DE EOGER D ESPAGNE. SS
« créray bien et eucoires oultre, s'il vous beâoingne. » — • Monseigneur, respondi le chevallier, grant merchis, nous a parlerons ensemble , et demain nous vous en respondett rons. » — « Il me plaist bien, » dist le duc. Lors cessèrent-ils leur parlement, et la chambre fut ouverte.
Les deux chevalliers se départirent du duc de Berry et retournèrent à leur hostel , et orent ce jour mainte ymagination à savoir quel chose ils feroient, et se ils retourneroient sans accorder ^ au duc de Berry ce que il leur demandoit. Tout considéré ils regardèrent pour le mieulx, puisque tant ils avoient séjourné et * firayë sur celle queste ', que ils accorderoient au duc de Berry sa demande, mais que il peuist tant faire que leur querelle fust clère et que Téritage demourast au visconte de Ghastelbon. Si retournèrent & Tendemain devers le duc de Berry et luy offrirent ce que il demandoit. Et firent messire Rogier d'Espaigne et messire Espaing de Lyon leur debte au duc de Berry de trente mil frans par condition telle que il feroit tant devers le roy et le conseil que, pour rendre la somme que il avoit prestée de flourins sur la conté de Foix, Téritage demourroit au visconte de Ghastelbon. Respondi le duc : t Or me laissiés convenir ; a je le vous feray, et autrement ne le vuel-je entendre. »
Depuis ce jour en avant le duc de Berry qui désiroit avoir trente mille frans, fut si bon pour le visconte de Ghastelbon et si certain advocat que la besongne se conclut du tout à son entente , et se ^ délaissièrent ' le roy et son conseil de leur premièraine voulenté , et orent lettres les deux chevalliers estranges de confirmation pour la conté de Fois au visconte de Ghastelbon toutes ouvertes et lettres closes adreschans à Févesque de Noion et au seigneur de la Rivière qui
• Ou s'il* accorderoient. — •' Parlé sur ceste matière. — *•• Dèmtôrent.. Délayèrent.
RiGOGUnORS
se tenoient à Thoolonse , et estoit la substance des lettres telle , sicomme je fuis adont infourmé par hommes créables qui en la légation avoient esté : • Charles, par la gr&oe de Dieu, roy de France, mandons et commandons à révérend homme Tévesque de Noyon et à nostre chevallier et chambellan le seigneur de la Rivière, que le visconte de Chas* telbon, hiretier de Foix et de Berne, laissent paisiblement jojr et possesser de son héritage de la conté de Foix et des ^ appendences * de celle terre , par moien de remettre avant en vostre garde la somme de * quarante ^ mil firans à . prendre et recepvoir tout à ung paiement en la cité d6 Thoulouse , et, les deniers paies, voulons que dessoubs le séellé de ^ nostre séneschal * de Thoulouse ils en aient et ait le visconte de Chastelbon et ceulx qui s*en ^ ensonnieront * lettres de quittance. Avec tout ce par ung autre paiement, voulons que recepvés vingt mil frans pour les frais et coustages eus de vous aler séjourner et retourner ens ôs marches et limitations de la conté de Fois , et de cel argent payé donner lettres de quittance dessoubs le dessus dit séellé de nostre office de Thoulouse, saulf tant et a réservé que nous voulons et réservons que messire tt Yewain de Foix et messire Gratien de Foix, fib et enffims tt bastars au conte Gaston de Foix de bonne mémoire, aient
• part et assignation ens es meubles et héritages qui furent « à leur père par Fadvis et discrétion de messire Rogier d*Esa paigne , du visconte de Bruniquiel , de messire Raymond « de Chastel-Neuf et du seigneur de Corasse , ausquels tr nous en escripvons que ils s'en acquittent tellement et si
• à point que nostre conscience en soit * appaisie ^^, car ung
• jour qui passa nous le prommeismes ainsi au père. Et là
•*• Appartenances. — *-* Soixante — "^^ La ville. — *-• Entremettent. — •-•• Acquitta.
