de Toumemine , et là luy fut délivré Aymerigot Marcel , qui fut tout esbahy, quant il se trouva en la compaignie de ses ennemis. Que vous feroie-je long *' record ^'f Le séneschal Tamena en la compagnie de gens d'armes tout parmy le pays , et passèrent Saine et Marne an pont à Charenton, et de là ils vindrent ^' ens ^^ ou chastel
* Depnii.. De tompt. — *^ Batol. — ^ Il monU 1m degrés. — ^ Fut chaeeim. — * Et accordé. — ' Moult. — *-** Se fia tu. — ••■*• Compte. — «»•" A
D*A1M£IUG0T MARCEL. 211
Saint-Anthoine. Si fut rechargié an la garde du visconte de Assy » lequel pour ces jours eu estoit chastellain. On ne l'y garda goaires longuement , quant il fut rendu et délivré au prévost du Chaatelet de Paris et amené en Chastelet. Bien est vérité que il offiroit pour sa raenchon soixante mille frans ; mais ' on ' n*y vouloit ent^dre. On luy respondoit qae le roy estoit riche asaés et que de son argent il n'avoit que faire.
Depuis que Aymerigot Marcel fut rendu au prévost du Chastelet , on n*en flst pas trop longue garde. U fîit jugié à morir honteusement , comme traittre à la counmne de France. Si fut mené ung jour sur une charrette en une place que on dist : aux Halles, et Ift tourné ou pilory plusieurs fois. Depuis on lisi tous ses fais pour lesquels il recepYoit mort, et là fut delés luy longuement messire Ooillemme ' le Bouteillier ^ qui moult parla à luy : on supposoit que c*estoit pour les besongnes d*Auvergne et pour SQavoir la vérité d*aucuns capitaines que il y avoit , sa point estoient participans de ses meffiûs. Les seigneurs le sceurent bien, mais je n*en peuls oncques rien sçavoir. Il fut la exécuté. On luy trenga la teste, et puis fut esquartelé, et chascun des quartiers mis et levé sur une estache à quatre souveraines portes de Paris.
A* celle* fin vint Aymerigot Marcel. De luy, de sa femme et de son avoir je ne sçay ^ plus avant.
Je me suis mis & parler tout au Jong de la vie Aymerigot Marcel et de remonstrer tous ses fais. La cause a esté que pour embellir sa lame et sa sépulture , c^ de bons et de mauvais on doit traittier et parler en une histoire, quant
Mtl,^*-* De Trin.. Le Tnm.— *^ Telle.^* Point aatrachoee, ne.
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elle est si grande comme celle-cy est , pour exemplier oeolx qui vendront après , et pour donner matière et action de bien faire ; car , se Aymerigot euist tourné ses ' usages ' et ses argus en bonnes vertus , il estoit bon homme d*armes de &it et d*emprise pour moult valloir ; et pour ce que il fist tout le contraire , il en vint à maie fin.
Nous nous lairons à parler de luy et retournerons à la haulte et noble emprinse que les chevalliers de France et d'autres nations feirent en -celle saison s ur le royaulme d'Âuffirique , et le reprendrons droittement là où je le laissoy. Il m*est advis que ce fut ainsi que les seigneurs dessus nommés et leurs charges estoient rassamblés en llsle de Comminières après la grant tempeste et péril qu*ils eurent à passer ' le gouffre du Lyon , et attendirent là tous Tun Tautre, car ils estoient à trente miles de la forte ville d*Âffirique , là où ils tendoient à venir et mettre le si^.
En celle ysle de Comminères furent-ils neuf jours et s*i raffireschirent , et là dirent aux seigneurs les patrons et les gouverneurs des gallées , qui les menoient : « Seigneurs , nous sommes içy sur la plus prochaine terre qui mlu^ chist à la forte ville d*Affi*ique là où nous tendons ^, par la grâce de Dieu , et là où nous voulons mettre le si^. Si nous fault avoir advis et conseil * nous avec vous * comment nous entrerons ou havène d*Affi*ique ; car point vous ne le congnoissés si bien que nous le congnoissons, et aussi vous sçavés plus d*armes que nous ne faisons et trop mieulx comme on s*y ^ doibt * gouverner que nous ne Élisons. Nous avons advisé que à entrer ou havane et à prendre terre pour eulx saluer, nous envoyerons premiers nos petis vaisseaulx que on appelle * bringantins ^*, et nous tendrons à rentrée du havène le jour que
••• Voiei, — • La mer et — • Alep. — ^ L'un avec Tautra. — '-' Poet deMiaire et — *••* Brigandins.
DE LA TILLE d'aFRIQUE. 2i3
nous rapprocherons et toute la nuit enssieuvant , et à rendemain nous prendrons terre par la grâce de Dieu tout à loisir, et nous logerons au plus près de la ville que nous pourrons hors du trait de leurs bricoles , et acosterons nostre ost des arbalestriers gennevois , lesquels seront tousjours prests aux deffenses et aux escarmuches. Nous supposons assés que quant nous devrons prendre terre à Tissir hors des vaisseaulx , grant foison de joeunes escuiers des vostres requerront pour leur honneur et avancement à avoir Tordre de chevallerie. Si les enditterés doulcement et sagement comment ils se devront maintenir, ainsi que bien le scaurés faire. Sachiés , seigneurs , que nous sommes en bonne voulenté de nous acquitter envers vous, et de vous monstrer et enseignier par quel point, manière et ordonnance nous pourrons le plus adommager et grever nos ennemis , et rendrons ^ payne et soingnerons ' très-grandement ' à nostre povoir, en tous estas, que la ville d*Affirique soit conquise, car par trop de fois elle nous a porté trop de dommages et de contraires ; car au costé ^ par devers nous ^, elle est la clef de tout Tempire de Barbarie et des rojaulmes qui s*ensieuvent : premièrement du rojaulme d*Affrique, du royaulmede Thunes, duroyaulmedeMaroch et du royaulmede Bougie. Et, se Dieu consent par sagr&ce que nous Taions et que nous la tenons , tous les Sarrazins trambleront jusques en Nubie et jusques en * Surie ^, et de ce on parlera par tout le monde. Et, avecTayde des royaulmes crestiens voisins et des isles que nous tenons marcissans à Âffrique , nous les pourrons très-bien tenir et raffreschir de ' pourvéances et de nouvelles gens tous
*-* Soin et payne. — ' En tonte manière et. — ^ De par delA. — ••' Sjrie. — • NonveUea.
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les jours , car ce sera iing oomnran voyage , mais que il soit acquitté et acconrsé pour faire armes tous les jours sur les emiemis de Dieu et de conquérir tous les jours terre. Ayant , cheralliers seigneurs , dirent les souve* rains patrons de Gennes en la conclusion de leur pro^^ ces ; nous ne tous remonstrons pas ce par manière de doctrine , ne de grandeur , fors par amour et humilité , car TOUS estes tous nobles , vail^ans et sages , et sçarés trop mieulx comment ce se peult et doibt fiEtire et ordonner que nous ne faisons, qui meismement en parlons et devisons. • Adont respondy le sire de Goucy et dist : Vostre parole dittc et remonstrée par advis ne nous doit fors grandement plaire » car nous B*y reons que tout bien et toute bonne ordonnance; et sachiés que nous ne ferons riens hors de vostre conseil » car tous nous ares cy amenés. Si désirons tous grandement à faire armes ^ •
Ainsi fht proposé et advisé très en Fisle de Gomminiftres, présens le duc de Bourbon , le conte d*Bu et aucuns hauls barons de France , par les souverains patrons gennerois , comment, al approuchier la forte Tille d*AfiKque et an prendre terre » ils se maintendroient. Quant tout fut bien adTisé et ordonné par Tordonnance deé souTerains patrons et de Fadmiral de la mer, et on Tsy le tempe et la mer en point et Tair coy , der , séry et attempré , on se retray chascun seigneur en sa gallée entre ses gens « ainsi que ordonnés estoient, en bonne Toulenté et en grant désir de Teoir celle Tille d*A£Brique et de trouTer leurs ennemis , c*est-&-œtendre les Sarrazins. Quant tous furent rentrés et par grant loisir en leurs vaisseaulx et leur naTie fut toute ' arroutée ' et appareillie , on sonna les trompettes de département ; on se mist au chemin.
* Bt ratooniiet. — *' Apprsitée.
DB LA TILLB d'aFRIQUB. SI 5
C*estoit grant plaisance et grant beaulté de yeoir ces ^ rimeurs ' vogier par mer à force de ' rimes ^ ; car la mer qui estoit. belle , coye et appaisie de tous tourmens, se fendoit et bruissoit à rencontre d*ealx et se monstroit par samblant ([xCeUe avoit grant désir que les crestiens venissent devant Âfirique. De Tisle de Comminères où les crestiens estoient raffrescis et darrainement attendu Tun Fautre, puet avoir environ trente mille d*iaue. La navie des crestiens estoit belle et grosse et bien ordonnée. Orant beaulté estoit À veoir ces baniôres et ces penons de soje et de cendal armoiés des annes des seigneurs venteler au vent qui n'estoit pas grant et flamboier au soleil.