DE ROGER D*ESPAGMB. 561
« od deffaulte y auroit, fuist par la coulpe des quatre ohe« « valliers que nous y commettons ou par la rébellion dudit tt visconte de Chastelbon , nous annulions et enfraindons « tous traittiés et séellés donnés et accordés, et voulons que t ils soient de nulle valleur. En tesmoing de ces lettres « données soubs nostre séel en nostre cité de Tours le « XIP an de nostre règne, le * XV* * jour dé décembre. »
Les lettres faittes , escriptes et séellées et toutes les ordonnances à l'entente du conseil du roy et assés à la plai* sance des légauls de Fois , les chevalliers se ordonnèrent pour retourner en leur pays arrière, et prindrent congié du roy et des seigneurs et paieront tout partout , et puis se départirent de Tours en Touraine , et se mirent au retour.
Vous savés que messire Loys de Sansuerre, mareschal de France, se tenoit en la marche de Carcassonne et estoit tenu ung grant temps , sicomme souverain regard institué de par le roy et le conseil de toutes les marches et limitations de delàjusques à la rivière de Géronde et la rivière de Bourdonne. Or Tavoient Tévesque de Noyon et le sire de la Rivière mandé à Thoulouse et il y estoit venu, et luy avoient dit ainsi : • Mareschal , le visconte de Chastelbon qui se « veult tenir et tient hiretier de la conté de Fois et des it appendences , saulf et réservé la terre de Berne , par la 0 mort et succession du conte Gaston de Fois, est en traittié « envers nous , lequel nous avons envoyé en France devers « le roy et le conseil, et ne sçavons, ne savoir povons « encoires que le roy et son conseil en vouldront faire. Si 0 soyés pourveu de gens d'armes et ' garnisons, et en pour- • voyés ^ la frontière sur la conté de Fois , car messire 0 Rogier d*Espaigne et messire Espaing de Lyon revenus 0 qui sont en France , et nous veons ou oyons par eulx ou
XX*. — • * En garnissëa.
302 BÉCONCILIATION DU EOI
c par autres messages du roy, que iceulx ne puissent venir 0 à traittié de paix , et que le roy vueille avoir la terre , « vous j entrerés de fait et la saisirés selon le droit et la 0 puissance que le roy ' nous ' a donné et en ceste queste et ce querelle. » Sicques à la requeste ordonnance des dessus nommés messire Loys de Sansuerre 8*estoit pourveu et pourveoit encoires tous les jours attendant la ' relation ^ de France.
Nous lairons ung petit estre ceste matière , et parlerons du duc de Bretaigne.
Vous savés comment les traitiés estoient à Tours en Touraine , entre le roy de France et le duc de Bretaigne, lequel duc donna moult de payne au roy et à son conseil, car il ne vouloit descendre , ne venir à bonne raison , sicomme on disoit. On luy demandoit; ilrefusoit. * De rechef* il demandoit et on luy reffusoit. Toutes ces choses se différoient , et , ^ sans y trouver ' aucun moyen , on ne fuist jamais venu à conclusion d^accord. Bien disoit le duc que il vouloit servir le roy de France de son hommage si avant qu'il en estoit tenu , et on luy proposoit ainsi : tr Pourquoy • dont . quant vous recongnoissiés que vous estes homs au a roy de France , ne obéissiés-vous à toutes choses de raii son ?» Il demandoit en quoy il estoit rebelle ; on luy monstroit en plusieurs cas : a Premièrement en la créance « du pape d'Avignon que le roy vostre sire tient à vray tr pape et vous en différés et dissimulés trop grandement ; « car à ses commandemens vous ne voulés obéyr , mais a pourveés les clers des bénéfices de Bretaigne , et les
Leur. — *' Response du roy. — *• Pareillement. — '-* Ne poToient terminer par.