Environ heure de basse-nonne peroeurent les crestiens les tours de la ville d*Âfirique » car les maronniers leur enseignièrent , et comme plus aloient avant et plus se veoîent, et les povoit-on bien choisir et veoir. ^ Toutes gens * en estoient resjouis et à bonne cause ou cas que ils j tendoient à venir. Et leur sembloit et estoit advis que leur paine estoit acquittée et leur vojage accomply.
Se les crestiens qui par mer nagoient , veoient Afirique etrentrée delà terre du royaulme d*Âfirique,et, se en venant 1à etapprouchant ils en parloient et devisoient, vous povéset devés croire et scavoir légiôrement que les Sarrazins , lesquels estoient en la ville d*Âfirique et sur leur garde » aussi en parloient entr*euls et devisoient, et premièrement à veue d*œil ils les choisirent , et quant ils les congneurent et la grant plenté de gallées et de vaisseaulx qui les approuchoient, si furent tous esbabis et dirent bien entre eulx, par Tapparant que ils veoient, que grant pueple leur venoit ^ sus et que ils auroient le siège. Or sentoient-ils leur ville si forte et si bien garnie de murs et de tours et si bien pour-
*-* Rameurs. — *•* Ramet. — ^ Les crestiena. — * Courir*
veue d'artillerie, que ce les confortoit et rendoit courage et grant hardement. Quant ' entre eulx la première veue en fut veue ' , affin que ceulx qui estoient sur le pajs, fuissent resveilliés et advisés , ils sonnèrent, des tours lÀ où ils estoient en leur garde et à leur usage, grant foison de tymbres et de tabours tant que la noise et signifiance des venans s*espardi sur le pajs , car jà estoient venus et logiés sur la terre au lés devers eulx grant foison de Barbarins et de mescréans que les rojs d*Âufinque , le roy de Thunes et le roy de Bougie y avoient envoies pour deffendre et garder la terre , que les crestiens n'entrassent , ne courussent à ce premier coup trop avant ou pays. Quant la congnoissance vint entre eulx par la noise des lymbres et des tabours que les crestiens approuchoient , si furent chascun sur leur garde , et s ordonnèrent à leur ' usage ^ bellement et sagement, et envolèrent leurs cappitaines (les aucuns des plus expers) sur les * dunes * de la mer pour veoir Fapprouchôment des François et comment pour ce soir ils se maintendroient , et aussi pourveirent grandement de tous apers compaignons les tours , les portes et les murs qui regardoient sur le havène d*Âfirique , affin que par leur simplesse et petite garde ils ne recheussent dommage.
La ville d*Affrique, sicomme je vous ay dit autreffois, est ^ malement * forte et * non pas ^^ à conquérir de " venue, se ce n*est par long siège par mer et par terre et par estre si puissant que pour résister par bataille à oeulx qui vouldroient lever le siège. Et je, Jehan Froissart, acteur de ces croniques , pour tant que oncques à Affrique ne fuy , ne avoye esté au jour que je m'en laissoy infourmer par les
*** Les Sarraiiiit «arent la première Tem.. Lee SaraziiM lee Teirent premièrement. — ••• Mode. — •^ Ri?et. — '*• Durement. — ••• N'est pat aine. — ** Pleine.
dis chevalliers et escuiers qui ou dit voyage avoient esté, à la fin que plus justement en peusse escripre , leur demandoy la fachon « la manière et la grandeur ; et pour ce que trop de fois en mon temps je fuy en la ville de Calais , cils qui m*en esclairchirent la vérité et qui aussi en la ville de Calais avoient esté , le me ^ signifièrent * au plus prochain que ils peurent par aucunes manières , non pas de toutes, à la forte ville de Calais , et me dirent que de fourme elle estoit à manière d*un arc , et aussi est Calais , le plus large devers la mer. Celle ville d*Afirique, pour le temps que les seigneurs de France et d'autres nations furent devant en grant désir de la conquerre , estoit * malement ^ forte et close de hauls murs , et dru semées les tours ; et sur rentrée ou bec de havène a une grosse tour souveraine des autres , et là sus celle tour avoit un bricole pour traire et pour jetter grans quarreaulx , et de ce estoient-ils bien pourveus. Tous les murs de la ville d*Âfirique au regard des crestiens estoient couvers et parés de draps et de tapis et à veue d*œil à manière de couvertoirs de lit et tous ^ gaunes * de couleur ou la greigneur partie.
Le soir que les crestiens approuchèrent la ville d*Âffi*ique, ils se tindrent à rentrée du havène environ une lieue en mer et jeurent là à Tancre jusques à Tendemain. Celle nuit fist moult bel, moult cler et moult séry ; car ce fut au mois de juillet environ la Magdalène, et se tindrent tout aise de ce qu'ils avoient , et moult resjouis estoient de ce que Dieu les avoit si avant amenés que ils veoient devant euls la ville d*Âffirique.
Les Sarrazins qui estoient d autre part sur la terre et qui la contenance des crestiens avoient vev , eurent ce soir et celle nuit conseil ensemble comment ils se maintendroient,
**• Figurèrent. — *^ Durement. — *-• Jannet.
8UPPLICB
c Touneiiiiiie. Il y a grant temps que je ne l6 veys. » Cils remmenèrent tout droit où Toomemine estoit. Quant il fîit venu jnsques à luy, Aymerigot le salua, qui nul mal n*y pensoit. Toomemine respondi : « Comment , Aymerigot ! Qoi vous a mandé , ne fidt venir ^ celle part * t Vous me vonlés bien deshonnoorer. Je vous prens prisonnier : autrement je ne me aoquiteroie pas bien envers la oonronne de France , ne monseigneur de Berry ; car vous estes &uls et trahitre, qui avés enfiraint les triôves et brisies. Si le vous fiuilt comparer. Et pour la cause de vous , monseigneur de Berry me het et ' traite de ma mort ou de m'avoir vif, mais je feray ma paix par vous , car je vous y rendray ^ on mort ou vif : jamais de céans nesanldrés ».
De ces paroles fut Aymerigot tout esbahy , et respondy : Comment , Toumemine , je suis vostre cousin germain. Est-ce tout aoertes que vous le dittest Le fiuittee-vous pour moy * effiroier * f Je suis venn içy en grant fiance pour vous veoir et remonstrer mes besongnes , et vous me £ûttes si cruense chiàre , et me dittes paroles si dures. » — t Je ne sçay , dirt Tonmemine , que vous voulés dire « ne proposer ; mais ce que vous ay dit , je le vous tendray. » Dont mist-il la main à luy, et ses vallets Mollirent avant , qui estoient tous advisés quel chose ils dévoient faire.
Là fut prins Aymerigot , ne nulle deffense ne povoit avoir eo luy ; car il estoit tont nuds et enclos en ung cbastel ; ne pour parole , ne langaige que il sceuist dire , ne monstrer , Toumemine ne s*en volt souffrir que de deux jambes il ne le feist mettre en ^ deux * fors fers et dedens une tour forts et bien fermée de bonnes gardes sur luy.
••• C^aos. — •^ Sichite que je tout anij.— •^ Basajer. — '•• Uns.
D^AIMBIUGOT MARCEL. SM)9
Quant Ml * ot ainsi fait , jà estoit le chastel clos et bie n fermé. Il prist les cle& et fist ung commandement que nul de ses vallôs sur la vie ne s avançast pour aler vers la porte , se il n*y estoit envoyé. Son commandement fut bien tenu.
n escripvy unes lettres tout à sa voulenté , lesquelles lettres se dévoient adreschier au duc de Berry , et escripvoit que il tenoit en prison Aymerigot , et, se le duc luy vouloit quitter et pardonner son maltalent et faire sa paix partout , il luy délivreroit. Qaant ces lettres furent escriptes et séellées , il prist Tun de ses vallets le plus ' féable ^ et agréable, et luy dist : « Va-t-én en France « devers monseigneur de Berry. Baille-luy ces lettres , et « ne retourne point que tu n*en aies response. » Le vallet prist ces lettres et monta sur ung cheval fort et appert. Si se départy du chastel et ^ exploitta * tant par ses journées que il vint à Paris. Le duc de Berry se tenoit pour le temps là. Il vint devers luy et luy bailla les lettres de son maistre Tournemine.
Le duc prist les lettres et les lisy, et, quant il les et leues, il commença à sourire et à dire ainsi à ses chevalliers qui estoient delés luy : « Voulés-vous oyr nouvelles de Aymerigot Marcel ? Il est attrapé par son cousin germain Tournemine ; il le me escript et le tient prisonnier. » Les chevalliers qui oïrent ces paroles » dirent : Monseigneur, ce sont bonnes nouvelles pour le pays d'Auvergne et de Limosin , car en Aymerigot ils ont en long temps ung mauvais voisin. Or a-il ^ figdt , se vous voulés ; car il en * passera parmi le gibet « ne autre pardon , ne raenchon il n*en devroit avoir. » — « Je ne
•-• Toarnemine. — •-* LoyaL. Fiable. — *^ Pigt, — '•• Tant ûdt de mal qae, se voua Toaléa, il.